Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que les pénuries de semiconducteurs pour l’automobile de décembre embrasent toute la filière électronique. Toujours prompt à réagir, le SNESE dénonce la brutalité des hausses de prix que subissent déjà les sous-traitants.

« Depuis le début de l’année, au milieu des cartes de vœux, ce sont les annonces de hausses significatives du prix des composants électroniques qui inondent les boîtes mail de nos adhérents. Au-delà des simples mises à jour des prix catalogues 2021 des distributeurs, qui sont usuelles et attendues, nous constatons des hausses brutales de tarifs, imposées sans concertation, non seulement sur les commandes futures, mais souvent sur tout l’encours des commandes, encore à livrer, déjà contractualisées depuis des semaines, voire des mois », affirme, dans un communiqué, l’organisation professionnelle des composants.

Le SNESE ne remet pas en cause les raisons qui conduisent à ce contexte actuel de tension générale sur les approvisionnements en composants. Et de citer la montée continue des cours des métaux largement utilisés dans nos industries comme l’or, l’argent, le cuivre de 50 à 75% en un an encore les reprises spectaculaires de certaines filières (informatique, automobile) particulièrement en Asie ; sans oublier le dérèglement des échanges entre la Chine et Etats-Unis, le Brexit et le Covid19.

« Ce qui interpelle aujourd’hui, c’est la violence des hausses, sans compter leur rétroactivité qui bouleverse l’économie. Menacer de surcroît les sous-traitants de suspension de livraison en cas de refus d’accepter des prix applicables aux livraisons de la semaine à venir, ne relève pas de relations équilibrées entre distributeurs/fabricants et acheteurs de composants », dénonce l’organisation professionnelle.

« Prendre en compte de nouveaux prix à chaque livraison, sous-entend une logique de traçabilité des coûts matière en temps réel permettant de définir son prix final, dont ne dispose pas la majorité des sous-traitants. En toute hypothèse, face à ces hausses de prix brutales dont on ne sait pas si elles vont se poursuivre dans les prochains mois, il est très délicat pour l’ensemble de nos adhérents de solliciter les clients pour leur répercuter immédiatement ces coûts supplémentaires subis, sans-même pouvoir leur garantir une stabilité pour les semaines à venir », souligne Eric Burnotte, président du SNESE.

Aussi, l’organisation professionnelle appelle l’ensemble des intervenants fabricants/distributeurs : à mieux discuter et négocier en partageant leurs difficultés conjoncturelles ou structurelles, facilitant ainsi la compréhension des clients finaux, et à faire preuve de retenue dans l’usage reconnu abusif de clauses de révision de prix portant sur les encours déjà contractualisés et les livraisons passées, de manière à donner le temps aux acteurs avals d’absorber et répercuter ces hausses de façon plus régulière.

« Ainsi, dans un contexte un peu plus apaisé, nous pourrons peut-être tous nous souhaiter une bonne année 2021 », conclut le président du SNESE.

Des hausses de prix de 10% à 20% dans l’automobile

Les hausses de prix ne sont pas une chimère et n’épargnent pas les grands groupes dans l’automobile. Ce matin, le quotidien asiatique Nikkei News, publie un article qui recense les hausses de prix imposés par les fournisseurs de semiconducteurs aux constructeurs et équipementiers automobiles. Les hausses de prix peuvent atteindre 10% à 20% et le quotidien asiatique souligne qu’elle concerne tous les fournisseurs de puces pour l’automobile. Et l’article de citer : Renesas, NXP, STMicroelectronics ou encore Toshiba. Quant aux clients, ce sont des poids lourds tel que l’Allemand Continental ou le Japonais Denso qui en font les frais. Sans échappatoire : un cadre d’un constructeur automobile reconnaît que la priorité est d’obtenir les composants,… quoi qu’il en coûte.

Voir l’article du Nikkei News

Des stocks en passifs qui s’amenuisent à Taïwan

Un autre article de DigiTimes interpelle. Sur la foi de sources du secteur, le quotidien taïwanais affirme que les fabricants de composants passifs de Taiwan ont vu affluer des commandes de clients qui cherchent à gonfler leurs stocks avant le nouvel an chinois. Des fabricants de passifs, dont les poids-lourds Yageo et Walsin Technology, ont vu leurs niveaux de stocks tomber à moins de 30 jours en raison de la forte demande des clients, et même la majorité de leurs stocks actuels ont déjà été réservés. Les clients cherchent à maintenir leurs lignes de production à haute capacité au premier trimestre 2021, avec des perspectives de livraisons en hausse trimestre après trimestre. Et les assembleurs doivent également réussir à sécuriser autant que possible leurs approvisionnements en composants passifs tels que condensateurs MLCC, résistances et inductances, en dehors de divers circuits intégrés, mémoires, écrans et circuits intégrés, pour éviter que les pénuries de composants ne perturbent la production et les livraisons, ont déclaré ces sources. Peut-on encore l’éviter ?

Voir l’article de DigiTimes