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La France a de nombreux atouts pour espérer relocaliser ses productions

La France a de nombreux atouts pour espérer relocaliser ses productions

Le 16 décembre dernier, le syndicat professionnel Acsiel-Alliance Electronique et la DGE ont organisé à Paris un colloque dont l’objectif était d’examiner les possibilités de structuration de la filière électronique au niveau français et européen. L’occasion de démontrer que l’industrie électronique française présente d’indéniables atouts pour faire face à la compétition mondiale et susciter des relocalisations de production dans l’hexagone.

Crédit Eolane

Ainsi, Olivier Grumelard, sous-directeur en charge de l’électronique et du logiciel à la DGE,  met à l’actif de la compétitivité française, la diversité des profils et savoir-faire des entreprises, de même que le crédit-impôt recherche (CIR) et les pôles de compétitivité. Au niveau européen, la tenue à la mi-décembre du sommet numérique franco-allemand a permis aux deux pays d’ériger au rang d’enjeux majeurs cinq technologies clés que sont : la nanoélectronique, le calcul hautement intensif, l’intelligence artificielle, le logiciel et la cybersécurité. Le responsable de la DGE a rappelé la volonté des deux pays de rapprocher leurs écosystèmes, de mettre sur pied un fonds public-privé européen de 1 milliard d’euros à destination des entreprises innovantes et de réaffirmer le soutien à la nanoélectronique européenne. Par ailleurs, dans le cadre de la Nouvelle France  Industrielle, la nouvelle feuille de route  « Internet des objets » entend notamment favoriser la fabrication d’objets connectés en France.

4 poids-lourds de la sous-traitance en France

Si l’on peut regretter que la France n’abrite aucun sous-traitant dépassant le milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, l’Hexagone peut se targuer d’abriter quatre sous-traitants parmi les 50 premiers mondiaux : AsteelFlash (17e rang mondial), Eolane (34e), All Circuits (42e) et Lacroix Electronics (43e), selon le classement MMI 2015 (voir notre article).

Trois d’entre eux ont présenté leurs atouts à l’occasion du colloque. Bruno Racault, président d’All Circuits, a fait le pari de l’automatisation poussée dans l’usine de MSL Circuits à Meung-sur-Loire (45) pour conserver des grandes séries en France (jusqu’à 80 000 cartes assemblés par jour !). Dans cet ancien site de Valeo, qui abrite 10 lignes de report CMS de moins de 2 ans d’ancienneté, l’opérateur ne touche plus au produit et le site présente un taux de rebut inférieur à 2 ppm. « Au-delà de 30 secondes de temps d’assemblage,  on n’est plus compétitif en France  pour les grandes séries », assure Bruno Racault pour expliquer l’automatisation à tout crin de l’usine, afin d’amener le taux de main-d’œuvre direct à moins de 5% du coût de la carte. En Asie où les salaires des opérateurs sont dix fois plus faibles, mais où le nombre d’opérateurs est souvent deux fois plus élevé, le taux de main d’œuvre direct pour une prestation équivalente atteint ainsi 1% (2×0,5%). Un écart de compétitivité de 4% sur le coût de la main-d’œuvre peut justifier une production en France, mais si la part de la main d’œuvre atteint 20% du coût d’assemblage, il est illusoire de vouloir concurrencer une production de volume en Chine, qui bénéficie alors d’un avantage de 16% (20% – 2×2%). Pour le sous-traitant, l’usine du futur doit ainsi miser sur la formation des personnels, l’effectif type consacrant la montée en puissance des techniciens et cadres (jusqu’à 50% du personnel) vis-à-vis des opérateurs (50% de l’effectif contre 80% en moyenne dans les usines traditionnelles). Le groupe, qui devrait réaliser quelque 335 M€ de CA en 2016, possède également une usine à Bayonne (ex-Sagemcom) qui a rapatrié récemment une production d’un smartphone pour déficient visuel conçu en Chine par le Français Kapsys (voir notre article) et une usine en Tunisie. La construction d’une usine au Mexique pour adresser le marché américain a également démarré.

