Arago s’allie à Synopsys pour peaufiner ses processeurs photoniques IA frugaux
La start-up française Arago, première à produire une puce IA hybride numérique-photonique en silicium standard peu gourmande en énergie, s’appuie sur l’IP de Synopsys pour repousser les limites physiques du calcul IA et tenter de concurrencer les processeurs graphiques standard très énergivores.
L’éditeur américain d’outils de CAO électronique Synopsys et la start-up parisienne Arago viennent d’annoncer un partenariat stratégique visant à développer une nouvelle classe de processeurs d’inférence IA beaucoup moins énergivores que les processeurs graphiques conventionnels. Synopsys intervient comme fournisseur de propriété intellectuelle, mettant son portefeuille d’IP avancée au service de la feuille de route d’Arago pour ses processeurs IA hybrides numériques-photoniques de nouvelle génération, qui exploitent un procédé silicium standard.
Début avril, Arago avait franchi une étape importante en réussissant la production de sa première puce IA hybride numérique-photonique en silicium standard, en partenariat avec Cadence et le fondeur GlobalFoundries. En fusionnant traitement numérique et optique, la start-up affirme surmonter les limites thermodynamiques qui brident aujourd’hui les processeurs IA les plus puissants. « Lorsqu’il s’agit de manipuler des données à une échelle énorme, la lumière l’emporte », souligne Arago.

La conviction fondatrice d’Arago est qu’en 2030, l’IA sera omniprésente dans chaque industrie et chaque emploi. C’est l’infrastructure nécessaire à cette transition que la start-up entend construire, en ciblant notamment l’ère de l’IA agentique. Arago précise qu’en parallèle de son partenariat avec Synopsys, elle va poursuivre ses travaux avec Cadence et GlobalFoundries.
Rappelons que la start-up parisienne a développé un processeur hybride numérique-photonique en silicium standard spécifiquement dédié aux applications d’IA et offrant une consommation énergétique réduite d’au moins un facteur dix comparée à celle des processeurs graphiques conventionnels, s’attelant ainsi à une problématique de plus en plus prégnante de l’IA, à savoir la grande consommation énergétique des puissants GPU utilisés dans les centres de données dédiés.
Connue sous le nom de code JEF, la puce hybride d’Arago exploite une technologie laser pour commuter les signaux, plutôt que des transistors, ce qui serait à l’origine de la très faible consommation du dispositif. Selon la jeune entreprise, les premiers résultats démontrent que JEF est capable d’exécuter des modèles d’IA issus de frameworks logiciels standard, tout en restant 100% compatible avec l’écosystème d’IA, les infrastructures de calcul et les procédés de fabrication existants, contournant ainsi les obstacles techniques qui ont historiquement limité les performances des processeurs photoniques et alternatifs aux GPU.
Une innovation qui n’a pas tardé à convaincre les investisseurs, la start-up parisienne ayant réussi la prouesse de lever 26 millions de dollars (un peu plus de 22 M€) dès juillet 2025, soit à peine plus d’un an après sa création, lors d’un tour d’amorçage mené par les sociétés d’investissement Earlybird, Protagonist et Visionaries Tomorrow, avec la participation de Generative IQ et de C4 Ventures, entre autres. Le tour de table a également rassemblé des investisseurs dans les secteurs du semiconducteur, de l’IA et des logiciels, parmi lesquels Bertrand Serlet (ancien vice-président d’Apple et cofondateur de Fungible), Christophe Frey (directeur général d’Arm), Olivier Pomel (cofondateur de Datadog), Thomas Wolf (cofondateur de Hugging Face) ou encore Jack Abraham (cofondateur d’Exowatt).


