Alstom a confirmé ce lundi matin que des discussions sont en cours concernant une potentielle acquisition de Bombardier Transport par Alstom. Le groupe ferroviaire réagit ainsi à un article du Wall Street Journal annonçant dimanche un accord préliminaire de reprise pour 7 milliards de dollars.

« Les discussions sont en cours. Aucune décision finale n’a été prise. Alstom informera le public de tout développement significatif sur ce sujet », souligne, comme il se doit, le communiqué du champion français.

Bombardier se retire déjà de l’industrie aéronautique civile

Mal en point, Bombardier a publié ses résultats 2019 la semaine dernière, confirmant étudier toujours activement des options pour accélérer son désendettement. A cette occasion, Bombardier a notamment annoncé sa décision de vendre sa participation dans le partenariat A220, complétant ainsi son retrait de l’industrie aéronautique civile. Bombardier va donc transférer ses actions de la Société en commandite Airbus Canada (SCAC) à Airbus et au gouvernement du Québec, améliorant la situation de sa trésorerie. Cela inclut un produit en trésorerie de l’ordre de 600 M$ de Airbus duquel 531 M$ ont été versés au moment de la clôture, le solde devant être payé sur 2020-2021, et l’élimination de toutes les futures exigences de capitaux pour le programme A220 estimées à environ 700 millions de dollars.

« Nous sommes extrêmement fiers de nos nombreuses réalisations et de l’impact considérable que Bombardier a exercé sur l’aviation civile commerciale. Nous sommes également fiers de nous retirer de l’industrie aéronautique commerciale de manière responsable, en préservant les emplois. Nous sommes convaincus que le programme A220 connaîtra un long parcours fructueux sous la gestion d’Airbus et du gouvernement du Québec », a déclaré Alain Bellemare, président et CEO de Bombardier.

En 2016, les activités aéronautiques civiles de Bombardier avaient perdu environ 400 M$ et utilisé plus de 1 milliard de dollars de trésorerie. S’attaquer à ce portefeuille d’activités constitue donc une étape essentielle du plan de redressement de l’entreprise. Mais apparemment pas suffisante.

35,8 milliards de dollars de carnet de commandes pour Bombardier Transport

Bombardier Transport a réalisé un chiffre d’affaires de 8,3 milliards de dollars en 2019, en recul de 7% par rapport à 2018, pour un bénéfice de 212 M$, contre 851 M$ en 2018. 49% de son chiffre d’affaires a été réalisé dans le matériel roulant et les systèmes, 33% dans les services et 18% dans la signalisation. En 2019, son carnet de commandes a légèrement progressé, passant de 34,5 à 35,8 milliards de dollars, pour un book-to-bill de 1,2.

De son côté, Alstom propose une gamme complète d’équipements ferroviaires et de services, des trains à grande vitesse, métros, tramways et e-bus aux systèmes intégrés, services sur mesure, infrastructure, signalisation et solutions de mobilité digitales. Alstom a enregistré un chiffre d’affaires de 8,1 milliards d’euros et 12,1 milliards d’euros de commandes sur l’exercice 2018/19. Basé en France, Alstom est présent dans plus de 60 pays et emploie 36 300 personnes.

La fusion potentielle entre Alstom et Bombardier Transport ferait du groupe français le numéro 2 mondial du ferroviaire derrière le groupe chinois CRRC, effaçant ainsi le camouflet infligé par le rachat avorté d’Alstom par Siemens il y a un an.