Bercy bloque la vente des antennes au sol d’Eutelsat à un fonds suédois
L’Etat, principal actionnaire de l’opérateur satellitaire, a apposé son véto à la vente de l’activité antennes au sol d’Eutelsat au fonds suédois EQT, jugée comme stratégique pour la souveraineté française, en particulier sur le créneau des télécommunications par satellites en orbite basse (LEO). Une décision qui ne bloque pas les capacités d’investissement du groupe.
La vente de l’activité d’Eutelsat dédiée aux antennes au sol au fonds d’investissement suédois EQT ne se fera pas. Bercy y a opposé son véto la semaine dernière, alors que l’Etat est devenu, en décembre dernier, le principal actionnaire de l’opérateur satellitaire avec 29,65% des parts suite au rachat d’actions Eutelsat pour 749 millions d’euros.
Interrogé sur TF1, le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, a justifié cette décision en qualifiant l’activité antennes au sol d’Eutelsat d’« actif stratégique pour la souveraineté française », avec, en filigrane, la volonté de la France et de l’Europe de créer un concurrent crédible à l’Américain Starlink sur le créneau des satellites en orbite basse (LEO).

@ Tusass
Dans un communiqué, Eutelsat indique que la transaction lui aurait permis de dégager un produit net d’environ 550 millions d’euros, mais avec un impact annuel négatif sur l’Ebitda ajusté évalué entre 75 et 80 millions d’euros. Le groupe précise aussi que « l’échec de la transaction n’affecte pas la capacité d’Eutelsat à financer ses dépenses d’investissement » et « n’a aucune incidence sur les objectifs financiers pour l’exercice 2025-2026 », si ce n’est un ratio dette nette sur Ebitda qui devrait désormais s’établir à environ 2,7 fois à la fin de l’exercice, contre 2,5 fois précédemment. La marge d’Ebitda pour l’exercice 2028-2029 est désormais attendue aux alentours de 65%, au lieu des 60% attendus.
Rappelons qu’Eutelsat a présenté, le 19 juin 2025, une feuille de route stratégique visant à accélérer le déploiement de ses activités satellites en orbite basse (LEO) – avec le lancement prévu de 440 nouveaux satellites de ce type d’ici trois ans, en plus de la constellation de 600 satellites LEO qu’il exploite déjà – et soutenir la future constellation IRIS², concomitamment au renforcement de sa flexibilité financière via l’accélération de son désendettement. Un contexte qui a amené le groupe à lancer un projet de levée de capitaux propres, bouclé en décembre dernier et auquel a participé l’Etat.


