La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié la deuxième phase du projet Artemis (architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-sources). Destiné à mettre au point la future plate-forme sécurisée de big data et d’intelligence artificielle, Artemis a pour ambition de révolutionner la façon dont les armées traiteront leurs données.

Ce projet est établi dans le cadre d’un partenariat d’innovation lancé en 2017 avec trois entreprises. Pour cette deuxième phase, la société Atos associée à Cap Gemini et le groupement Thales / Sopra Steria ont été retenus. Dans 30 mois, l’un de ces deux acteurs industriels devrait être sélectionné pour déployer, améliorer et soutenir la plate-forme Artemis.

Mis au cœur de la transformation numérique du ministère des Armées, le projet Artemis vise à mutualiser sur un espace réservé au ministère la masse de données numériques qu’il produit ; faciliter leur gestion, administration et exploitation ; accélérer les développements d’applications basées sur ces données. À terme, une version publique sera ouverte à la communauté scientifique et industrielle. Elle permettra de tester rapidement des réponses à une problématique métier ; offrir des kits de développement avec des composants, des règles et des données non sensibles.

Cet ensemble permettra de prototyper très rapidement des solutions logicielles et d’évaluer leurs performances. Les concepts retenus pourront alors être facilement portés sur l’espace privé du ministère des Armées, où seront stockées et traitées, de manière sécurisée, les données réelles.

Comme pendant la phase initiale du projet, les partenaires sélectionnés sont incités à s’appuyer sur des laboratoires académiques, des start-ups et des PME qui innovent dans le monde des applications numériques civiles et de l’intelligence artificielle.

Pour les départager, six expérimentations concrètes utilisant les solutions Artemis ont été contractuellement commandées à chaque partenaire sur les questions opérationnelles suivantes : le suivi d’une flotte, le partage de connaissance, la maintenance, l’état de santé des militaires, l’analyse des réseaux, et le traitement de données hétérogènes. Ces expérimentations pourront être complétées par d’autres sujets jugés prioritaires.

Dès cet été, les développements incrémentaux pour le socle commun aux versions publique et privée de la plate-forme vont débuter. Ils permettront d’assurer, à la fois, la parfaite adéquation au besoin et une montée en puissance progressive. Des déploiements pilotes auront lieu dès 2020. La version V1 homologuée de la plate-forme Artemis est attendue pour 2021.

Thales et Sopra Steria soutenus par un écosystème de 80 sociétés, laboratoires et PME innovantes

La numérisation croissante de l’engagement des forces françaises concerne les services de soutien et de maintenance logistique, comme les agents de renseignement, l’analyse prédictive, le déploiement des systèmes d’information et de communication, la cybersécurité ou encore l’entrainement et la simulation. En partenariat avec Sopra Steria, Thales se réjouit d’avoir été retenu par la DGA pour la mise en œuvre de la deuxième phase du partenariat innovant Artemis. Celle-ci consiste en l’amélioration des capacités de la plateforme, sa résilience et son adéquation à des usages plus nombreux et plus exigeants. Cette phase de maturation de la solution permettra de la tester notamment dans les domaines de la cybersécurité, du renseignement, du traitement d’image, de la maintenance et de la santé du soldat. Ce démonstrateur opérationnel comprend l’intégration de données massives, le développement de traitements spécifiques et une interface utilisateur novatrice pour présenter les résultats des traitements, progressivement déployé sur de nombreux sites opérationnels. A terme, cette plateforme s’adressera aux besoins interministériels de traitement de l’exploitation de données de masses, problématiques partagés par les douanes, la justice et à sécurité intérieure. Elle sera également disponible pour les autres services de l’administration.

Soutenu par un écosystème de 80 sociétés, laboratoires et PME innovantes, Thales et Sopra Steria accompagnent les ambitions du ministère des Armées pour que les opérateurs puissent prendre la bonne décision à chaque moment décisif de leur mission. Thales compte ainsi démontrer son expertise dans les hautes technologies, et particulièrement dans le Big Data, l’Intelligence Artificielle Comme La Cybersécurité.

Atos, Cap Gemini et le CEA sélectionnés pour livrer un démonstrateur de plateforme Big Data à la DGA

Dans le cadre de la deuxième phase du projet Artemis, Atos est également sélectionné avec ses partenaires stratégiques – Capgemini et le CEA – pour livrer un démonstrateur de plateforme Big Data à la Direction Générale de l’Armement (DGA). Le projet a pour objectif de doter à terme le Ministère des Armées d’une « infostructure » souveraine de stockage et traitement massif de données. Artemis vise à doter la France d’une capacité de traitement des données de masse pour lui permettre d’agir de façon autonome dans les domaines du renseignement, du commandement des opérations et dans l’espace numérique.

Dans le cadre du consortium, Atos, leader du consortium, conçoit la plateforme de souveraineté. Elle comprend l’infrastructure matérielle de calcul haute performance (avec ses serveurs BullSequana) ; l’infostructure, c’est-à-dire un environnement de développement collaboratif des applications ou forge logicielle ; ainsi que les différents aspects de sécurité. Cap Gemini apporte sa capacité à développer et mettre en œuvre l’intelligence artificielle à l’échelle en intégrant des partenaires innovants. Le groupe sera également en charge de la réalisation de l’ « usine logicielle » qui permettra aux utilisateurs d’Artemis de développer leurs propres produits. Le CEA participe à plusieurs cas d’usage ainsi qu’à la sécurisation de l’infostructure. Le CEA apporte son expertise et ses compétences scientifiques, particulièrement dans les domaines du calcul intensif et de la cybersécurité, ainsi que dans celui de l’analyse sémantique des textes et des images.

Le consortium s’appuie également sur un ensemble de partenaires académiques (l’ENS Paris-Saclay et l’UTC Compiègne), d’ETI (Bertin Technologies) et de start-up.