L’Europe représente près d’un quart des ventes d’Analog Devices. Le spécialiste américain de l’analogique mise notamment sur l’excellence européenne en matière d’industrie 4.0, d’automobile (électrification, conduite autonome) et de télécoms (5G) pour augmenter ses parts de marché à partir de son centre de développement et de production de Limerick, en Irlande.

Pour son exercice fiscal 2018 clos fin octobre, Analog Devices a réalisé un chiffre d’affaires de 6,2 milliards de dollars, dont 50% sur le marché industriel, 20% dans les télécommunications, 16% sur le marché automobile et 14% à destination du marché de l’électronique grand public. L’Europe a représenté 24% de ses ventes, soit moins qu’aux Etats-Unis (34%), mais davantage que la Chine (20%) et le double des ventes au Japon (12%).

Il est vrai que le Vieux Continent abrite des leaders mondiaux pour les marchés phares du fabricant américain de semiconducteurs. Trois des cinq premiers groupes mondiaux d’automatisation industrielle sont européens : Siemens (numéro 1 mondial), ABB (numéro 2) et Schneider Electric (numéro 5). L’Europe abrite également trois équipementiers automobiles du Top5 mondial : les Allemands Bosch (numéro 1), Continental (numéro 2) et ZF (numéro 5). Dans les télécoms, deux équipementiers en pointe pour la 5G sont européens : Ericsson (numéro 2 mondial) et Nokia (numéro 4).

Mais l’Europe n’est pas seulement un marché pour Analog Devices, présent industriellement sur le Vieux Continent depuis plus de 40 ans en Irlande où l’Américain développe et produit des semiconducteurs. Le centre de R&D et de production de Limerick, dans lequel Analog Devices a investi jusqu’à présent 1,5 milliard de dollars, réalise ainsi chaque année plus de 100 nouveaux produits pour Analog Devices au niveau mondial. Les principaux composants produits à Limerick sont actuellement des convertisseurs de précision, des isolateurs numériques et des commutateurs de type mems.

Implanté en Irlande depuis 1976, Analog Devices y emploie actuellement 1282 personnes, dont 630 ingénieurs et 150 techniciens centrés sur l’innovation, la R&D et la production. Analog Devices a notamment déposé plus de 500 brevets en Irlande.

L’an passé, ADI a investi plus de 220 M€ en Irlande, dont 40 M€ investis dans l’extension de la salle blanche de l’usine de Limerick, après déjà 50 millions d’euros investis au cours des quatre dernières années dans le centre européen de R&D (ERDC) de Limerick. L’investissement de 40 M€ dans la salle blanche visait à améliorer ses capacités et à tripler les installations de fabrication de dispositifs « More than Moore ».

Analog Devices, qui ne donne aucune information sur la capacité de production de ses usines, souligne néanmoins sa volonté d’investir continuellement dans son usine irlandaise pour en améliorer les capacités : « Cela se fait chaque année avec des investissements importants ». Les prochains principaux investissements dans le domaine de la fabrication concerneront les capteurs et les technologies pour l’industrie 4.0, l’électrification, les soins de santé et les transports.

Analog Devices, qui a investi environ 4 milliards de dollars dans la R&D au cours des cinq dernières années, estime que cet effort dépassera 1 milliard de dollars en 2019, dont environ 30% pour bâtir le socle d’activités émergeantes en forte croissance. Analog Devices se déclare ainsi prêt à répondre à tous les besoins de ses clients en matière de traitement du signal et de puissance, du capteur au cloud en passant par l’edge computing, -le traitement des données au plus près des capteurs-, du courant continu à 100 GHz, et du nW au kW.

Le credo du spécialiste américain des technologies analogiques est de permettre à ses clients de comprendre le monde qui les entoure en créant un lien intelligent entre l’univers physique et l’univers numérique, grâce à des technologies de détection, de mesure, d’alimentation, de connectivité et d’interprétation.