La médaille d’or du CNRS, l’une des plus prestigieuses récompenses scientifiques françaises, distingue cette année le physico-chimiste franco-norvégien Thomas Ebbesen. Ses travaux en nanosciences couvrent des domaines aussi divers que les sciences des matériaux carbonés, l’optique, la nano-photonique et la chimie moléculaire. Ses découvertes ont notamment permis des ruptures technologiques en optoélectronique, pour les communications optiques et les biocapteurs.

© Caroline Schneider

Ce professeur de l’université de Strasbourg a dirigé l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires (ISIS, CNRS/Université de Strasbourg) jusqu’en 2012. Il est aujourd’hui directeur de l’Institut d’études avancées de l’université de Strasbourg (USIAS).

Figure de référence au niveau international, Thomas Ebbesen est l’auteur de découvertes fondamentales et pionnières dans le domaine des nanosciences. Ses travaux, très interdisciplinaires, sont à l’origine de ruptures technologiques, scientifiques et conceptuelles.

Durant sa carrière scientifique, Thomas Ebbesen s’est investi dans plusieurs thématiques. Il a notamment travaillé sur les matériaux carbonés, nanotubes et fullerènes. Il a par exemple mis au point une méthode de synthèse à grande échelle de nanotubes de carbone et a étudié les propriétés physiques, chimiques et mécaniques de ces matériaux. En 1998, il a démontré un nouveau phénomène optique : la transmission extraordinaire. Il découvre que la lumière peut passer avec une grande efficacité par des ouvertures de taille plus petite que sa propre longueur d’onde, contrairement à ce qui était admis à l’époque.

Plus récemment, Thomas Ebbesen s’est intéressé aux systèmes moléculaires en couplage fort lumière-matière et démontre pour la première fois qu’on peut accélérer ou décélérer des réactions chimiques en faisant interagir les réactifs avec les fluctuations électromagnétiques d’une cavité optique et qu’on peut sélectivement favoriser un produit donné. Ces résultats surprenants ont fait naître un nouveau domaine dit de « chimie polaritonique » qui suscite un intérêt grandissant dans le monde.

En plus de ses travaux académiques, l’implication de Thomas Ebbesen dans la valorisation de la recherche l’a conduit à déposer plus de 30 brevets et à participer, en tant que co-fondateur, à la création de la start-up n-TEC, spécialisée sur les composés du carbone.

Thomas Ebbesen est né le 30 janvier 1954 à Oslo, en Norvège. Diplômé du Oberlin College (États-Unis) et de l’université Pierre et Marie Curie, il est titulaire d’un doctorat en photochimie physique obtenu en 1980. Il rejoint l’année suivante l’université Notre Dame dans l’Indiana (États-Unis) et développe des collaborations avec le Japon, en particulier avec l’université de Tsukuba. En 1988, il s’établit au Japon au sein du laboratoire de recherche de NEC, géant industriel de l’informatique et de la télécommunication. En 1996, Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie 1987, le convainc de le rejoindre à l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires (ISIS, CNRS/Université de Strasbourg). Il devient professeur à l’université de Strasbourg, tout en continuant à entretenir des liens forts avec les laboratoires NEC au Japon et aux États-Unis, à Princeton. En 2005, il prend la direction de l’ISIS, succédant à Jean-Marie Lehn, direction qu’il transmet à Paolo Samori en 2012. Il est aujourd’hui directeur du Centre international de recherche en chimie (ICFRC) et, depuis 2012, directeur de l’Institut d’études avancées de l’université de Strasbourg (USIAS).

Pour aller plus loin