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Passage de relais à la tête d’Acsiel Alliance Electronique

Passage de relais à la tête d’Acsiel Alliance Electronique
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Après huit années de bons et loyaux services en tant que délégué général d’Acsiel Alliance Electronique, Gilles Rizzo a tiré sa révérence fin 2021 pour partir à la retraite. Et c’est Sandrine Beaufils, ancienne responsable de la communication de WIKA Instruments, qui l’a remplacé à ce poste le 1er janvier 2022. L’occasion pour ViPress de faire le bilan de l’ère Rizzo et d’évoquer l’avenir d’Acsiel avec les deux protagonistes.

Gilles Rizzo, pouvez-vous nous retracer la genèse d’Acsiel Alliance Electronique ?

Gilles Rizzo – Il faut remonter à septembre 2013 pour trouver trace de la création de ce qui s’appelait alors encore simplement Acsiel, acronyme désignant l’Alliance des composants et systèmes pour l’industrie électronique. Ce nouveau syndicat professionnel de la filière électronique regroupait alors le Sitelesc, le syndicat des fabricants de composants actifs, et le Gixel, son équivalent pour les fabricants de composants passifs, de solutions de connectique et de circuits imprimés. L’objectif était alors de dépoussiérer la filière électronique qui, à l’époque, cultivait plutôt la discrétion, en la dynamisant, en lui apportant une meilleure visibilité et une crédibilité digne de ce nom et en créant des synergies entre adhérents.

Cela s’est notamment traduit par la mise en œuvre d’évènements pour mettre en relation offreurs de solutions de la filière électronique et utilisateurs. On peut notamment citer la montée en puissance de la JTE (Journée technique de l’électronique, déjà créée par le Gixel en 2008), qui constitue aujourd’hui le rendez-vous annuel incontournable de la filière électronique en France, ou bien encore les JRE (Journées régionales de l’électronique), sortes de déclinaisons en région de la JTE qui ont lieu plusieurs fois par an, ainsi que par la création ou la revitalisation de clubs dont l’objectif est d‘aider les adhérents du syndicat sur des thématiques aussi variées que les contraintes environnementales, les connecteurs, les composants passifs, les semi-conducteurs, etc.

Et c’est en 2016 qu’Acsiel a élargi son périmètre ?

Gilles Rizzo – Le 1er janvier 2016, pour être exact. Toujours dans cette volonté de fédérer encore davantage la filière électronique, c’est en effet à cette date que le Simtec (Syndicat de l’instrumentation de mesure, du test et de la conversion d’énergie dans le domaine de l’électronique) et le GFIE (Groupement des fournisseurs de l’industrie électronique) rejoignent Acsiel pour former Acsiel Alliance Electronique, une organisation professionnelle qui regroupe sous la même entité les acteurs de l’industrie des composants électroniques, du test et de la mesure, et des équipements et consommables pour l’industrie électronique.

Déjà président d’Acsiel depuis 2013, Gérard Mathéron, alors directeur du site de recherche avancée et de production de STMicroelectronics à Crolles, est confirmé au poste de président d’Acsiel Alliance Electronique et je suis moi-même reconduit au poste de Délégué Général, c’est-à-dire responsable opérationnel de l’activité, fonction que j’ai occupée jusqu’à mon départ à la retraite le 31 décembre dernier. Et c’est le 1er janvier 2018 que Jean-Luc Estienne, directeur du site STMicroelectronics de Montrouge et vice-président des affaires publiques pour la France, remplace Gérard Mathéron – parti à la retraite – à la présidence du syndicat professionnel, poste qu’il occupe toujours actuellement pour encore quelques mois.

Si, depuis 2016, le périmètre d’Acsiel Alliance Electronique s’est élargi, son influence s’est également renforcée. Comment cela s’est-il traduit ?

Gilles Rizzo – Avec la nomination du nouveau comité directeur début 2016 et son périmètre élargi, les ambitions d’Acsiel Alliance Electronique ont été nettement revues à la hausse, en effet. Au-delà de la consolidation du syndicat et du renforcement de la défense des intérêts des adhérents, notre objectif s’est également tourné vers la formation des jeunes et l’attractivité des métiers, en particulier en nouant des relations fortes avec le monde éducatif, ce qui constitue un défi de taille pour notre industrie qui manque cruellement de profils techniques notamment, de l’opérateur à l’ingénieur en passant par le technicien.

