Siemens et Alstom ont franchi une nouvelle étape dans la création de Siemens Alstom, un champion mondial de la mobilité dans le ferroviaire. Les deux entreprises ont conclu un accord de rapprochement (Business Combination Agreement – « BCA ») concernant la combinaison des activités mobilité de Siemens, y compris son activité de traction ferroviaire, et d’Alstom.

Le BCA fait suite au protocole d’accord signé le 26 septembre 2017 et à la conclusion des procédures d’information-consultation du personnel requises au sein d’Alstom.

Alstom et Siemens ont également annoncé les noms des leaders du futur conseil d’administration de Siemens Alstom. Siemens a prévu de proposer la nomination de Roland Busch, membre du Directoire de Siemens, au poste de président du conseil d’administration de l’entité combinée. M. Busch exercera ce rôle en plus de ses fonctions au sein de Siemens. Yann Delabrière, actuellement administrateur référent au sein du conseil d’Alstom, occupera les fonctions de vice-président du conseil d’administration en tant qu’administrateur indépendant. Cette annonce intervient après l’annonce, le 26 septembre 2017, qu’Henri Poupart-Lafarge occupera les fonctions de directeur général et membre du conseil d’administration de la future entité.

« En signant ce BCA, nous avons franchi une étape importante dans notre projet de création d’un nouveau champion à même de relever les défis de la mobilité de demain. Les deux entreprises travaillent d’arrache-pied et dans un très bon état d’esprit pour franchir les prochaines étapes jusqu’à la réalisation de l’opération. Ces premières nominations témoignent de l’équilibre dans la gouvernance de la future entreprise », a affirmé Henri-Poupart-Lafarge, p-dg d’Alstom.

Le Conseil d’administration de l’entité combinée sera composé de 11 membres : six (président inclus) seront désignés par Siemens ; quatre administrateurs indépendants ainsi que le directeur général complèteront le conseil.

L’opération devrait être réalisée à la fin de l’année civile 2018, sous réserve de l’approbation des actionnaires d’Alstom lors de l’Assemblée Générale qui se tiendra en juillet 2018. L’opération est également soumise à l’autorisation des autorités réglementaires compétentes, notamment l’autorisation au titre des investissements étrangers de la part du ministère français de l’Économie et des Finances et des autorités de la concurrence. De plus, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) française doit confirmer qu’aucune offre publique d’achat ne devra être lancée par Siemens après la réalisation de l’apport. Siemens a d’ores et déjà initié le processus de séparation de ses activités mobilité et des autres activités associées afin de préparer le rapprochement avec Alstom.

Le nouveau groupe aura son siège à Saint-Ouen, en France, et continuera d’être coté à la bourse de Paris. Dans le cadre de cette transaction, Siemens recevra des actions nouvellement émises de l’entité combinée représentant 50% du capital social d’Alstom sur une base entièrement diluée.

Commande de 330 millions d’euros en Italie pour Alstom

Parallèlement, Alstom a remporté quatre contrats, d’un montant global de près de 330 millions d’euros, auprès de Trenitalia, l’opérateur ferroviaire italien, pour la fourniture de 54 trains régionaux Coradia Stream. Ils  s’ajoutent aux 47 trains déjà commandés en 2016.

Le Coradia Stream d’Alstom, surnommé « Pop » par Trenitalia, fait partie de la dernière génération de trains conçus pour les lignes régionales et intercités. Coradia Stream est un train de type EMU (automotrice électrique) affichant une vitesse maximale de 160 km/h dans sa version régionale. Le train commandé par Trenitalia peut transporter plus de 300 passagers assis et est composé de matériaux recyclables à 95 %.

Les trains Coradia Stream « Pop » sont fabriqués par Alstom en Italie. Le développement du projet, l’essentiel de la fabrication et la certification sont réalisés sur le site Alstom de Savigliano, dans la province de Cuneo. La conception et la fabrication des systèmes de traction et des auxiliaires sont faites à l’usine de Sesto San Giovanni (Milan), tandis que le site de Bologne se charge de la réalisation des systèmes de signalisation embarqués.

En 2016/17, Alstom a réalisé un chiffre d’affaires de 7,3 milliards d’euros et enregistré pour 10,0 milliards d’euros de commandes. Alstom, dont le siège est basé en France, est présent dans plus de 60 pays et emploie actuellement 32 800 collaborateurs.

Au 30 septembre 2017, date de clôture du dernier exercice, Siemens a enregistré un chiffre d’affaires de 83 milliards d’euros pour un bénéfice après impôts de 6,2 milliards d’euros. Fin septembre 2017, l’entreprise comptait un effectif mondial de près de 377 000 employés.