A l’occasion de la publication de ses résultats annuels, Airbus a annoncé étudier avec ses fournisseurs la possibilité d’augmenter encore la cadence de production du programme A320 au-delà de 63 exemplaires par mois. Par ailleurs, le groupe aéronautique a confirmé que sa division Defence and Space prépare un programme de restructuration destiné à restaurer sa rentabilité.

En 2019, les commandes nettes d’avions commerciaux ont augmenté et atteint 768 avions (2018 : 747 avions), dont 32 A350 XWB, 89 A330 et 63 A220. À fin 2019, le carnet de commandes atteignait 7482 avions commerciaux. Dans un contexte de marché difficile, Airbus Helicopters a réalisé un ratio commandes / livraisons supérieur à 1, avec 310 commandes nettes sur l’ensemble de l’exercice (2018 : 381 unités), dont 25 hélicoptères de la famille Super Puma, 23 NH90 et 10 H160. Les prises de commandes d’Airbus Defence and Space représentent une valeur totale de 8,5 milliards d’euros, notamment grâce aux contrats de services de l’A400M et plusieurs contrats clés remportés par Space Systems.

Les prises de commandes consolidées en 2019 ont ainsi progressé à 81,2 milliards d’euros (2018 : 55,5 milliards d’euros), portant la valeur du carnet de commandes consolidé à 471 milliards d’euros au 31 décembre 2019 (fin décembre 2018 : 460 milliards d’euros). Le chiffre d’affaires consolidé a progressé de 11%, à 70,5 milliards d’euros (2018 : 63,7 milliards d’euros), reflétant essentiellement la hausse des livraisons et un mix favorable au sein d’Airbus, ainsi que, dans une moindre mesure, l’évolution favorable des taux de change.

Airbus a livré un nombre record de 863 avions commerciaux (2018 : 800 avions), dont 48 A220, 642 avions de la famille A320, 53 A330, 112 A350 et 8 A380. Airbus Helicopters a enregistré un chiffre d’affaires stable, soutenu par la croissance du volume d’activité de services, qui a compensé une baisse des livraisons à 332 hélicoptères (2018 : 356 unités). Le chiffre d’affaires d’Airbus

Defence and Space est globalement stable par rapport à l’exercice précédent (-1%, à 10,9 milliards d’euros).

L’EBIT ajusté d’Airbus progresse de 32% à 6358 millions d’euros (2018 : 4 808 millions d’euros), en partie grâce à la montée en cadence de l’A320 et à l’effet prix du NEO, ainsi qu’à l’amélioration continue des performances financières de l’A350.

S’agissant du programme A320, les livraisons de la version NEO ont augmenté de 43% par rapport à l’exercice précédent, pour s’élever à 551 unités. La montée en cadence de l’A321 ACF (Airbus Cabin Flex) s’est poursuivie, avec près de 100 livraisons de plus qu’en 2018. Les équipes Airbus concentrent leurs efforts sur la montée en cadence de l’ACF et l’amélioration du flux industriel. Airbus étudie avec ses fournisseurs la possibilité d’augmenter encore la cadence de production du programme A320 au-delà de 63 exemplaires par mois, et anticipe déjà des conditions favorables pour continuer d’accroître la cadence de production mensuelle de 1 ou 2 pendant chacune des 2 années suivant 2021.

Le seuil de rentabilité visé pour l’A350 a été atteint en 2019. Compte tenu de la demande globale de gros-porteurs, Airbus pense livrer environ 40 A330 par an à partir de 2020, et maintenir une cadence de livraison stable de 9 à 10 A350 chaque mois.

L’EBIT ajusté d’Airbus Helicopters progresse à 422 millions d’euros (2018 : 380 millions d’euros), traduisant essentiellement une contribution en hausse des services et une baisse des coûts de recherche et développement, malgré un mix de livraisons moins favorable.

L’EBIT ajusté d’Airbus Defence and Space a diminué à 565 millions d’euros (2018 : 935 millions d’euros), essentiellement en raison de performances impactées par un contexte concurrentiel difficile sur le marché spatial, ainsi que des efforts pour soutenir les campagnes de vente en cours. La division prépare un programme de restructuration destiné à restaurer une rentabilité élevée proche de 10%.

Une charge de 1,2 milliard d’euros pour le programme militaire A400M

Au cours de l’exercice 2019, 14 avions de transport militaire A400M ont été livrés, conformément au dernier échéancier de livraisons, portant la flotte en service à 88 exemplaires à fin décembre. En 2020, les activités de développement se poursuivront pour mener à bien la feuille de route capacitaire révisée. Les activités de rétrofit progressent selon le calendrier agréé avec les clients. Alors que le programme A400M a été remis à plat et que le développement des capacités techniques progresse à bon rythme, les ambitions d’exportation s’avèrent de plus en plus difficiles à atteindre pour la phase contractuelle initiale, et ce, d’autant plus en raison de la prolongation répétée de l’interdiction d’exportation de l’Allemagne vers l’Arabie saoudite. En conséquence, l’entreprise a réévalué ses prévisions d’exportation durant la phase contractuelle initiale et enregistré au quatrième trimestre 2019.

Dans ce contexte, la perte nette consolidée du groupe, affectée également par des amendes de 3,6 milliards dans une affaire de corruption, s’établit à -1362 millions d’euros, contre un bénéfice net de 3054 millions d’euros en 2018.

Pour 2020, Airbus prévoit de livrer environ 880 avions commerciaux en tablant sur des taux de croissance de l’économie mondiale et du trafic aérien international conformes aux prévisions indépendantes qui prévalent et sur l’absence de perturbation majeure, y compris résultant du coronavirus.

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