A l’unisson du marché européen, le marché français des semiconducteurs a rebondi au troisième trimestre 2020 après avoir été fortement touché au deuxième par le ralentissement économique dû à la crise sanitaire. Selon Acsiel Alliance Electronique, les ventes en France ont atteint 402 millions d’euros, en hausse de 13% par rapport au 2e trimestre 2020 et de 3% par rapport au 3e trimestre 2019. Mais des problèmes logistiques créent des tensions sur certains composants, prévient l’organisation profesionnelle.

En glissement annuel sur une période de 12 mois, le marché français est en recul de 9%, au diapason de l’ensemble du marché européen, en baisse de 8% selon les données publiées par le WSTS.

Le rétablissement est spectaculaire en France pour les ventes directes aux équipementiers et intégrateurs qui ont augmenté séquentiellement de 25% au troisième trimestre, après, il est vrai, une chute de 23% au trimestre précédent. En revanche, les ventes aux distributeurs ont enregistré un deuxième trimestre de baisse de suite, avec un recul séquentiel de 10%.

Une reprise grâce à l’automobile

Le segment automobile, qui est de loin le premier marché pour les ventes directes, est aussi le principal contributeur à la dynamique du troisième trimestre. Il enregistre une croissance séquentielle de 50%, à la faveur du redémarrage de la production française de véhicules qui avait été quasiment mise à l’arrêt pendant le confinement du printemps. Ce fort rebond se traduit naturellement par un rétablissement tout aussi spectaculaire des ventes de composants qui sont largement utilisés dans l’électronique automobile. Ainsi, l’ensemble des circuits intégrés analogiques et logiques MOS, des capteurs et actionneurs augmente de 45%, après une chute de 39% au deuxième trimestre.

Le segment industriel a montré une plus grande stabilité dans la tourmente et a été moins sévèrement touché que l’automobile grâce à une multitude d’applications dont les marchés sont structurellement en croissance, explique l’organisation professionnelle. Les ventes directes aux clients équipementiers et intégrateurs (OEM et EMS) de semiconducteurs destinés aux applications industrielles ont ainsi augmenté de 11% au troisième trimestre après avoir baissé dans les mêmes proportions au deuxième trimestre.

Le segment des cartes à puce, qui tend à s’éroder en raison de l’intégration progressive des fonctions de sécurité dans le coeur du système, est par ailleurs porté par la digitalisation et, de ce fait, a montré jusqu’à maintenant une assez bonne résilience face à la crise de la Covid-19. Les ventes de semiconducteurs au segment aéronautique et défense, qui étaient les seules à avoir enregistré une croissance au trimestre précédent, sont en baisse de 9% au troisième trimestre, pénalisées par l’avionique qui reste très déprimée et par un marché de la défense qui fluctue assez largement d’un trimestre à l’autre en fonction de commandes ponctuelles.

Allongements de délais de livraison sur certains composants

L’industrie mondiale du semiconducteur dans son ensemble fait face à une forte reprise de la demande, tout particulièrement pour ce qui concerne la France dans les marchés automobiles et industriels et chez les sous-traitants. Des problèmes logistiques ont également été identifiés et viennent perturber la chaîne de valeur. Cette situation crée déjà des tensions sur certains composants et se traduit par des allongements de délais de livraison, souligne le syndicat professionnel.