Le fondeur chinois SMIC a annoncé ce week-end avoir entrepris des échanges préliminaires avec les autorités américaines concernant les restrictions à l’exportation imposées à ses fournisseurs d’équipements et de matériaux d’origine américaine. Pour le cabinet d’études taïwanais TrendForce, l’impact des sanctions américaines sera beaucoup plus important par rapport aux effets néfastes des sanctions contre Huawei.

Le 4 octobre 2020, SMIC a fait des annonces formelles évaluant la notification du Département du Commerce américain à ses fournisseurs selon laquelle ils ne seraient pas autorisés à livrer certains équipements, composants et matières premières d’origine américaine à la fonderie chinoise. Les fournisseurs d’équipements de semiconducteurs basés aux États-Unis, y compris Applied Materials, Lam Research et KLA, devraient supporter le poids de l’impact de la dernière sanction contre SMIC, tandis que ASML basé aux Pays-Bas sera également affecté, analyse le cabinet d’études. En revanche, l’analyse préliminaire de TrendForce indique que les restrictions à l’exportation auront probablement moins d’impact sur les fournisseurs de tranches de silicium et d’autres matières premières chimiques pour la fabrication des semiconducteurs, étant donné que ces fournisseurs sont pour la plupart des entreprises japonaises et européennes.

TrendForce estime que les fondeurs taïwanais dominent actuellement le marché mondial des prestations de fonderie occupant une part de marché de 65%, suivies par la Corée (16%) et la Chine (6%). Avec environ 4% du marché mondial de la fonderie, SMIC est le premier fondeur en Chine et le cinquième dans le monde, tout en étant la seule fonderie chinoise à posséder une feuille de route relativement claire pour les technologies 14 nm et plus avancées. Compte-tenu de la position de leader du SMIC dans l’industrie chinoise de la fonderie, la dernière sanction américaine, qui présente un risque significatif de couper la chaîne d’approvisionnement en amont de SMIC en équipements pour SC et en matières premières, causera probablement des dommages considérables à la R&D sur les technologies avancées et aux efforts de la Chine pour accroître son indépendance dans les semiconducteurs, assène TrendForce.

Les fonderies chinoises, y compris le SMIC, doivent encore dépendre des fournisseurs d’équipements américains pour les procédés de fabrication inférieurs à 90 nm, en particulier pour les équipements de fabrication sur tranches de 300 mm de diamètre. Au cours des cinq à dix prochaines années, il est très peu probable que des fournisseurs d’équipements pour SC chinois soient en mesure de fournir des machine couvrant tous les aspects du processus de fabrication, analyse le cabinet d’études.

Bien que le fondeur soit en mesure à court terme de continuer à exploiter ses lignes de production existantes sur tranches de 300 mm, SMIC se trouvera dans l’incapacité d’acheter de nouveaux équipements et donc d’étendre sa capacité de production à l’avenir. En particulier, les sanctions proposées pourraient contraindre SMIC à ralentir ses plans d’expansion de capacité pour les procédés matures (28 nm et plus) et la R&D pour les technologies avancées (14 nm et moins).

En plus d’être confronté à des restrictions d’approvisionnement en équipements, SMIC pourrait également voir ses clients non chinois retirer leurs commandes. Les clients non chinois de SMIC pourraient, dans le but d’atténuer les risques, rediriger leurs commandes vers des fonderies non chinoises, telles que GlobalFoundries, des fonderies basées à Taiwan (TSMC, UMC, Vanguard et PSMC), ainsi que Samsung basée en Corée. Selon TrendForce, Qualcomm et Broadcom sont les deux plus gros clients étrangers du SMIC. TrendForce estime en outre que l’impact des sanctions contre le SMIC sera beaucoup plus important par rapport aux effets néfastes des sanctions contre Huawei. En l’absence d’équipements pour SC clés de la part des principaux fournisseurs mondiaux,

SMIC subira des obstacles majeurs dans la poursuite du développement de ses technologies de processus avancées, laissant présager un impact plus large des sanctions américaines sur l’ensemble de l’industrie chinoise des semiconducteurs, conclut le cabinet d’études.