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La distribution électronique européenne bondit de 31,7%

La distribution électronique européenne bondit de 31,7%

Le marché européen de la distribution de composants électroniques a bondi de 31,7% sur un an au deuxième trimestre 2026, à 5 milliards d’euros. Les semi-conducteurs ont tiré cette croissance (+40,2%), portés par l’IA mais aussi par l’industrie et la défense, tandis que les composants IP&E ont progressé de près de 20%. Avec une progression globale de 24,8%, la France fait moins bien que la moyenne européenne.

Au deuxième trimestre 2026, le marché européen de la distribution de composants électroniques a enregistré une croissance annuelle encore plus forte qu’au premier trimestre puisqu’il a bondi de 31,7% par rapport au deuxième trimestre 2025 (la progression sur un an n’était « que » de 16,9% au premier trimestre 2026), pour atteindre 5 milliards d’euros, selon les données publiées par Dmass Europe, une organisation qui représente environ 88% du marché européen.

Malgré une croissance solide de 24,8% sur un an, la France a fait moins bien que la moyenne européenne (+31,7%) au deuxième trimestre 2026 – © Dmass Europe

Après le léger rebond (+4,2% sur un an) observé au troisième trimestre 2025, puis la progression plus franche (+9,8%) enregistrée au dernier trimestre 2025 et celle encore meilleure (+16,9%) du premier trimestre 2026, le marché européen de la distribution poursuit ainsi son redressement, après une longue série de huit trimestres consécutifs de baisse sur un an. En variation séquentielle, le rebond a toutefois tendance à se tasser puisque le marché trimestriel a augmenté de seulement de 8% au deuxième trimestre 2026 alors qu’il avait bondi de 22% au premier.

Le bond de 31,7% sur un an observé par Dmass au deuxième trimestre est le fruit d’une dynamique générale, les progressions les fortes étant à mettre au crédit d’Israël (+83,8% sur un an), de l’Irlande (+55,4%), de l’Autriche (+37,5%), de l’Allemagne (+36,3%), de la Suisse (+35,9%), des pays nordiques (+35,9%) et de la Turquie (+32,2%), des pays qui affichent tous des croissances supérieures à la moyenne européenne.
Comme au trimestre précédent, la France a affiché une croissance solide au deuxième trimestre mais inférieure à la moyenne européenne (+24,8% sur un an).

La France occupe le quatrième rang européen, dans un mouchoir de poche avec l’Italie et le Royaume-Uni, tous très loin derrière l’intouchable Allemagne dont le marché est presque équivalent à celui des trois autres pays réunis – © Dmass Europe

Du point de vue des produits, la forte croissance annuelle du deuxième trimestre reflète un rebond industriel plus généralisé au sein du secteur manufacturier européen, selon Dmass, qui constate que la demande des secteurs de l’automatisation, de l’énergie et des infrastructures est restée le principal moteur de croissance, soutenue par un regain d’investissements dans la modernisation numérique et industrielle. Le secteur de la mémoire s’est distingué par une croissance exceptionnelle (+189% sur un an), également tirée par les prix, reflétant à la fois les contraintes d’approvisionnement mondiales et la dynamique spéculative. Cependant, Dmass estime que d’autres secteurs ont commencé à montrer des signes précoces de resserrement et d’inflation des coûts, laissant présager que la phase d’expansion actuelle pourrait bientôt se heurter à des pressions sur les capacités et les prix, dues aux contraintes d’approvisionnement mondiales et à la dynamique spéculative.

Semi-conducteurs
Dans le détail, la croissance du deuxième trimestre 2026 a été portée par la distribution de semi-conducteurs en Europe qui a progressé de 40,2% en un an (voir tableau en bas de cet article), pour s’établir à 3,2 milliards d’euros, portée par une combinaison de facteurs tels que la hausse des prix, la reprise des investissements industriels et la forte demande des secteurs de l’aérospatiale, de la défense et des applications d’IA/cloud, note Dmass. Sur ce créneau des semi-conducteurs, les marchés les plus dynamiques ont été une nouvelle fois Israël (+105,7% sur un an) et l’Irlande (+84,4%). La région DACH a également enregistré de solides performances, avec l’Allemagne (+45,1%), la Suisse (+44,7%) et l’Autriche (+51,8%), tandis que certaines régions d’Europe du Sud, notamment l’Italie (+22,5%) et la péninsule Ibérique (+22,6%), ont connu des croissances plus modérées. Là encore, la France se situe dans une zone intermédiaire avec une progression de 35,1% sur un an.

