Schneider Electric casse sa tirelire pour racheter l’Américain PTC
Le groupe industriel français réalise le plus gros rachat de son histoire en déboursant 21 milliards d’euros pour s’offrir ce spécialiste américain du logiciel industriel, créant ainsi une plateforme unifiée de l’intelligence énergétique et industrielle dopée à l’IA. Il y a deux semaines, Schneider avait déjà annoncé son intention de racheter le Bulgare Shelly Group pour 1,2 Md€.
Celle-là, personne ne l’avait vu venir. Schneider Electric vient d’annoncer l’acquisition de 100% du capital de PTC, éditeur américain de logiciels industriels, pour 205 dollars par action en numéraire, soit une valeur d’entreprise d’environ 21 milliards d’euros ! Ce rachat, le plus important de l’histoire de Schneider Electric, représente une prime de 42% par rapport au dernier cours de clôture de PTC avant l’annonce et de 46% par rapport à la moyenne pondérée des 30 derniers jours de bourse. La transaction valorise PTC à 21 fois son Ebitda ajusté estimé pour 2027 avant synergies, et à 13 fois en intégrant les synergies à plein régime.
« L’acquisition de PTC représente une étape importante dans notre ambition de mener la nouvelle ère de l’intelligence énergétique et industrielle. Ensemble, nous créons le groupe logiciel et IA le plus complet du secteur et le portefeuille de la plus haute qualité, reliant les mondes physique et numérique », argumente Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric.

© Schneider Electric
PTC, dont le portefeuille couvre la CAO (Creo, Onshape), le PLM (Windchill, Arena), l’ALM (Codebeamer) et le SLM (ServiceMax, Servigistics), compte plus de 7000 employés, plus de 30 000 clients et génère 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge brute d’environ 85% et une marge d’Ebitda ajusté d’environ 40%.
Cette acquisition vient compléter la pile technologique déjà construite par Schneider Electric, qui comprend sa plateforme numérique EcoStruxure, ses logiciels industriels Aveva et etap, le système de données opérationnelles PI System, ainsi que les capacités de contextualisation par IA de Cognite (dont l’acquisition reste cependant soumise aux conditions de clôture habituelles). L’ensemble forme désormais un système couvrant la conception, le contrôle et la donnée, de la conception à la maintenance des actifs.
Sur le plan financier, le groupe table sur environ 250 millions d’euros de synergies de coûts d’ici trois ans et 800 M€ de synergies de revenus, pour un coût de mise en œuvre ponctuel d’environ 250 M€. L’opération devrait être immédiatement relutive sur l’ensemble des indicateurs financiers clés de Schneider Electric, ainsi que sur le bénéfice par action ajusté avant effets comptables liés à l’acquisition.
La clôture de l’opération est attendue au troisième trimestre 2027, sous réserve des conditions de clôture habituelles, notamment l’approbation des actionnaires de PTC et des autorités réglementaires compétentes.
Dans un autre domaine, fin septembre, Schneider Electric avait déjà conclu un accord avec le Bulgare Shelly Group et ses deux fondateurs en vue de lancer une offre publique d’acquisition volontaire, valorisant Shelly à 1,2 milliard d’euros. Cette acquisition permettrait à Schneider Electric d’intégrer les solutions IoT et la plateforme de gestion de l’énergie domestique de Shelly à son offre pour les bâtiments résidentiels, la rénovation et les petits bâtiments commerciaux. L’opération pourrait être finalisée au premier trimestre 2027.


