Eté studieux sur le front des méga-projets de production de batteries pour les véhicules en Europe. Le Suédois Northvolt, l’un des plus en pointe dans ce domaine, a annoncé le 29 juillet la signature d’une ligne de crédit de 1,6 milliard de dollars, tandis que de son côté, Britishvolt compte investir 1,2 milliard de livres dans un projet de construction au Pays de Galles d’une usine dotée d’une capacité de production allant jusqu’à 35 GWh.

Le financement de 1,6 milliard de dollars obtenu par le Suédois Northvol sera fourni par un consortium de banques commerciales, de fonds de pension et d’institutions financières publiques, portant le montant total des capitaux levés à ce jour pour le développement d’usines et les investissements en R&D à plus de 3 milliards de dollars.

Lundi 17 août, le gouvernement fédéral allemand également annoncé officiellement qu’il soutiendra le financement de l’usine de cellules de batteries de Norhvolt en Suède avec une garantie de l’État de 525 millions de dollars. Avec Volkswagen et le groupe BMW, les entreprises de l’industrie automobile allemande sont fortement impliquées dans le projet. Grâce à cette coopération, les entreprises allemandes pourront sécuriser l’achat à long terme de cellules de batterie lithium-ion technologiquement avancées qui seront nécessaires pour les futures flottes de véhicules électriques.

« L’élan de l’électrification est plus fort que jamais. Nos clients ont besoin de gros volumes de batteries de haute qualité avec une faible empreinte CO2, et l’Europe doit construire une chaîne de valeur entièrement régionalisée pour les soutenir », a déclaré Peter Carlsson, co-fondateur et p-dg de Northvolt.

En incluant le montant de cet emprunt de 1,6 milliard de dollars, Northvolt a à ce jour levé plus de 3 milliards de dollars sous forme de capitaux propres et d’emprunt pour soutenir le développement de deux gigafactories de production de cellules de batterie au lithium-ion : Northvolt Ett à Skellefteå, en Suède, et Northvolt Zwei à Salzgitter, en Allemagne. La société réalise également des investissements importants dans la technologie des cellules de batterie, le développement de processus et le recyclage dans l’usine d’industrialisation récemment créée, Northvolt Labs, à Västerås, en Suède, qui a produit ses premières cellules de batterie à la fin de 2019.

Depuis son lancement en mars 2017, Northvolt compte plus de 700 personnes et emploie désormais plus de 70 nationalités différentes dans ses installations en Suède, en Allemagne et en Pologne.

Northvolt Ett, avec une production annuelle potentielle de 40 GWh, est en cours de construction et le démarrage de la production est prévu en 2021. En parallèle, le processus d’autorisation est en cours pour Northvolt Zwei, qui est en cours de création en coentreprise avec le groupe Volkswagen et dont la mise en service est prévue en 2024 avec une production potentielle de plus de 20 GWh. Northvolt possède également une usine de systèmes de batteries opérationnelle à Gdańsk, en Pologne.

Northvolt vise une part de marché de 25% en Europe d’ici 2030, soit environ 150 GWh de capacité de production annuelle mise en service. En même temps, Northvolt vise à garantir 50% de ses besoins en matières premières à partir de batteries recyclées. L’objectif de recyclage sera atteint grâce à la création d’une installation de recyclage à grande échelle à Northvolt Ett.

Fondée pour permettre la transition européenne vers un avenir décarboné, la société compte parmi ses partenaires industriels et clients ABB, le groupe BMW, Scania, Siemens, Vattenfall, Vestas et le groupe Volkswagen.

Un projet de Gigafactory au Pays de Galles pour Britishvolt

Dans la course au méga-usines de batteries en Europe, il faudra également peut-être compter sur Britishvolt. Le fabricant britannique a annoncé le 28 juillet une collaboration avec la célèbre maison de design italienne Pininfarina, pour construire la première usine de batteries à grande échelle du Royaume-Uni dans l’ancienne base de la RAF à Bro Tathan, au Pays de Galles.

« Nous sommes honorés de collaborer avec la centrale de conception de renommée mondiale Pininfarina, pour créer notre usine géante historique. Chez Britishvolt, nous croyons en la priorité d’une conception innovante pour correspondre à la qualité future de nos cellules lithium-ion. Avec Pininfarina apportant toute la force de son élégance et de son héritage dans la conception automobile à l’architecture, nous pensons que nous pouvons réaliser ce désir », a déclaré Orral Nadjari, p-dg et fondateur de Britishvolt.

Britishvolt a identifié le Royaume-Uni comme l’emplacement potentiel de sa première gigafactory de batteries lithium-ion avec comme objectif une date de lancement de produit en 2023. L’usine de Britishvolt sera située dans un parc industriel de plus de 80 hectares, avec une capacité de production allant jusqu’à 35 GWh. L’investissement initial dans le projet devrait atteindre 1,2 milliard de livres (1325 M€).

Les aides pour LG Chem en Pologne dans le collimateur de Bruxelles

Enfin, la Commission européenne a ouvert cet été une enquête approfondie afin de déterminer si l’aide publique de 95 millions d’euros accordée par la Pologne à l’entreprise chimique LG Chem Group pour que la société investisse dans le développement de son installation de production de cellules pour batteries de véhicules électriques de Biskupice Podgórne, dans la région de Dolnoślaskie (Pologne), est conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État à finalité régionale.

En 2017, LG Chem a décidé d’investir plus de 1 milliard d’euros pour développer sa capacité de production de cellules et de modules et blocs de batterie au lithium‑ion pour véhicules électriques dans son installation existante de la région de Dolnoślaskie en Pologne. En 2019, la Pologne a notifié à la Commission ses projets d’octroi d’une aide publique de 95 millions d’euros pour cette extension de capacité.

Margrethe Vestager, commissaire en charge de la politique de la concurrence, a déclaré : « Les règles de l’UE en matière d’aides d’État permettent aux États membres de promouvoir la croissance économique dans les régions défavorisées d’Europe. Parallèlement, nous devons veiller à ce que les aides soient vraiment nécessaires pour attirer les investissements privés dans la région concernée, et éviter que le bénéficiaire de l’aide obtienne un avantage inéquitable par rapport à ses concurrents, aux frais du contribuable. Nous examinerons attentivement si le soutien accordé par la Pologne était nécessaire pour décider LG Chem à développer son installation existante de production de cellules dans cet État membre, s’il est limité au minimum nécessaire et s’il ne fausse pas la concurrence ni ne porte atteinte à la cohésion dans l’UE ».

En l’état actuel du dossier, la Commission n’est pas certaine que l’aide envisagée de 95 millions d’euros en faveur LG Chem pour l’agrandissement de l’usine de Biskupice Podgórne respecte tous les critères pertinents des lignes directrices concernant les aides d’État à finalité régionale. A suivre.