L’Europe a franchi le cap des 700 000 robots industriels en 2025
Le parc de robots industriels installés au sein de l’UE a atteint un record en 2025. Mais l’Europe a installé moins de robots que l’année précédente (-11%) et perd du terrain sur l’Asie et l’Amérique du Nord qui en ont mis en service bien plus qu’en 2024 (+14%).
L’Union européenne a franchi le cap des 700 000 robots industriels opérationnels en 2025, soit 84% du nombre total de robots en service sur l’ensemble du continent européen. C’est ce que révèle le rapport « World Robotics 2026 Industrial Robots » que vient de sortir la Fédération internationale de robotique (IFR). « Le secteur manufacturier de l’Union européenne a investi massivement dans l’automatisation : de 2015 à 2025, le nombre de robots opérationnels dans les États membres a augmenté de plus de 80%, passant de 390 000 à 712 000 unités », détaille Jane Heffner, présidente de l’IFR.

© Estun Robotics Europe
Mais si la dynamique à long terme reste positive, avec un taux de croissance annuel composé de 3% entre 2020 et 2025, l’Europe investit moins rapidement que l’Asie et l’Amérique du Nord. Le marché européen a même connu un recul de 11% en volume en 2025, avec un total de 60 500 nouvelles unités installées l’an dernier. À titre de comparaison, dans le même temps, l’Asie a installé 457 315 nouveaux robots en 2025, en hausse de 14% sur un an, et le continent américain 57 044 unités, également en progression de 14%.
Du côté des secteurs clients, l’industrie automobile reste le premier marché de l’Union européenne avec 14 900 nouvelles unités installées en 2025, soit un quart des installations totales, malgré une baisse de 25% sur ce secteur. L’industrie métallurgique arrive en deuxième position avec 13 000 unités, en recul de 13%. Viennent ensuite les industries des plastiques et des produits chimiques, avec 7400 nouvelles unités, en baisse de 3%. A l’inverse, avec 5300 unités installées l’an dernier, le secteur de l’agroalimentaire a progressé de 4%.
Au niveau des marchés nationaux (voir illustration en bas de cet article), l’Allemagne demeure le premier marché européen et le cinquième mondial, avec 24 800 installations en 2025, représentant 41% du marché européen. Le secteur automobile y contribue à hauteur de 23%, suivi par la métallurgie à 21%. L’Italie conserve sa deuxième place avec 13% du marché et 7800 unités installées, portée par sa métallurgie qui représente 29% de la demande nationale. La France et l’Espagne suivent, chacune avec 7% du marché européen. La France a installé 4500 robots, portés par l’automobile (21%) et la métallurgie (18%), tandis que l’Espagne, deuxième producteur automobile en Europe, a installé 4300 unités avec une part automobile de 43%.
Selon les prévisions de l’OCDE, la situation macroéconomique de l’UE devrait rester fragile jusqu’en 2027, avant une reprise modérée. Pour maintenir sa compétitivité internationale face à la hausse des coûts de production et à la pénurie de main-d’œuvre, l’UE devra poursuivre l’automatisation de ses procédés industriels.
Ce contexte fait de l’Europe un marché attractif pour les fabricants étrangers déjà bien implantés, comme les Japonais et les Coréens, mais aussi pour les fournisseurs chinois. Selon l’IFR, ces derniers développent de nouvelles stratégies pour pénétrer le marché unique européen, certains ayant déjà établi des plateformes de distribution sur place. Par ailleurs, l’IFR estime que les restrictions commerciales imposées sur d’autres marchés clés, comme les États-Unis, pourraient accentuer cette tendance.

Nombre de robots industriels installés en 2025 dans les pays de l’UE – © International Federation of Robotics


