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La pénurie de semiconducteurs provoque des arrêts de production en cascade dans l’automobile

La pénurie de semiconducteurs provoque des arrêts de production en cascade dans l’automobile

IHS Markit ne s’attend plus désormais à un retour à la normale dans la fourniture de semiconducteurs pour l’automobile avant au mieux la fin du 1er trimestre 2022. La pénurie qui sévit toujours devrait conduire à un manque à produire de 6,3 à 7,1 millions de véhicules pour l’ensemble de 2021. Des arrêts temporaires de production touchent les usines de pratiquement tous les constructeurs.

Le cabinet d’études américain prévoit désormais que 80,78 millions de véhicules seront produits dans le monde cette année, en augmentation de 8,3% par rapport à 2020. « La production perdue en raison d’une perturbation de la chaîne d’approvisionnement des semiconducteurs est estimée à 1,44 million d’unités au premier trimestre et à 2,60 millions d’unités au deuxième trimestre.Ill semble maintenant hautement probable que l’impact sera de l’ordre de 1,8 à 2,1 millions d’unités pour le 3e trimestre si les arrêts de production qui sévissent actuellement devaient se poursuivre en septembre. Nous prévoyons que le quatrième trimestre sera également exposé à des perturbations continues qui devraient continuer jusqu’au premier trimestre 2022 », déclarait le 19 août Mark Fulthorpe, Executive Director, global light vehicle forecasting, chez IHS Markit. Pour l’analyste, le point d’inflexion devrait être le 2e trimestre 2022 avant un retour à la normale au second semestre 2022.

Et encore, IHS Markit prend soin de préciser que l’évaluation du manque de véhicules à produire ne tient pas compte des annonces de la semaine dernière. Ainsi, Toyota, que l’on disait jusqu’ici épargné par la pénurie, devrait réduire ses objectifs de production de 900 000 à 500 000 véhicules pour septembre, annonçait la semaine dernière, le quotidien japonais Nikkei. En France, l’usine du constructeur japonais implantée à Onnaing, qui devait reprendre la production de la Yaris ce lundi 23 août après la coupure estivale, ne reprendra que le 6 septembre, révélait dans la foulée La Voix du Nord. Des mesures d’activité partielles ont également été annoncées au personnel chez Stellantis, notamment à Rennes et Sochaux. Des mesures similaires auraient également été prises chez Volkswagen sur son site de Wolsburg, chez BMW, General Motors, etc. En fait, aucun constructeur ne serait épargné.

La mise en boîtier et le test des semiconducteurs fragilisés par le regain de la pandémie en Asie

Pour IHS Markit, si la disponibilité des capacités de production des puces nues s’est améliorée au 1er semestre (l’usine de Renesas à Naka a retrouvé son niveau d’avant l’incendie ; les usines de NXP, Infineon et Samsung au Texas ont surmonté l’extrême rigueur de la tempête hivernale), ce sont maintenant les opérations d’assemblage et de test qui posent problème. Des difficultés d’approvisionnement en matériaux (leadframes, substrats, résines) se font jour, détaille le cabinet d’études. Ces opérations de back-end, généralement réalisées en Asie (Chine, Corée, Japon, mais aussi Singapour, Philippines, Indonésie, en Thaïlande, Vietnam et Malaisie), sont aussi pénalisées actuellement par la reprise de l’épidémie de Covid-19 dans de nombreux pays où le pourcentage de la vaccination est faible. Or, les opérations d’assemblage emploient beaucoup plus de main-d’œuvre que les opérations de traitement de la tranche (front-end). Par ailleurs, alors que la pénurie de puces concernait surtout les microcontrôleurs, les difficultés des opérations d’assemblage peuvent aussi retarder la disponibilité d’autres composants (capteurs, circuits d’alimentation, discrets), note IHS Markit). Pour autant, s’il le faut, il est plus facile d’ajouter rapidement des capacités de production d’assemblage que d’augmenter les capacités de front-end. A suivre.

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