Vendredi, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, ont reçu les différents acteurs économiques nationaux pour faire le point sur le coronavirus. En fonction de sa durée et de son ampleur, l’épidémie pourrait avoir un impact de 0,1 point sur la croissance française en 2020, affirme le gouvernement.

Bruno Le Maire a reconnu que cette épidémie touche un certain nombre de chaînes de valeurs industrielles qui ont du mal à s’approvisionner. En conséquence, diverses mesures ont été annoncées pour accompagner les entreprises qui sont confrontées aux conséquences économiques de cette épidémie. « Je pense en particulier aux PME, aux sous-traitants, qui sont les plus touchés », a déclaré le ministre.

Des mesures immédiates ont été proposées en maintenant toutes les mesures de trésorerie pour les entreprises qui rencontraient des difficultés sérieuses semblables à celles qui avaient été prises soit pendant la crise des gilets jaunes, soit pendant les mouvements de grève : recours à l’activité partielle, dérogations au nombre d’heures supplémentaires, étalement des charges sociales ou fiscales, etc.

Bercy a également demandé à tous les donneurs d’ordre de faire preuve de compréhension vis-à-vis de leurs fournisseurs. C’est vrai en particulier dans le secteur de l’industrie automobile.

Troisième série de mesures prises à la demande des entreprises : le Service économique de Pékin mettra à la disposition des entreprises, sur une base quotidienne, toutes les informations utiles sur la situation d’activité et la situation logistique dans les différentes provinces chinoises.

Bercy va également saisir les juristes pour étudier la possibilité de considérer dans certains cas très spécifiques l’épidémie de coronavirus comme un cas de force majeure qui empêcherait une entreprise de remplir ses obligations contractuelles.

Enfin, le ministre de l’économie a décidé d’ouvrir un chantier de long terme sur les vulnérabilités stratégiques d’approvisionnement des filières industrielles françaises. Le ministre a cité l’exemple de la création d’une filière européenne des batteries pour le véhicule électrique : « Cette épidémie montre que dans certaines filières, les difficultés d’approvisionnement posent un problème stratégique. J’ai déjà répondu d’une certaine façon quand nous avons décidé de créer notre propre filière de batteries électriques. C’est une manière de dire que lorsqu’on a une industrie automobile puissante, nous ne pouvons pas dépendre à 95 % de la fourniture de batteries électriques venues de Chine ou d’Asie ou alors, c’est que vous êtes dépossédé de votre souveraineté sur un composant stratégique et critique. C’est pour cela que nous avons pris la décision avec l’Allemagne de créer notre propre filière de batteries électriques pour être indépendant économiquement et rapatrier la création de valeur en France ou en Europe. Cela vaut pour toutes les filières industrielles. Je pense vraiment qu’il faut que nous saisissions cette épidémie pour nous interroger sur notre dépendance stratégique en termes d’approvisionnement sur certaines filières industrielles ». A bon entendeur …