
L’IPC critique les droits de douane “réciproques” imposés par Trump

A l’inverse de l’effet recherché par Trump, la mise en place de droits de douane “réciproques” risque d’augmenter les coûts pour les entreprises américaines de l’électronique et de favoriser la délocalisation de la production hors des Etats-Unis, selon l’IPC.
La guerre commerciale déclarée à l’ensemble de la planète par Donald Trump mercredi lors de son “Liberation Day” en imposant des droits de douane “réciproques”, souvent exorbitants, à presque tous les pays du monde, n’a pas manqué de faire réagir l’IPC à propos des implications de cette décision sur l’industrie électronique mondiale.
Dans un communiqué publié avant-hier, l’association professionnelle a tout d’abord prudemment salué « l’engagement du président Trump en faveur du renforcement du secteur manufacturier américain, en particulier l’accent mis sur la revitalisation de la base industrielle de défense ». Et l’IPC de rappeler que pendant des décennies, elle n’a cessé d’« œuvrer pour restaurer le leadership américain dans la fabrication électronique, exhortant le gouvernement à reconnaître son importance stratégique et à investir dans la reconstruction des capacités nationales critiques ».

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Mais l’IPC craint que la politique de Trump produise l’effet inverse de celui recherché. « La conception et la production électroniques sont l’épine dorsale de l’innovation et de la résilience industrielle dans tous les secteurs de l’économie, et nous sommes prêts à travailler avec l’administration sur une stratégie audacieuse pour reconstruire ce secteur vital. Mais les tarifs douaniers ne permettront pas d’atteindre cet objectif, assure Richard Cappetto (photo), directeur principal des relations gouvernementales nord-américaines de l’IPC. Une industrie électronique américaine forte nécessite une approche globale, associant des investissements et des incitations ciblés à des politiques qui renforcent les partenariats commerciaux mutuellement bénéfiques. Le commerce est essentiel à la résilience, à l’innovation et à la compétitivité des coûts de la chaîne d’approvisionnement. Sans cela, les droits de douane risquent d’augmenter les coûts pour les entreprises américaines et de délocaliser davantage la production. »
L’IPC, qui se dit « impatient de travailler avec le président Trump, son administration et le Congrès sur des politiques qui renforcent profondément la fabrication électronique aux États-Unis », préconise « une stratégie collaborative qui favorise la croissance intérieure tout en maintenant des connexions mondiales essentielles à la compétitivité à long terme ».
Le grand plongeon en bourse d’Apple, Nvidia, Broadcom, etc.
Au-delà de l’effet boomerang craint par l’IPC d’un point de vue économique, les annonces de Donald Trump ont déjà pénalisé les entreprises américaines cotées aux Etats-Unis, dont les valorisations boursières ont plongé de plus de 1700 milliards de dollars en 24 heures, selon Bloomberg, qui se réfère à l’Indice S&P 500.
Ce sont les groupes les plus dépendants des approvisionnements étrangers qui paient le plus lourd tribu, à l’image d’Apple dont la valorisation a chuté d’environ 280 milliards de dollars en 24 heures, ou de Nvidia, deuxième groupe le plus lourdement touché, avec un baisse d’environ 150 Md$ de sa valorisation boursière. Broadcom figure également dans le Top 10 des entreprises américaines les plus touchées, selon le classement de Bloomberg, avec une valorisation boursière qui a chuté d’environ 50 Md$.