Le Japonais Kioxia (anciennement Toshiba Memory) renonce sine die à son projet d’introduction en Bourse qui devait intervenir début octobre. Kioxia a été créé en avril 2017 par essaimage du groupe Toshiba, qui conserve une participation de 40,2% dans l’entreprise, mais dont il a l’intention à terme de se défaire.

Officiellement, c’est la crise sanitaire qui explique ce renoncement : « Bien que nous ayons suscité un intérêt considérable de la part de nombreux investisseurs, les principaux souscripteurs et Kioxia ne croient pas qu’il soit dans le meilleur intérêt des actionnaires actuels ou potentiels de procéder à l’introduction en bourse en ce moment de volatilité continue du marché et de préoccupations constantes concernant une deuxième vague de pandémie. Nous réexaminerons une introduction en bourse au moment opportun. Nous ne sommes pas pressés », a déclaré Nobuo Hayasaka, président et CEO de Kioxia.

Pour certains observateurs, ce sont aussi les tensions entre les Etats-Unis et la Chine qui motivent ce report. Huawei est l’un des premiers acheteurs mondiaux de mémoires flash NAND. S’il venait à s’effondrer, cela créerait une surcapacité de production qui ferait plonger le prix des mémoires. Il est donc urgent d’attendre. Jamais l’issue de l’élection présidentielle américaine n’aura eu autant d’impact sur l’industrie mondiale des semiconducteurs.

Avec un chiffre d’affaires de 5,06 milliards de dollars pour le 1er semestre 2020 en progression de 20,6% sur un an, le Japonais Kioxia a supplanté Infineon dans le classement des dix premiers fabricants mondiaux de semiconducteurs établi par Omdia à la fin du 2e trimestre.