Malgré une conjoncture exécrable en aéronautique, Safran a réussi à dégager un bénéfice net de 352 M€ pour un chiffre d’affaires de 16 631 M€ (16 498 M€ en données ajustées, en baisse de 33% sur une base publiée et de 32,5% sur une base organique).

En 2020, en plus de l’immobilisation du Boeing 737 MAX, le secteur aéronautique a été confronté à la plus grande crise de son histoire avec un effondrement du trafic aérien dû aux confinements et aux restrictions de voyages imposés dans toutes les régions du monde. Grâce à un effort collectif, Safran se félicite d’avoir évité toute perturbation majeure de la production.

Face à ce nouvel environnement, Safran a rapidement mis en oeuvre un plan d’adaptation. Fin décembre, le groupe avait atteint tous les objectifs fixés en avril :

  • les effectifs ont été ajustés à environ 79 000 personnes fin 2020, soit une baisse de 17% des effectifs et de 21% en tenant compte des intérimaires ;
  • la rationalisation industrielle des activités d’Aircraft Interiors, Electrical & Power et Nacelles a été menée, avec la fermeture de quatre sites, trois transferts de production et une dizaine de plans de restructuration ;
  • les programmes d’achats ont été réduits : diminution de 43% des achats de matières premières et de fournitures, et réduction de 48% des dépenses de sous-traitance. En conséquence, les stocks et encours de production ont été réduits de 1,2 Md€ entre juin et décembre ;
  • les engagements d’investissement (CAPEX) ont été réduits de 67% au cours de l’année ;
  • les dépenses de R&D ont été réduites de 35% en 2020;
  • les coûts opérationnels ont diminué de 25%.

« La pleine mobilisation de l’ensemble des équipes a permis à Safran de faire face à la crise et de dégager des marges et une génération de cash-flow très correctes. Malgré les incertitudes et les difficultés qui persistent, notamment au premier semestre 2021, je demeure déterminé et optimiste. Ma conviction repose sur la qualité de nos actifs accumulés au fil des années. Safran affiche des fondamentaux solides et les nouveaux investissements dans les innovations technologiques pour répondre à nos engagements en matière de changement climatique sont assurés », a déclaré Olivier Andriès, directeur général du groupe aéronautique, se satisfait ainsi de la résilience du modèle d’affaires de Safran.

Le chiffre d’affaires ajusté de 2020 s’élève à 16 498 M€, en baisse de 33,0%, soit 8 142 M€, par rapport à l’année dernière.

Pour la division Propulsion aéronautique et spatiale, le chiffre d’affaires s’élève à 7 663 M€, en baisse de 36,4% par rapport à 12 045 M€ en 2019. Sur une base organique, le chiffre d’affaires accuse une baisse de 36,2%.

La branche Équipements aéronautiques, Défense et Aerosystems affiche, pour sa part, un chiffre d’affaires s’élève de 6 893 M€, en baisse de 25,5% par rapport aux 9 256 M€ enregistrés en 2019. Sur une base organique, le chiffre d’affaires enregistre un repli de 25,0%. Pour la division Aircraft Interiors, le chiffre d’affaires s’élève à 1 922 M€, en baisse de 42,1% par rapport à 3 321 M€ en 2019. Sur une base organique, le chiffre d’affaires diminue de 40,4%.

Pour l’année 2021, le récent ralentissement de la reprise du trafic aérien dans plusieurs régions du monde génère de l’incertitude, entraînant notamment un risque de retard de la reprise des activités de services pour moteurs civils, souligne le groupe.

Dans ce contexte, Safran prévoit pour l’exercice 2021 un profil d’activité et de profitabilité plus fort en fin d’année avec une décroissance organique du chiffre d’affaires ajusté de 2% à 4%. Sur la base d’un cours moyen estimé de 1,22 $ pour 1 € en 2021, la baisse du chiffre d’affaires ajusté serait ainsi de 7% à 9%.