Du côté des produits, la mémoire (+189%) a dominé la croissance, alimentée par les goulets d’étranglement des capacités mondiales et des hausses de prix désormais perceptibles dans la distribution européenne. Les composants discrets (+26,5%), les capteurs et actionneurs (+15%), les composants analogiques (+28,8%) et les composants de puissance (+13,4%) ont poursuivi leur expansion régulière, tandis que l’optoélectronique (+1,6%) et la logique standard (+8,2%) sont restés pénalisés par l’écoulement des stocks et un ralentissement des intégrations, selon Dmass

L’organisation estime que globalement, du côté des semi-conducteurs, les perspectives restent positives, soutenues par l’automatisation et les investissements publics dans l’indépendance technologique européenne, malgré les incertitudes géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et l’évolution des flux commerciaux.

Composants IP&E
La distribution européenne de biens d’équipement et de composants d’interconnexion, passifs et électromécaniques (IP&E) a atteint 1,8 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026, correspondant à une croissance de 19,3% sur un an (voir tableau en bas de cet article). Les plus fortes progressions ont été enregistrées en Israël (+41,9%), en Turquie (+27,1%) et dans les pays d’Europe de l’Est (+25,5%), tandis que l’Allemagne a affiché une croissance solide (+21%), légèrement au dessus de la moyenne européenne. À l’inverse de la tendance observée dans le secteur des semi-conducteurs, l’Irlande (+11,6%) se situe en bas de classement. Quant à la France, elle se situe, elle aussi, plutôt dans le bas du tableau (+13,5%), tout comme l’Italie (+12,1%).

Du côté des produits, le secteur des composants IP&E reflète plus fidèlement la demande industrielle réelle en Europe, selon Dmass, car il reste moins sensible à la spéculation sur les prix mondiaux et à la volatilité liée à l’IA. La croissance des composants passifs (+20,2%) et des composants électromécaniques (+18,8%) témoigne d’une expansion régulière tirée par les applications plutôt que par l’inflation. Dmass note toutefois une exception notable, celle des condensateurs tantale (+35,6%) pour lesquels les pénuries induites par l’IA commencent à impacter les prix et la disponibilité.

Mais globalement, Dmass estime que la distribution des composants IP&E confirme la solidité industrielle sous-jacente de l’Europe avec une reprise stable, tirée par la demande et façonnée par des besoins d’application réels.

© Dmass Europe

Face à ces tendances observées au deuxième trimestre 2026, Dmass se montre assez confiant dans l’avenir et les atouts de l’Europe, tout en restant prudent. « Le paysage mondial des semi-conducteurs évolue à une vitesse remarquable, avec une croissance extraordinaire enregistrée par le WSTS aux Etats-Unis, en Chine, et dans toute l’Asie, tandis qu’en Europe, la croissance la plus forte se concentre sur la mémoire, alimentée par de fortes hausses de prix et des commandes de stocks importantes, observe Hermann Reiter, président de Dmass Europe. Comparée aux essors observés dans les autres régions du monde, la croissance globale en Europe reste plus modérée. Toutefois, la nature transversale de l’électronique sur notre continent laisse entrevoir une accélération de la demande industrielle de manière plus stable et durable. Notre force réside dans l’alliance de la solide expertise européenne en matière d’applications industrielles et des nouveaux cas d’usage basés sur l’IA. Nous restons prudemment optimistes, conscients que les tensions internationales et la volatilité des marchés exigent une vigilance accrue pour nous guider dans cet environnement en constante évolution. »

Le contexte géopolitique constitue d’ailleurs clairement un point d’inquiétude pour Dmass. « Le deuxième trimestre a encore renforcé la dynamique positive amorcée au premier trimestre, mais il faut tenir compte du contexte géopolitique : Orgalim avertit explicitement que la montée des tensions, en particulier le conflit iranien et son impact potentiel sur les infrastructures énergétiques européennes, fait peser un risque sérieux de chocs externes », conclut Hermann Reiter.

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