Vendredi 13 décembre, les États-Unis et la Chine sont parvenus à un accord commercial, qualifié de « phase un », qui met fin à l’escalade des tensions commerciales entre les deux pays. L’association américaine des fabricants de semiconducteurs a salué cette avancée.

Pour autant, les États-Unis maintiendront des droits de douane de 25% sur environ 250 milliards de dollars d’importations chinoises, ainsi que des droits de 7,5% (au lieu des 15% prévus initialement) sur environ 120 milliards de dollars d’importations chinoises.

Le communiqué diffusé par l’USTR (United States Trade Representative) est dithyrambique et (on s’en doute) tout à la gloire du Président Trump.

« Le président Trump s’est concentré sur la conclusion d’un accord de phase un qui apporte des changements structurels significatifs et commence à rééquilibrer les relations commerciales américano-chinoises. Cet accord sans précédent atteint ces objectifs très importants et n’aurait pas été possible sans le leadership fort du président », a déclaré le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer.

On y apprend que l’accord nécessite des réformes structurelles et d’autres changements du régime économique et commercial de la Chine dans les domaines de la propriété intellectuelle, du transfert de technologie, des devises, etc. L’accord de phase 1 comprend également un engagement de la Chine à faire des achats supplémentaires « substantiels » de biens et services américains au cours des prochaines années.

Pour la première fois dans un accord commercial, la Chine a accepté de mettre fin à sa pratique de longue date de forcer ou de faire pression sur les entreprises étrangères pour qu’elles transfèrent leur technologie aux entreprises chinoises comme condition pour obtenir l’accès au marché, les approbations administratives ou recevoir des avantages du gouvernement, assure l’USTR.

Le détail de l’accord est disponible ICI.

Un accord salué par la SIA

« Nous nous félicitons de l’accord commercial de «phase un» conclu aujourd’hui, qui apporte le soulagement nécessaire à l’industrie des semiconducteurs en réduisant l’incertitude, en allégeant certaines taxes néfastes et en n’en ajoutant pas davantage. Nous exhortons les deux parties à éviter de nouvelles escalades qui pourraient annuler ces progrès et à utiliser l’accord d’aujourd’hui comme tremplin vers un accord plus global qui protège plus efficacement la propriété intellectuelle et arrête les subventions gouvernementales qui faussent le marché », a réagi, dans un communiqué, la SIA, l’organisation professionnelle des fabricants américains de semiconducteurs.

De son côté, l’ECIA (Electronic Components Industry Association) publie opportunément une étude sur l’évolution des importations de composants électroniques (semiconducteurs, composants passifs et électromécaniques) aux Etats-Unis. Ces importations ne concernent donc pas uniquement les produits en provenance de la Chine, mais la part chinoise est très significative.

L’étude, dont l’intégralité est réservée aux membres de l’organisation professionnelle, montre que les revenus des importations ont augmenté de façon assez régulière de 2009 à 2018 pour atteindre un pic de 62 milliards de dollars en 2018. Le record annuel a été enregistré en 2000 avec 64,2 milliards de dollars, lors de l’éclatement de la bulle Internet. La faiblesse actuelle de l’environnement de production électronique se retrouve dans les revenus extrapolés pour 2019 avec une baisse prévue des importations de 16%, à 52,1 milliards de dollars, souligne l’ECIA.