Enfin, nous avons œuvré pour qu’Acsiel soit reconnu comme un acteur qui pèse auprès des pouvoirs publics pour défendre la filière électronique qui était alors peu « visible » chez les politiques et dans les médias, hormis les médias spécialisés tels que ViPress, bien sûr. A ce titre, la création par Bruno Lemaire en mars 2019 du Comité stratégique de filière (CSF) électronique – qui fut l’un des tout premiers CSF mis en place – est, entre autres, le fruit du travail de lobbying réalisé par Acsiel Alliance Electronique auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaître la filière. Et en s’impliquant dans le CSF électronique, le syndicat a été l’un des pionniers dans ce domaine. On peut même dire qu’en 2013, la création de l’APIE (Action pour l’industrie électronique), une initiative commune à tous les syndicats de l’électronique de l’époque, à savoir Acsiel, le GFIE, le Simtec, mais aussi le Snese (syndicat de la sous-traitance électronique) et le SPDEI (syndicat de la distribution de composants électronique), était, en quelque sorte, l’ancêtre du CSF électronique lancé par le gouvernement six ans plus tard. Je précise que le CSF électronique est plus actif que jamais aujourd’hui puisqu’un avenant a été signé avec Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, en mars 2021. Ce CSF constitue réellement un levier de développement pour les adhérents d’Acsiel qui sont beaucoup sollicités, en particulier en cette période de pénurie de composants électroniques et de mise en exergue de l’importance du rôle de l’industrie électronique pour l’économie de notre pays.

Sandrine Beaufils, vous avez été nommée déléguée générale d’Acsiel le 1er janvier 2022, en remplacement de Gilles Rizzo. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et sur votre rôle à ce poste ?

Sandrine Beaufils – J’ai effectivement l’honneur d’avoir été nommée déléguée générale d’Acsiel Alliance Electronique le 1er janvier dernier après avoir rejoint le syndicat professionnel en octobre 2021 en tant que délégué générale adjointe. Cette période de transition de trois mois au cours de laquelle j’ai pu travailler avec Gilles a permis un passage de relais en douceur pour ma prise de fonction à la tête des opérations d’Acsiel au début de l’année 2022. Je suis particulièrement fière de porter les intérêts de cette filière qui pèse dans l’économie française, puisqu’Acsiel, c’est aujourd’hui 150 adhérents, y compris des pôles de compétitivité et des sociétés « aval » [sociétés utilisatrices de solutions électroniques, ndlr], qui cumulent quelque 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et représentent environ 100 000 emplois directs et induits et près de 200 sites sur le territoire répartis en 119 sites commerciaux, 63 sites de fabrication et 15 sites de R&D. Je suis familiarisée avec le monde industriel puisque j’ai passé les neuf dernières années en tant que responsable de la communication de WIKA Instruments, une entreprise spécialisée dans les instruments de mesure de pression, de température, de niveau et de débit et je compte sur mon expérience de communicante dans ce milieu pour promouvoir la filière électronique auprès de l’ensemble des acteurs du domaine.

Justement, quelle est votre ambition en tant de déléguée générale d’Acsiel Alliance Electronique ?

Sandrine Beaufils – Je compte m’inscrire dans la continuité car j’estime que ce qui a été fait ces dernières années par Acsiel a été très bénéfique pour notre industrie. Mais nous devons encore davantage développer notre communication au niveau externe, en particulier sur les réseaux sociaux qui sont devenus un passage obligé en matière de communication. Il s’agit également de mettre les bouchées doubles sur les événements, avec la reconduction du Village électronique au sein des prochaines éditions du salon Global Industrie, la mise en place de webinaires (par exemple sur la directive REACH), de conférences et de tables rondes techniques, notamment des Techshow sur des applications de l’électronique, à la manière du Techshow automobile organisé en juin dernier. L’objectif est de fédérer de nouveaux adhérents pour être encore plus représentatifs de la filière et de se mettre à leur service pour les aider au quotidien par le biais de clubs pédagogiques sur des thématiques autour de la formation, de l’emploi, de la recherche, de l’enseignement, organisés en partenariat avec des industriels, ou pour les promouvoir, par exemple, au moyen de vidéos. Nous envisageons également la création d’un indice agrégé de l’électronique en France qui permettra de dégager les grandes tendances de cette filière industrielle dans notre pays.

Propos recueillis par Pascal Coutance

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