Airbus Defence and Space met son projet de restructuration à exécution, destiné à restaurer une rentabilité élevée proche de 10%, tombée à 5,2% en 2019 contre 8,5% en 2018. Le projet présenté aux représentants du personnel prévoit une suppression de 2362 postes d’ici à 2021, dont 829 en Allemagne, 357 au Royaume-Uni, 630 en Espagne, 404 en France et 142 dans les autres pays.

Airbus Defence and Space a engagé hier 19 février le processus de consultation de son comité d’entreprise européen au sujet de sa restructuration.

« Si les perspectives commerciales sous-jacentes demeurent solides, notamment dans ses coeurs de métier, la division enregistre un ratio commandes nettes/livraisons inférieur à 1 pour la troisième année consécutive, principalement en raison de l’atonie du marché spatial et du report de plusieurs contrats de défense, rendant ces mesures nécessaires », justifie la direction de la division défense du groupe aéronautique.

Ces mesures de réduction de postes seront soutenues par un programme de rentabilité renforcé ainsi que par des mesures visant à augmenter la compétitivité à long terme de la division et à assurer son avenir, assure le communiqué du groupe.

La nécessité de cette restructuration, annoncée pour la première fois en décembre 2019 (voir notre article), a été évoquée lors de la présentation des résultats annuels du groupe qui s’est tenue à Toulouse le 13 février dernier.

En 2019, la division Airbus Defence and Space a réalisé un chiffre d’affaires de 10,91 milliards d’euros, en baisse de 1,4% par rapport à 2018. Le chiffre d’affaires a été réalisé à 51% dans l’aviation militaire, à 26% dans le spatial et à 23% dans les systèmes CIS (communications, intelligence et sécurité). Le bénéfice (EBIT ajusté) de la division a chuté de 39,6%, à 565 M€ (soit une marge de 5,2%), essentiellement en raison de performances impactées par un contexte concurrentiel difficile sur le marché spatial.

Au cours de l’exercice 2019, 14 avions de transport militaire A400M ont été livrés, portant la flotte en service à 88 exemplaires à fin décembre. « Alors que le programme A400M a été remis à plat, les ambitions d’exportation s’avèrent de plus en plus difficiles à atteindre pour la phase contractuelle initiale, et ce, d’autant plus en raison de la prolongation répétée de l’interdiction d’exportation de l’Allemagne vers l’Arabie saoudite », déclarait Airbus pour justifier une provision de 1,2 milliard d’euros liée à la révision des prévisions de contrats d’’export pour l’A400M. Alourdi par cette provision, le résultat de la division (EBIT) est tombé dans le rouge (-881 M€), contre un bénéfice de 676 M€ en 2018.

Il n’y a cependant pas péril en la demeure : la division a engrangé 8,52 milliards d’euros de commandes en 2019, en progression de 0,9% par rapport à 2018, portant son carnet de commandes à 32,26 milliards (-8,6%).