Le Président de la République a présenté hier un plan de relance de l’industrie automobile qui au total représentera plus de 8 milliards d’euros d’aides versées à la filière par l’État. Outre le soutien à la demande via des primes à l’achat, ce plan vise à faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe en ciblant à plus de 1 million par an sous 5 ans la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides.

En parallèle, les pouvoirs publics vont également accélérer le déploiement des bornes électriques sur tout le territoire pour atteindre à la fin de 2021 l’objectif des 100 000 bornes.

« Il s’agit d’un plan de défense de notre industrie qui va être confronté à l’une des plus graves crises de son histoire. Il s’agit d’un plan de souveraineté industrielle automobile qui a vocation à relocaliser de la valeur ajoutée et à nous battre pour que la valeur ajoutée et les secteurs d’avenir se fassent – et il s’agit donc bien d’un plan d’avenir de l’automobile du XXIème siècle », a déclaré Emmanuel Macron.

L’Etat veut aider les entreprises à gagner en compétitivité, par une accélération des démarches d’automatisation et de numérisation de leurs procédés industriels. A plus long terme, l’avenir de l’industrie en France tient à sa capacité à continuer à innover sur les grands enjeux technologiques de l’automobile et des mobilités de demain : les batteries, l’électronique de puissance et la chaine de traction électrique, les nouveaux matériaux pour l’allègement des véhicules, la voiture connectée et, à plus long terme, l’hydrogène pour la mobilité et l’autonomie des véhicules.

Le soutien à l’offre comporte ainsi trois volets. Le premier est un fonds d’investissement doté de 600 millions d’euros pour accompagner les moments difficiles des industriels. Au regard des conséquences durables qu’aura la crise du covid-19 sur la santé financière des entreprises de la filière automobile, l’Etat et la filière se sont accordés sur la nécessité de mettre en place ce fonds d’investissements dédié aux sous-traitants automobiles. Les actionnaires de ce fonds seront l’Etat, Bpifrance, les deux constructeurs Renault et PSA (à hauteur de 100 M€ chacun), complétés si nécessaire par des partenaires institutionnels et des gestionnaires de fonds de fonds.

 Le 2e volet concerne la création d’un fonds de soutien aux investissements, financé par l’Etat à hauteur de 200 millions d’euros destinés à aider la numérisation, la robotisation et la transformation industrielle, y compris écologique, des petits acteurs de la filière qui n’ont pas les moyens de ces changements. Il permettra aux entreprises de gagner en compétitivité par des prestations de conseil aidant les dirigeants à identifier les adaptations nécessaires de leur outil productif vers l’usine 4.0 (automatisation des process, digitalisation…) et par des subventions directes pour accompagner les projets d’investissement. Par ailleurs en complément du fonds, les constructeurs et équipementiers ont promis de se mobilise pour aider les PME et ETI de la filière à optimiser leurs performances industrielles. Les grands donneurs d’ordres mettront ainsi à disposition de leurs sous-traitants, en fonction de leurs besoins, des savoir-faire et des outils développés dans le cadre de leurs propres expériences en matière d’usine 4.0, promet le gouvernement.

Le 3e volet concerne le soutien à l’innovation et au développement industriel. Un programme stratégique d’investissements pour soutenir l’innovation et la R&D de l’industrie automobile française sera financé par l’Etat, notamment dans le cadre du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA) sur la période 2021-2025. Dès 2020, 150 M€ seront mobilisés pour contribuer à l’effort de relance de la filière et accompagner l’effort de recherche des entreprises du secteur.

Ce dispositif de soutien doit permettre de soutenir des projets de développement et d’industrialisation portant sur plusieurs composants stratégiques de la chaîne de valeur des véhicules. Par exemple, le développement et la production de moteurs électriques pour équiper les véhicules hybrides essence dans les « petits » segments (urbains, péri-urbains), la conception, la production et l’usage de systèmes à hydrogène, ou encore des composants d’électronique de puissance, qui sont aujourd’hui produits essentiellement en Asie (cartes électroniques, onduleurs, etc.). Ces projets, en complément du projet d’usines de batteries portées par PSA, Total et maintenant Renault, visent à localiser en France une chaîne complète de production de véhicules décarbonés.

Soutien à l’usine pilote de fabrication de batteries électriques

La France et l’Allemagne soutiennent le projet porté par Saft (filiale du groupe Total et producteur de batteries pour différents secteurs industriels) et le constructeur automobile PSA. L’objectif de la joint-venture entre PSA et Saft est de développer et produire des cellules lithium-ion, qui sont l’ingrédient clef des batteries rechargeables des voitures électriques. Le plan de développement industriel permettra la construction de trois sites : un centre de R&D et une ligne pilote pour la mise au point des équipements de production à Nersac en Nouvelle-Aquitaine ; une usine sur le site industriel de PSA à Douvrin (Hauts-de-France) ; une usine en Allemagne. Ces projets bénéficieront d’un financement public français pouvant aller jusqu’à 850 millions € dont 690 millions € de l’Etat, en provenance du Programme d’Investissements d’Avenir et du Fonds de l’Innovation et de l’Industrie.

Satisfecit de PSA

A l’occasion de la présentation de ce plan, Carlos Tavares, président du directoire de groupe PSA a déclaré : « Le plan présenté par le Président de la République s’inscrit en parfaite cohérence avec le mouvement engagé par groupe PSA dans son combat quotidien contre le réchauffement climatique, accompagné d’investissements conséquents pour localiser la chaîne de valeur de l’électrification en France ».

Le constructeur a rappelé son intention d’investir plus de 400 millions d’euros dans des capacités de production des futures chaînes de traction électrifiées dans ses sites français. Groupe PSA produira en France dès 2022 des composants mécaniques qui sont aujourd’hui sourcés en Asie. Ainsi, les moteurs électriques seront produits par la co-entreprise avec Nidec Leroy Sommer à Trémery et les boîtes de vitesses E-DCT à Metz par la co-entreprise Punch Powertrain PSA e-transmission. D’autres composants sont ou seront prochainement fabriqués en France comme les carters de machines électriques à Charleville, les réducteurs à Valenciennes, ainsi que les bacs et packs batteries dans les usines terminales du groupe à Poissy, Sochaux, Rennes et Mulhouse.

Par ailleurs, une nouvelle génération de plateforme électrifiée sera industrialisée sur le site de Sochaux à l’horizon 2022 pour y fabriquer la future génération du Peugeot 3008.

Enfin, grâce au soutien des pouvoirs publics français, Groupe PSA franchira une nouvelle étape décisive en partenariat avec le groupe Total pour un investissement en France au total de l’ordre de 2 milliards d’euros, pour relocaliser la production de batteries de la Chine vers une gigafactory française. Ce composant majeur représente à lui seul 35% de la valeur des véhicules électriques, rappelle le constructeur.

Tous les détails du plan de soutien à l’industrie automobile