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La France dédie 8 milliards d’euros pour soutenir les PIEEC

La France dédie 8 milliards d’euros pour soutenir les PIEEC
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La France veut accélérer le lancement de quatre projets importants d’intérêt européen commun (PIEEC) durant sa présidence du Conseil de l’Union européenne. L’Etat dédie 8 milliards d’euros pour soutenir les PIEEC : environ 1,7 milliards d’euros pour le PIEEC électronique (le 2e PIIEC électronique est en cours de finalisation), 3 milliards pour le plan hydrogène ; 1,5 milliard pour le PIIEC batteries ; 1,5 milliard pour la santé et 300 millions pour le PIIEC consacré au cloud.

Ces montants ont été communiqués à l’occasion de la conférence « Une industrie plus forte pour une Europe plus autonome », qui s’est tenue jeudi dernier à Bercy, un évènement organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne.

La Commission européenne a identifié l’existence de dépendances et vulnérabilités stratégiques dans 14 domaines ou écosystèmes vitaux pour l’avenir de l’Union européenne, parmi lesquels figurent l’aéronautique et la défense, l’électronique, la mobilité et les transports, les industries intensives en énergie et les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, la santé ou encore les industries numériques.

Pour relever ces défis industriels et rendre l’Europe plus innovante et verte, l’Union européenne dispose d’une forme de coopération industrielle : le projet important d’intérêt européen commun (PIIEC). Un PIIEC est un projet de dimension importante, cofinancé par plusieurs Etats membres, qui peut concerner tous les secteurs d’activité. L’objectif des PIIEC consiste donc en la mise en commun de ressources publiques et la mobilisation d’investissements privés afin d’être plus efficace ensemble à l’échelle européenne. Les pays membres agissent de façon coordonnée en rassemblant leurs moyens.

Dès 2019, et sous l’impulsion notamment de la France et de l’Allemagne, l’UE s’était engagée dans la construction d’alliances industrielles dans deux secteurs : la microélectronique et les batteries. Il s’agit désormais d’accélérer le travail engagé et de finaliser en 2022 de nouvelles coopérations dans les secteurs les plus stratégiques : cloud, hydrogène, santé et électronique/connectivité.

« Nous avons déjà lancé le PIIEC sur les batteries électriques. Le deuxième PIIEC qui a déjà été adopté, c’est le PIIEC Nano 2022. Suivront, durant la présidence française, quatre PIIEC. Le premier, c’est l’hydrogène. L’Allemagne a consacré 9 milliards d’euros, la France, plus de 7 milliards d’euros. Des dizaines de projets sont en jeu. Ensuite nous avons le Cloud. Nous avons un projet de cloud souverain qui doit faire l’objet d’un PIIEC. Le troisième est à la fois stratégique, complexe et représente un enjeu financier considérable, c’est celui portant sur l’électronique et les semiconducteurs. Notre objectif est double. Il s’agit à la fois de continuer à avancer dans la recherche pour maîtriser les semiconducteurs à la gravure la plus fine possible et c’est en même temps développer les capacités dont ont besoin nos industriels. Chacun sait bien par exemple que la mise au ralenti d’un certain nombre d’usines automobiles en France et dans le reste de l’Europe tient à une seule chose, le manque de semiconducteurs. Donc, la bataille des semiconducteurs, elle est lancée. Nous voulons que l’Europe la gagne, et pour qu’elle la gagne, il y a ce PIIEC sur les semi-conducteurs qui doit à la fois résoudre le problème de capacité et le problème de taille de gravure. Enfin, le dernier, je le cite en dernier parce qu’il reste encore pas mal de travail sur le sujet, c’est le PIIEC sur la santé qui doit donner accès à des biotechnologies de pointe et sur lequel il reste encore un peu de travail », a déclaré Bruno Le Maire.

