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Distribution : la France ne profite pas de l’embellie européenne

Distribution : la France ne profite pas de l’embellie européenne

Au quatrième trimestre 2025, le marché de la distribution européenne de composants électroniques a confirmé la légère embellie constatée au trimestre précédent, avec une croissance solide de près de 10% sur un an. Mais avec une progression de seulement 2,1%, la France est à la traîne.

Selon Dmass Europe, une organisation qui représente environ 85% des distributeurs européens de composants électroniques, le marché européen de la distribution de composants électroniques s’est élevé à 3,77 milliards d’euros au quatrième trimestre 2025, en progression de 9,8% sur un an (stable en variation séquentielle). Après le léger rebond de 4,2% sur un an observé au troisième trimestre 2025, le marché européen de la distribution confirme ainsi son redressement, après la longue série de huit trimestres consécutifs de baisse sur un an.

© Dmass Europe

Dans le détail, on constate que le marché européen de la distribution de semiconducteurs a progressé de 7,7% sur un an au quatrième trimestre 2025 pour atteindre 2,3 Md€, tandis que celui des composants IP&E (connectique, passifs et composants électromécaniques) a augmenté fortement (+13,3%) pour s’établir à 1,47 Md€.

Mais ce redressement notable reste fragile. « Bien que ce soit un signal de reprise encourageant, il doit être considéré au regard du niveau de référence relativement faible du quatrième trimestre 2024, ainsi que des tensions géopolitiques persistantes et de la dépendance continue de l’Europe à l’égard de sources extérieures pour les technologies et les matériaux clés », prévient Dmass Europe.

Par ailleurs, on note que la reprise n’est pas uniforme, avec une croissance qui varie considérablement selon les pays et les catégories de produits, comme le montrent les tableaux suivants. Alors que la Turquie (+30,7% sur un an), le Benelux (+14%), les pays de l’Est (+13,9%), l’Allemagne (+13,5%), le Royaume-Uni (12,2%) et les pays nordiques (+11,5%) affichent des croissances à deux chiffres, d’autres sont orientés à la baisse (Suisse, Irlande) ou affichent de faibles croissances, à l’image de la France (+2,1%) qui n’a pas vraiment profité de l’embellie européenne fin 2025 (voir tableau ci-dessous).

© Dmass Europe

Sur le créneau des semiconducteurs, l’inégalité de la reprise est encore plus flagrante avec des baisses sur un an enregistrées par la Suisse (-16,9%), l’Irlande (-15,8%), la péninsule ibérique (-5,9%) et la France (-1,5%), tandis qu’à l’inverse, la Turquie (+29,1%), l’Allemagne (+14,4%), le Benelux (+13,3%) et le Royaume-Uni (+13,3 %) ont enregistré de belles progressions (voir tableaux en bas de cet article).

Du côté des composants IP&E (connectique, passifs et composants électromécaniques), la forte progression du marché a été portée par de nombreux pays, notamment la Turquie (+32,5%), l’Europe de l’Est (+21,5%), le Benelux (+15%) et les pays nordiques (+14,3%), alors que la Suisse (+9,5 %), l’Autriche (+8,7%) et la France (+6,6%) sont les seuls pays européens sous les 10% de croissance, l’Hexagone décrochant même la place de plus mauvais élève (voir tableaux en bas de cet article).

Au-delà du cas de la France, Dmass Europe reste lucide face à la conjoncture actuelle. « Les chiffres encourageants des derniers trimestres ne doivent pas nous induire en erreur. Les comparaisons annuelles paraissent favorables surtout parce que le niveau de référence précédent était exceptionnellement faible. Ces dernières années, l’Europe a perdu des parts de marché mondiales, le boom de l’électronique s’étant concentré dans les pôles d’intelligence artificielle que sont les États-Unis et l’Asie », constate Hermann Reiter, président de Dmass Europe.

Mais il pointe également les atouts de l’Europe : « L’histoire montre que nos applications industrielles offrent généralement des cycles de vie plus longs, une fiabilité accrue et une plus grande durabilité. C’est là que réside la clé du développement européen : dans un tissu industriel solide, dans une planification à long terme et dans la stabilité apportée par des structures démocratiques matures. »

Et Hermann Reiter de conclure : « Le contexte reste difficile : la volatilité des matières premières, les bouleversements induits par l’IA et la forte demande dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense créent à la fois des pressions et des opportunités. Les initiatives gouvernementales sont souvent plus prometteuses que concrètes. Pourtant, l’Europe a déjà prouvé sa résilience face aux difficultés. Les défis sont bien réels, mais notre détermination l’est tout autant. »

© Dmass Europe

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