Chez Safran, les impacts de la crise du Covid-19 constatés en mars (-20,4% du chiffre d’affaires par rapport à mars 2019) se sont nettement amplifiés en avril. La baisse de l’activité sur le mois d’avril est de l’ordre de -50% pour le groupe par rapport à avril 2019, a-t-il été annoncé jeudi dernier lors de l’assemblée générale mixte des actionnaires du groupe.

Dans un contexte global de baisse des livraisons d’avions neufs liée à la crise du Covid-19, Safran estime désormais que le nombre des livraisons de moteurs LEAP devrait être inférieur à 1000 en 2020. L’objectif du groupe est de réduire significativement ses coûts et d’abaisser le point mort de ses activités pour bénéficier de la reprise quand elle aura lieu.

Le plan d’adaptation déjà mis en place en début d’année pour faire face à l’arrêt de la production du 737 MAX a été très fortement amplifié. Le groupe a notamment ses effectifs aux besoins de l’activité telle que confirmée par les clients : activité partielle dans tous les pays où ces mesures sont possibles (35% au niveau mondial dont 40 % en France au 18 mai 2020), réduction du nombre de contrats à durée indéterminée pour toutes les activités du groupe, non renouvellement des contrats courts. Le plan d’adaptation prévoit également d’actualiser à la baisse les programmes d’achats, en ligne avec la diminution des demandes des clients, de réduire les investissements (CAPEX) représentant une baisse de près de 60% des nouveaux engagements par rapport à 2019, de baisser de 30% les dépenses de R&D par rapport à 2019, et de réduire les coûts opérationnels (OPEX) de plus de 20% par rapport à 2019 hors achats et y compris dépenses de R&D.

Pour le groupe aéronautique français, à ce jour, une reprise progressive est le scénario central. A court terme, les compagnies aériennes d’une part et l’industrie aéronautique d’autre part devraient bénéficier de différentes formes de solutions des pouvoirs publics. A long terme, Safran estime que ses perspectives restent bonnes, notamment parce que sa flotte de moteurs CFM56 de seconde génération est jeune (environ 57 % des CFM56-5b/7b ont moins de 10 ans) et efficace dans le contexte actuel.

Les principaux éléments de sa stratégie sont toujours d’actualité : Safran entend consolider sa position de motoriste à part entière, continuer son développement dans les équipements, poursuivre sa stratégie de niche dans la défense et redevenir un acteur de tout premier plan dans les intérieurs d’avions.