La microélectronique, premier PIIEC validé en 2018

Objectif du PIIEC : préparer, pour l’horizon 2022, de nouvelles générations de composants électroniques (composants économes en énergie, composants de puissance, capteurs intelligents, équipements de production et circuits en matériaux composites), permettant notamment de répondre aux besoins des marchés de l’automobile, des communications 5G, des objets connectés et de l’intelligence artificielle embarquée, de l’aérospatial et de la sécurité.

Participants : France (plan Nano 2022), Allemagne, Italie et Royaume-Uni au démarrage, rejoints ensuite par l’Autriche. En France, ce PIIEC associe 6 entreprises cheffes de file, dont STMicroelectronics, Soitec et Lynred dans la région de Grenoble, et près d’une centaine de partenaires, industriels de la filière et instituts de recherche avancée comme le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA).

Budget : pour le programme Nano 2022, qui est la composante française de ce PIIEC avec un champ couvert plus important, l’Etat français mobilise au total environ 886,5 M€ d’aide pour une assiette de travaux et d’investissements de 5 milliards d’euros, avec un cofinancement attendu de la part des collectivités territoriales et de l’Union européenne à une hauteur d’environ de 230 M€.

Emplois : les retombées attendues en termes d’emploi sur le territoire français sont de l’ordre de 4000 emplois direct maintenus ou créés (ainsi que 8 000 emplois indirects et induits potentiels).

L’électronique et la connectivité, 2e PIIEC en cours de finalisation

Objectifs :

– Permettre le développement de technologies et de capacités industrielles européennes innovantes et avancées pour renforcer notre autonomie par rapport aux acteurs américains et asiatiques, s’agissant de l’électroniques et des équipements télécoms 5G/6G.

– Les projets soutenus par le PIIEC viseront le développement de composants de calcul embarqué très basse-consommation, notamment pour les applications liées à l’intelligence artificielle, les technologies de l’électronique de puissance indispensables à la décarbonation des transports et présentes dans les éoliennes, les technologies de communications pour la 5G et la 6G.

Participants : le PIIEC est porté par une vingtaine d’Etats membres.

Budget : le potentiel d’investissements privés en France est d’environ une dizaine de milliards d’euros pour le développement de nouvelles usines sur le territoire français, et un potentiel de création de plusieurs milliers d’emplois directs supplémentaires en France.

Les autre PIIEC

Les batteries

Objectif du PIIEC : développer l’innovation et accélérer l’industrialisation dans tous les segments du processus de fabrication des batteries : matières premières, cellules, systèmes de batteries, recyclage. (

Participants : Allemagne, Italie, France, Pologne, Croatie, Belgique, Slovaquie, Suède, Autriche, Grèce, Finlande, Espagne) et 59 entreprises européennes.

Budget : un financement public au niveau européen d’environ 6 milliards d’euros, dont 1,1 milliard de la France

Emplois : ce PIIEC génère des emplois dans toute la France, notamment à Douvrin (2000 personnes) et Nersac, mais aussi à Bruges, Tavaux, La Rochelle, Pierre-Bénite, Mont et Notre-Dame-de-Briançon.

Exemple concret : création de la co-entreprise « ACC » (Automative Cell Company), visant à produire de nouvelles générations de batteries pour le secteur de l’automobile. Son centre de R&D près de Bordeaux est opérationnel depuis fin septembre et les premières batteries devraient être produites dans l’usine pilote de Nersac d’ici la fin de l’année. A Douvrin, les travaux de construction de l’usine de production commenceront au début de l’année 2022 pour viser une production en série à partir de novembre 2023.

L’hydrogène

Objectif du PIIEC : Développer les technologies de l’hydrogène qui permettront de faciliter la transition vers une économie bas carbone, en finançant :

– des projets de développement et de production d’électrolyseurs et d’équipements pour la mobilité hydrogène (réservoirs, piles à combustibles, etc), complémentaire à la mobilité électrique

– des projets de décarbonation de l’industrie par l’hydrogène produit par électrolyse.