Le groupe Eolane (360 M€ de CA, 700 clients, 3200 personnes et 15 sites en France) peut également se targuer d’avoir su rapatrier dans l’Hexagone une production qui était auparavant effectuée en Chine. Il s’agit du purificateur d’air pilotable depuis un smartphone de Natéo-Santé. Le client y gagne ainsi un gage de qualité (indispensable, car son principal concurrent est suisse…) tout en limitant ses immobilisations financières (il faut 6 à 8 semaines de bateau pour acheminer les productions chinoises en Europe). De plus, le bureau d’études d’Eolane a permis l’éco-conception du produit (70% de l’appareil provient des Pays de la Loire). Autre produit entièrement « made in France » grâce à Eolane : le système de pilotage à distance  de la maison de Sowee, filiale d’EDF.  Le groupe EDF a choisi cette solution française pour des questions d’image et de «time-to-market ».

Lacroix Electronics est partenaire depuis l’origine de Bodycap. Le sous-traitant a ainsi industrialisé et fabriqué la cellule ingérable de 2 grammes de la start-up caennaise crée en 2011 (voir notre article). Cette société de 20 salariés, basée près de Caen, commercialise des dispositifs médicaux pour la mesure de paramètres physiologiques chez l’homme et chez l’animal sous forme de gélules à ingérer (pour l’homme), à ingérer ou placées sous la peau (pour l’animal). Cette gélule bio-compatible constitue une véritable prouesse technologique : elle intègre une pile à l’oxyde d’argent, une antenne enroulée su support flexible et une mémoire pour le stockage des données.

En 2016, Lacroix Electronics (311 M€ de CA, 3150 personnes, 1 centre de conception et 4 usines (France, Allemagne, Pologne et Tunisie)), a été également la première entreprise, dans son domaine d’activités, à bénéficier du label « vitrine de l’Industrie du futur », récompensant ainsi l’exemplarité de sa démarche industrielle (voir notre article). Le label ‘’Vitrine Industrie du Futur’’ a été décerné au site industriel de Lacroix Electronics, situé à Saint-Pierre-Montlimart dans le Maine-et-Loire (49). Le projet conçu pour ce site industriel met en œuvre l’automatisation, la numérisation des moyens de production et des processus, en accompagnant son personnel dans ce processus de novation.

140 clients réguliers dans des domaines diversifiés pour Systech

La taille n’est heureusement pas déterminante pour la compétitivité des sous-traitants. En témoigne le dynamisme de Systech, un sous-traitant de 50 personnes et de 8,3 M€ de chiffre d’affaires implanté à Gallardon dans l’Eure-et-Loir. Surfant sur une dynamique de croissance de 20%, la PME a gagné 44 nouveaux clients en 2016 pour porter sa clientèle à environ 140 entreprises. Parmi elles, Tecwec, une petite entreprise atypique qui développe depuis 14 ans AcidOS, un système d’exploitation 100% français ultra-rapide (l’OS serait 800 plus rapide que n’importe quel autre OS), sécurisé (Acid OS ne repose pas sur l’Open source) et basse consommation (l’OS permet de réaliser un carte industrielle qui a puissance d’une PS3, mais ne consomme que 20W, contre 45W pour la console de Sony). Suivi par la DGA et la DGSI, Tecwec a autofinancé le développement de son OS à hauteur de 800 000 euros.

A l’exemple de Systech, qui a su faire confiance à ce client atypique pour réaliser ses premières cartes, Arnaud Vieux, co-fondateur de Tecwec estime que l’on a en France à proximité tout ce qu’il faut en matière de personnes, de compétences, de capacités et d’outils pour innover. Quel plus beau témoignage peut-on attendre pour démontrer que l’industrialisation et la production en France sont aujourd’hui plus que jamais possibles ?

 

 

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