Wuhan ne veut pas perdre la mémoire. Le Nikkei consacre un article fleuve à ce qui se passe réellement chez le fabricant de mémoires flash Yangtze Memory. L’article est édifiant : pas question de compromettre ce projet majeur pour les autorités chinoises quitte à faire des entorses et à fermer les yeux sur les mesures de confinement.

La plupart des trains à grande vitesse ne se sont pas arrêtés à Wuhan depuis la mise en quarantaine de la ville le 23 janvier. La plupart, mais pas tous. Certains ont conservé des wagons spéciaux, occupés par des experts qu’attendent en gare des voitures pour les emmener sur le site de Yangtze Memory Technologies, le projet semiconducteur le plus en vue de Chine.

Ces déplacements secrets, qui n’ont pas encore été signalés, ont ramené des employés bénévoles au centre de l’épidémie pour soulager quelque 300 ingénieurs qui travaillaient à l’usine depuis le début de la fermeture de la ville, révèle le Nikkei. Le président chinois Xi Jinping est venu en personne à Wuhan le 10 mars et a bien-sûr visité Yangtze Memory. Deux jours après la visite de Xi à Wuhan, le Big Two Phase Fund, -le fonds chinois dédié aux semiconducteurs-, a approuvé un investissement non divulgué dans Yangtze Memory. La nouvelle injection de capital se concentrera sur l’augmentation rapide de la capacité de production du fabricant de puces mémoires et sur le lancement du projet de production de deuxième phase de Yangtze Memory, affirme le journal asiatique.

D’ici là tout est bon pour inciter le personnel à faire tourner l’usine : annulation de l’indemnité journalière de repas pour ceux qui télétravaillent afin d’inciter les employés à retourner sur le lieu de travail, double rémunération des heures supplémentaires ; etc.  Le fait que le gouvernement chinois était prêt à risquer une nouvelle contagion pour que cette usine continue de fonctionner montre à quel point il ne lâchera pas son ambition d’une autosuffisance en semiconducteurs, même si elle paraît encore aujourd’hui hors d’atteinte.

Lire l’article du Nikkei