Hier à la FIEEC, lors de la présentation de la feuille de route vers l’industrie électronique du futur, le cabinet Décision a présenté un grand angle sur les réalités économiques du marché de l’électronique et plus particulièrement de la sous-traitance en France et en Europe. Sa conclusion : la France dispose du socle industriel en électronique professionnelle pour répondre aux nouveaux besoins des secteurs industriels dans le « smart world » tiré par les usages.

Le « smart world » constitue un nouveau cycle pour l’industrie électronique qui fait que les marchés traditionnels se décloisonnent tirés par l’usage et les besoins sociétaux (smart industry, smart energy, smart city, smart health, smart home, smart agriculture, etc.). Ce sont les secteurs de la santé, de la ville, du véhicule autonome, des usines, du logement qui seront le plus impactés par l’essor de l’Internet des objets, selon l’enquête réalisée par ESEO auprès de plus de 700 professionnels en septembre dernier. Tant et si bien que le chiffre d’affaires du secteur des objets connectés pourrait représenter en France 15,2 milliards d’euros à l’horizon 2020, dont 4,3 milliards dans le logement, 3,4 milliards dans les usines, la logistique et les réseaux d’énergie, 3 milliards dans le transport et 2,7 milliards dans la santé (source Institut Montaigne, AT Kearney).

Or sur ces marchés traditionnels de l’électronique professionnelle, la France et l’Europe n’ont pas abdiqués face à l’Asie, loin s’en faut et ont des atouts à faire valoir. Ainsi, le cabinet Décision estime qu’en 2016, l’industrie électronique française a réalisé 85% de sa production sur les marchés professionnels –aéronautique/défense/sécurité (35%), industriel/médical (31%), automobile (19%)-, un ratio à comparer à 72% pour l’ensemble de l’Europe et à seulement 38% pour l’ensemble du monde.

Si l’Europe ne représente plus qu’environ 10% de la production mondiale en matière de composants et de sous-systèmes (modules et cartes), sa part représente encore 15% pour la production de systèmes électroniques et même 27% pour les seuls systèmes embarqués de l’électronique professionnelle, assure Décision (voir illustration).

La France est le deuxième pays européen pour la production de produits informatiques, électroniques et optiques (code NAF 26), loin derrière l’Allemagne, selon Eurostat. Elle serait en revanche, le 1er pays européen de la fabrication de cartes électroniques assemblées en sous-traitance (code NAF 2612), juste devant l’Allemagne, et loin devant l’Italie et le Royaume-Uni.

Enfin, dans notre pays, le Grand Ouest est la 1ère région française de fabrication de cartes électroniques assemblées. Elle représente de 46% à 55% des emplois et 51% du chiffre d’affaires de France métropolitaine.