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L’Île-de-France accélère sur le véhicule autonome et le robot-taxi

L’Île-de-France accélère sur le véhicule autonome et le robot-taxi

Île-de-France Mobilités, la Métropole du Grand Paris et la Ville de Clichy préparent plusieurs projets de transport autonome, avec des premiers déploiements envisagés dès 2028. En parallèle, industriels et opérateurs renforcent leur coopération pour faire émerger une filière française et européenne.

Le véhicule autonome se rapproche d’une mise en service concrète en Île-de-France. Réunissant 250 participants le 23 octobre 2026 à l’occasion des Assises du véhicule autonome, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a présenté plusieurs initiatives visant à passer de l’expérimentation à des services opérationnels, tout en maintenant des exigences élevées en matière de sécurité. Plusieurs projets franciliens illustrent cette évolution, du transport collectif aux navettes électriques à la demande.

Île-de-France Mobilités prévoit ainsi de lancer début 2028 un projet pilote de transport collectif autonome dans le secteur de Versailles Grand Parc, Saint-Quentin-en-Yvelines et Paris-Saclay. L’objectif est de proposer de nouvelles solutions sur les lignes locales et dans les zones moins bien desservies, avec une extension progressive envisagée à partir de 2030. De leur côté, la Métropole du Grand Paris, Bolt et Stellantis préparent une expérimentation de services de mobilité autonome dans le cadre du programme européen ADACities. Le lancement pourrait intervenir dès 2028, avec l’ambition d’étendre le dispositif à une trentaine de communes d’ici à 2030.

© Ville de Clichy / G7 / Milla

Enfin, la Ville de Clichy, la compagnie de taxis G7 et Milla, entreprise française créée en 2017 et spécialisée dans les véhicules autonomes, développent également un projet de navettes électriques autonomes à la demande. Cette offre complémentaire aux transports en commun viserait notamment les trajets entre les quartiers résidentiels, les gares et les stations de métro, ainsi que les déplacements de porte à porte des personnes âgées. Une candidature commune doit être présentée au programme ADACities de la Commission européenne. Le projet commencerait avec une flotte limitée, susceptible d’atteindre 100 véhicules d’ici à 2030, avec une possible extension aux communes voisines et à La Défense.

Ces initiatives restent conditionnées aux autorisations réglementaires et à la validation des conditions de sécurité. À Clichy, par exemple, un chauffeur de taxi professionnel sera présent à bord durant la première phase. La conduite sans opérateur ne sera envisagée que lorsque la réglementation le permettra et que les garanties nécessaires auront été démontrées. La municipalité prévoit aussi d’associer les habitants et les acteurs locaux aux étapes du projet.

Structurer une filière française et européenne

Au-delà des projets territoriaux, les Assises ont mis l’accent sur la coopération entre les acteurs industriels et les opérateurs de transport. La Plateforme automobile (PFA) et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) ont ainsi signé un accord pour rapprocher les concepteurs de véhicules et les exploitants de services, avec l’objectif de faciliter le déploiement à grande échelle de solutions automatisées et connectées.

Par ailleurs, Stellantis, la société britannique Wayve, spécialisée dans l’intelligence artificielle embarquée, et Nvidia ont également annoncé une collaboration destinée à promouvoir un développement sûr et responsable du véhicule autonome en Europe. Cette coopération couvre plusieurs maillons de la chaîne de valeur, des puces électroniques aux véhicules.

« Il y a dix ans, le véhicule autonome relevait encore de la prospective. Aujourd’hui, nous parlons de déploiements concrets, de solutions qui existent et qui commencent à trouver leur place sur le terrain », a souligné Philippe Tabarot lors des Assises du véhicule autonome. Pour le ministre des Transports, l’enjeu est désormais d’« adapter le cadre réglementaire et fédérer les acteurs pour accélérer le déploiement du véhicule autonome au service de la sécurité routière, d’une offre de transport renforcée dans les territoires et de la souveraineté technologique de la France et de l’Europe ».

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