[Mise à jour 2/12/2019] : Le Conseil de l’Agence spatiale européenne, réuni à Séville (Espagne) à l’occasion de sa session ministérielle Space19+, a entériné un plan d’une ampleur inédite pour l’avenir de l’ESA et de l’ensemble du secteur spatial européen. Les programmes s’articulent autour de quatre grands piliers : explorer & découvrir, surveillance & protection, connecter & bénéficier, concevoir & exploiter.

Un budget total de 14,4 milliards d’euros a ainsi été adopté par les 22 États membres de l’ESA pour les 3 prochaines années. Cela représente 4 milliards d’euros de plus que lors de la précédente conférence ministérielle de 2016. Pour la première fois, l’Allemagne prend la tête des contributions avec un financement de 3294 millions d’euros, soit 22,9% du budget total alloué à l’ESA. Elle précède la France (2664 M€, soit 18,5% du total), l’Italie (2282 M€, soit 15,9% du total) et le Royaume-Uni (1655 M€, soit 11,5% du total).

Les États membres de l’ESA ont été invités à approuver un vaste ensemble de programmes servant les ambitions suivantes : garantir, pour les années 2020, l’autonomie de l’Europe en matière d’accès à l’espace et d’utilisation de ce dernier, stimuler la croissance de l’économie spatiale européenne, et faire des découvertes décisives pour notre connaissance de la Terre, de notre système solaire et de l’univers. Sans oublier un enjeu essentiel : intensifier les efforts déjà entrepris pour assurer la sécurité et la protection de notre planète.

L’Agence spatiale européenne permettra aux entreprises innovantes et aux gouvernements des États membres de tirer parti de l’exploitation commerciale de l’espace, et favorisera ainsi la compétitivité de l’Europe dans le contexte du NewSpace. Elle développera les premiers systèmes satellitaires entièrement flexibles, conçus pour être intégrés dans les réseaux 5G, ainsi que des technologies optiques de prochaine génération, destinées au réseau communément appelé « fibre optique de l’espace ». Plus de 1,5 milliard d’euros seront ainsi engagés sur des activités de télécommunications, permettant par exemple le déploiement de la 5G ou la communication optique avec les satellites. Ces innovations pourraient marquer un tournant dans le secteur des télécommunications par satellite. En mettant ces technologies au service de la navigation, l’Agence commencera à mettre au point des systèmes de navigation destinés à l’exploration de la Lune. Le programme NAVISP aura quant à lui un effet plus direct sur nos vies quotidiennes, puisqu’il cofinancera des projets d’applications commerciales utilisant des technologies de navigation.

Pour la première fois depuis 25 ans, une augmentation budgétaire significative a été accordée au programme scientifique. L’ESA pourra ainsi mettre en orbite LISA, le premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, mener à bien la mission Athena – qui consistera notamment à étudier les trous noirs – et faire avancer considérablement notre compréhension des phénomènes physiques fondamentaux de l’Univers. Les États ont également investi dans la préparation des missions à venir, en allouant des financements supplémentaires conséquents aux activités de recherche et développement, ainsi qu’aux laboratoires de l’ESA.

Aux côtés de ses partenaires internationaux, l’Europe continuera à repousser les frontières de l’exploration spatiale, en maintenant sa participation aux activités de la Station spatiale internationale jusqu’en 2030, et en mettant au point des modules de transport et d’habitation cruciaux pour le Gateway, projet inédit de station orbitale lunaire. Les astronautes de l’ESA recrutés en 2009 continueront à être affectés à des missions jusqu’à ce qu’ils aient tous effectué un deuxième séjour dans l’espace ; en parallèle, la procédure de recrutement d’une nouvelle promotion sera lancée, en vue de la poursuite des activités européennes d’exploration en orbite terrestre basse et au-delà. Des astronautes européens s’envoleront à destination de la Lune pour la première fois, et les ministres ont confirmé la participation de l’Europe à une mission pionnière de retour d’échantillons martiens, en coopération avec la NASA.

Dans le domaine du transport spatial, les ministres ont veillé à ce que la transition avec la prochaine génération de lanceurs – Ariane 6 et Vega C – se fasse sans heurts, et ont donné leur feu vert à la poursuite du projet Space Rider, qui dotera l’Europe d’un véhicule spatial réutilisable.

Les États membres de l’ESA se sont engagés en faveur d’une utilisation responsable de l’environnement, sur notre planète comme dans l’espace. Dans le domaine de l’observation de la Terre, l’ESA confortera sa position de chef de file mondial en mettant en œuvre 11 nouvelles missions, portant notamment sur des thèmes liés au changement climatique, à l’Arctique et à l’Afrique.

Parmi les grands enjeux de la Space19+, on citera également l’adoption d’un nouveau programme consacré à la sécurité spatiale, ce thème devenant ainsi l’un des principaux axes des activités de l’Agence. Les projets correspondants viseront à conserver un environnement spatial opérationnel – en éliminant des débris dangereux et en automatisant le contrôle du trafic spatial – et à mettre en place un système d’alerte précoce et de prévention des dégâts que pourraient causer sur Terre des astéroïdes, des éruptions solaires ou d’autres phénomènes d’origine spatiale. La mission Hera, qui sera menée en collaboration avec la NASA, permettra d’expérimenter une technologie de déviation d’astéroïde. Les États ont également confirmé leur volonté d’investir dans la cyberrésilience et la formation dans le domaine de la cybersécurité.

Pour consulter la liste des décisions de la Space19+ ainsi que les montants exacts des contributions de chaque État membre, cliquer sur les liens suivants : Résolution 1, Résolution 2, Résolution 3

L’Agence spatiale européenne (ESA) est une organisation intergouvernementale créée en 1975, dont la mission consiste à œuvrer au développement des capacités spatiales de l’Europe en veillant à ce que les investissements dans le secteur spatial bénéficient aux citoyens européens et du monde entier.

L’ESA compte vingt-deux États membres : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse, et 20 sont des États membres de l’UE.