La Commission européenne a présenté lundi un plan d’action sur les synergies entre les industries civile, spatiale et de la défense visant à garantir la souveraineté technologique de l’Europe et à soutenir sa base industrielle.

Pour la première fois, les fonds européens ouvrent des perspectives en ce qui concerne le renforcement de l’innovation européenne, grâce à l’étude et à l’exploitation du potentiel de rupture de technologies au croisement d’utilisations dans les secteurs civil, spatial et de la défense, telles que l’informatique en nuage, les processeurs, le cyber-renseignement, l’intelligence quantique et l’intelligence artificielle, souligne le document de la Commission. Notamment, nous avons – pour la première fois au niveau européen – un Fonds Européen de défense doté d’un peu plus d’un milliard d’euros par an.

« Le Fonds européen de la défense offre de très nombreuses possibilités de synergies entre la recherche et l’innovation dans les secteurs civil, spatial et la défense, synergies dont nous avons besoin pour plusieurs technologies essentielles. Ce plan d’action constitue une approche systématique et méthodologique des synergies entre des technologies essentielles dans ces trois domaines. L’objectif est de faire en sorte que les innovations se prêtent systématiquement, dès leur conception, à de multiples usages, et de permettre l’exploitation du potentiel d’innovation énorme des chercheurs et des jeunes pousses », commente Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission.

« La pleine exploitation du Fonds européen de la défense et la garantie de synergies fortes entre les technologies des secteurs civil, spatial et de la défense généreront des innovations de rupture et permettront à l’Europe de rester un organisme de normalisation mondial. Elles réduiront également notre dépendance à l’égard de technologies essentielles et renforceront la primauté industrielle dont nous avons besoin pour sortir de la crise », ajoute Thierry Breton, commissaire au marché intérieur.

Les principaux objectifs du plan d’action sont de renforcer la complémentarité entre les programmes de l’UE ayant trait à la recherche, au développement et au déploiement afin d’améliorer l’efficacité des investissements et des résultats (synergies) ; d’encourager l’octroi de fonds européens en faveur de la recherche et du développement, y compris dans les domaines spatial et de la défense, ayant des retombées positives, sur les plans économique et technologique, pour les citoyens européens (spin-offs); et de faciliter l’utilisation des résultats de la recherche menée par l’industrie civile et de l’innovation axée sur la société civile dans le cadre des projets européens de coopération en matière de défense (spin-ins).

Compte tenu de ces objectifs, la Commission annonce onze actions ciblées mettant l’accent sur l’interaction entre les industries civile, spatiale et de la défense. Il s’agit notamment de mettre en place un cadre renforçant les synergies et l’enrichissement mutuel entre les différents programmes et instruments de l’UE, par exemple dans le domaine du numérique, de l’informatique en nuage et des processeurs ; de définir de manière systématique le développement des technologies essentielles, en déterminant tout d’abord les technologies essentielles et les besoins futurs en termes de capacités, puis en élaborant des feuilles de route technologiques, et enfin en lançant des projets phares dans les domaines sélectionnés ; d’encourager l’innovation chez les jeunes pousses, les PME et les organisations de recherche et de technologie (ORT) dans l’ensemble de l’Union, en mettant en place un réseau d’«incubateurs d’innovation».

« Il est primordial de pouvoir définir en commun une liste de technologies que l’on considère comme critiques. Il s’agit par exemple des clouds, des processeurs, des technologies spatiales, de la cryptographie quantique. Ces technologies devront faire l’objet d’un suivi particulier afin de concentrer nos efforts pour réduire nos dépendances potentielles. Sur la base de cette cartographie, nous n’hésiterons pas à agir autour de feuilles de route technologiques spécifiques. Nous créons également au sein de la Commission un observatoire des technologies critiques afin de toujours être dans l’anticipation », argumente Thierry Breton.

La Commission va également préparer le lancement de trois projets phares susceptibles de changer la donne, à savoir les technologies des drones, (comment intégrer dans la technologie civile des drones, le savoir-faire militaire ?), une connectivité spatiale sécurisée, qui devrait fournir une connectivité à haut débit fondé sur le chiffrement quantique partout en Europe, ainsi que la gestion du trafic spatial, nécessaire pour éviter les collisions pouvant résulter de la multiplication de satellites et de débris spatiaux tout en garantissant un accès autonome à l’espace.

Plan d’action sur les synergies entre les industries civile, spatiale et de la défense