Pasqal lève de gros fonds et prépare une double introduction en bourse
La start-up francilienne spécialisée dans les processeurs quantiques à base d’atomes neutres, entre dans une nouvelle phase de développement grâce à un nouveau financement attendu d’au moins 340 millions d’euros, en prévision de son introduction au Nasdaq et à Euronext Paris.
Pasqal, start-up francilienne spécialisée dans les processeurs quantiques réalisés à partir d’atomes neutres ordonnés dans des matrices 2D et 3D, vient d’annoncer la finalisation d’une levée de fonds privée d’au moins 170 millions d’euros et d’un financement convertible engagé d’environ 170 M€ dans le cadre d’une opération de fusion-acquisition en vue de son introduction en bourse.
Cette opération constitue une première étape vers un projet de double introduction en bourse sur le Nasdaq et sur Euronext Paris. Il est prévu une première cotation sur le Nasdaq en 2026, tandis que les travaux préparatoires à une cotation sur Euronext débuteront en parallèle, avec pour objectif une cotation en 2026 ou 2027.

© Pasqal
Dans le cadre de cette opération, Pasqal va réaliser une fusion-acquisition avec Bleichroeder Acquisition, une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC*) qui lui permettra d’entrer en bourse. Cette transaction valorise Pasqal à 2 milliards de dollars – ce qui fait de l’entreprise une licorne – et marque une étape capitale dans son développement.
Pasqal insiste sur la souveraineté technologique dans le secteur de l’informatique quantique et sur son ancrage français. Ainsi, les fonds levés, ajoutés au capital issu de l’introduction en bourse à venir, pour un total attendu d’au moins 340 millions d’euros, seront principalement investis dans l’infrastructure de Pasqal en France, notamment pour accélérer la R&D et renforcer les capacités industrielles de l’entreprise basée à Palaiseau, dans l’Essonne. Dans l’Hexagone, Pasqal prévoit de doubler sa capacité de production d’ici deux ans, d’augmenter ses effectifs de près de 20%, avec 50 nouvelles embauches au cours des 18 prochains mois, et d’investir massivement dans sa R&D pour développer un ordinateur quantique tolérant aux pannes d’ici la fin de la décennie.
Le tour de table a réuni un groupe d’investisseurs internationaux composé d’acteurs technologiques, d’entreprises industrielles et d’investisseurs institutionnels tels que Parkway, Quanta Computer, LG Electronics et CMA CGM, tandis que le Fonds du Conseil européen de l’innovation, Temasek, Saudi Aramco Entrepreneurship Ventures et ISAI renouvellent leur engagement auprès de la jeune entreprise. De son côté, Bpifrance, qui est actionnaire de Pasqal depuis 2021, conserve un rôle stratégique à long terme dans la structure du capital, tout en poursuivant son implication dans la gouvernance de l’entreprise, notamment au sein de son conseil d’administration.
Pasqal précise que la gouvernance envisagée pour l’entité issue du regroupement d’entreprises prévoit la nomination d’un nouveau président non exécutif de nationalité française, et que la structure de cette gouvernance a été élaborée en étroite collaboration avec les actionnaires afin de refléter l’engagement de Pasqal à consolider son ancrage français, tout en poursuivant son expansion internationale. L’entreprise devrait notamment conserver son statut juridique français ainsi que son siège social à Palaiseau.
Fondée en 2019 au sein de l’Institut d’Optique par Georges-Olivier Reymond, Christophe Jurczak, le professeur Alain Aspect (prix Nobel de physique 2022), Antoine Browaeys et Thierry Lahaye, Pasqal emploie aujourd’hui plus de 275 personnes et compte environ 25 clients, dont CMA CGM, OVHcloud, Thales, IBM (Pasqal fait partie du réseau IBM Quantum Network), Nvidia et Sumitomo.
Avec Alice & Bob, C12, Quandela et Quobly, Pasqal complète un quintet français prometteur dans le domaine de l’informatique quantique, qui fait de la France l’un des fers de lance européens de cette technologie de rupture.
(*) Une SPAC est une société cotée en bourse qui n’exerce aucune activité commerciale et dont la vocation est de lever des fonds et de fusionner avec une société privée (ou de l’acquérir) pour la rendre publique.