Participants : ce PIIEC est à l’initiative de 22 Etats membres de l’UE, plus la Norvège. Plusieurs PIIEC hydrogène sont aujourd’hui en cours de constitution. Près de 120 projets – dont 15 français – ont été transmis à la Commission européenne à l’été 2021.

Budget : la France a déjà confirmé un soutien de 1,6 Md€ pour développer les projets nationaux dans le cadre du plan France relance. Une part importante des 1,9 Md€ prévus dans France 2030 pour le soutien au développement de l’hydrogène décarboné sera par ailleurs dédiée au financement des projets nationaux retenus au PIIEC.

Le « cloud » et le « edge » computing »

Enjeu : Le « cloud » et le « edge computing » sont deux domaines technologiques complémentaires. Le « cloud » consiste à traiter des données de manière centralisée dans des « data centers », et ce marché est dominé par quelques grands fournisseurs (« hyperscalers »). Le « edge », moins mature technologiquement mais en plein développement, consiste à traiter les données de manière décentralisée au plus proche des usagers, et n’est dominé par aucun acteur.

Aucune innovation reposant sur le numérique ne se fera sans recourir à des services cloud ou edge. La maîtrise par l’Europe de ces deux domaines est indispensable pour espérer développer les innovations technologiques de demain dans de nombreux secteurs (smart city, industrie 4.0, véhicules connectés, etc).

Objectifs du PIIEC :

– Développer les infrastructures et services sur l’ensemble de la chaîne de valeur du cloud à l’edge nécessaires pour la mise en oeuvre d’usages innovants dans de nombreux secteurs : usines automatisées, véhicule connectés, « jumeaux » numériques (répliques numériques d’un objet ou d’un processus), etc. ;

– Sur la partie « cloud », doter l’Union de services innovants limitant la dépendance aux acteurs extra européens ;

– Sur la partie « edge », faire émerger les leaders de demain, sur un marché promis à une forte croissance sans acteur dominant à l’heure actuelle ;

Budget : Ce projet s’inscrit, pour la France, dans le cadre de la stratégie d’accélération nationale pour le Cloud qui mobilise un budget total de 1,5 milliard d’euros, dont 300 M€ dédiés au financement des projets français du PIIEC.

Participants : 12 Etats membres (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Slovénie, Belgique, Luxembourg, Lettonie, Pologne, Hongrie, République Tchèque)

Calendrier : La finalisation de ce PIIEC est prévue pour le premier semestre 2022 avec le lancement de premiers projets au second semestre.

La santé

Objectifs du PIIEC :

– Renforcer la souveraineté sanitaire européenne en répondant à nos vulnérabilités, en relocalisant par exemple en Europe la production de certains principes actifs stratégiques, aujourd’hui majoritairement produits en Asie ;

– Améliorer la qualité des soins via le déploiement d’avancées médicales majeures, en investissant dans les innovations en santé (les biothérapies, médicaments clés de demain produits à partir du vivant ; une médecine de précision, qui améliore le traitement et le bien-être du patient ; des dispositifs médicaux connectés ; ou encore des traitements innovants contre le cancer) ;

– Contribuer à mieux préparer les crises sanitaires, en construisant des usines modulaires qui peuvent s’adapter et répondre rapidement à une demande urgente en cas de crise.

Le PIIEC santé favorisera en outre la création d’emplois sur le sol européen, le verdissement des procédés de production et la diffusion des connaissances dans le domaine de la santé.

Participants : la liste des pays (et entreprises) participant au futur PIIEC Santé est en cours d’élaboration, autour d’un groupe composé de la Belgique, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Italie, de la Hongrie, de la République Tchèque, de l’Autriche et de la France qui seront bientôt rejoints par la Roumanie, l’Irlande et de le Danemark.

Budget : La France a annoncé un budget de 1,5 milliard d’euros pour ce PIIEC.

 

 

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