La société SiPearl, dont l’ambition est de permettre à l’Europe d’assurer sa souveraineté technologique dans les microprocesseurs haute performance, entre en phase opérationnelle. Elle devient le 27e membre du consortium de l’European Processor Initiative (EPI) aux côtés d’instituts de recherche, d’universités, de centres de supercalcul ainsi que de grands noms de l’informatique, l’électronique et l’automobile.

Implantée à Maisons-Laffitte, SiPearl compte donner vie à leur projet commun en développant et commercialisant la prochaine génération de microprocesseurs à forte puissance de calcul et basse consommation. En équipant notamment le futur supercalculateur exascale1 européen, l’offre de SiPearl est destinée à favoriser l’essor du marché européen du calcul haute performance (High Performance Computing, HPC) ainsi que de ses applications stratégiques comme l’intelligence artificielle et la mobilité connectée.

Le calcul haute performance est une branche de l’informatique consacrée à des modélisations scientifiques et d’ingénierie ainsi qu’à des tâches de simulation qui exigent des ressources si importantes que les calculs ne peuvent pas être effectués avec des ordinateurs à usage général, mais avec des supercalculateurs. Le calcul haute performance est crucial pour relever des défis stratégiques dont le nombre et la complexité ne cessent de croître. Historiquement utilisé pour la recherche, les prévisions météorologiques, la prospection pétrolière et gazière, la défense, la chimie, la finance…, il est devenu incontournable pour accompagner le déploiement de l’intelligence artificielle, la mobilité connectée, les villes intelligentes, la bio-ingénierie, la cybersécurité, la médecine personnalisée…

Or, pour le traitement des données de ces secteurs stratégiques, l’Europe a deux handicaps majeurs, souligne SiPearl. Elle est dépendante de technologies non-européennes. Ainsi, alors qu’elle consomme plus du tiers des ressources mondiales en calcul haute performance, l’Europe en produit moins de 5% et aucun des microprocesseurs qui équipent ses supercalculateurs n’est d’origine européenne. De plus, les capacités de ses installations sont largement dépassées par celles des Etats-Unis et de la Chine. N°6 du classement mondial, le supercalculateur le plus puissant d’Europe serait 7 fois moins performant et son efficacité énergétique 2 fois moindre que le n°1 mondial – le supercalculateur d’Oak Ridge dans le Tennessee -.

Pour gagner son indépendance et son leadership sur le marché mondial du calcul haute performance, l’Union Européenne a réagi en lançant en 2017 deux initiatives de grande ampleur. Tandis que l’entreprise commune EuroHPC a pour objectif de déployer une infrastructure européenne de calcul haute performance d’envergure mondiale, le consortium EPI a été sélectionné pour établir, maintenir et encadrer la feuille de route du développement en Europe d’une gamme de microprocesseurs à forte puissance de calcul et basse consommation destinés notamment à équiper les supercalculateurs.

C’est dans le cadre du consortium EPI, avec l’appui de ses membres, qui sont ses parties prenantes et potentiels utilisateurs, et le soutien de l’Europe que SiPearl a été créée en juin 2019 par Philippe Notton pour développer et mettre sur le marché l’offre de microprocesseurs définie par la feuille de route commune.

« En apportant grande puissance de calcul, efficacité énergétique et sécurité sans faille, l’offre que nous développons avec l’appui des membres de l’EPI permettra à l’Europe d’acquérir son indépendance et, mieux, d’assurer sa souveraineté technologique sur le marché du calcul haute performance qui est devenu une des clés de la croissance économique », promet Philippe Notton, président de SiPearl.

Les microprocesseurs que compte développer SiPearl seront destinés à amener le calcul haute performance vers l’exascale, à équiper la première plateforme d’accélération ouverte permettant aux start-up de l’intelligence artificielle de développer leurs solutions propriétaires avec des coûts de licence limités et à favoriser le déploiement de la mobilité connectée grâce au traitement sécurisé de bout en bout des données à la périphérie du réseau, depuis le véhicule vers la smart city en passant par le cloud.

Au cours de sa carrière, Philippe Notton (49 ans) a développé de solides compétences dans les domaines du multimédia, des semiconducteurs et de la sécurité. Partant de zéro, il a amené la division décodeurs du taiwanais MStar Semiconductor au 3e rang mondial, créant ainsi le numéro un asiatique des semiconducteurs pour la télévision payante. En 2017, après avoir dirigé la division grand public de STMicroelectronics, il avait rejoint le groupe Atos pour monter le consortium de l’European Processor Initiative.

Pour diriger SiPearl, Philippe Notton s’entoure d’une équipe de professionnels aux compétences complémentaires dans les domaines du calcul haute performance, de la recherche & développement, de la conception de puces et de l’architecture informatique, notamment. Des nominations structurantes seront annoncées dans les prochaines semaines.

Les membres du consortium EPI sont : Atos, Barcelona Supercomputing Center, BMW Group, le CEA, Chalmers, Cineca, E4 Computer Engineering, Elektrobit, ETH Zürich, Extoll, FORTH, Fraunhofer ITWM, Genci, Infineon Technologies, Jülich, Kalray, KIT, Menta, Prove & Run, Semidynamics Technology Services, SiPearl, ST Microelectronics, SURFsara, Technico Lisboa, Università di Bologna, Università di Pisa, University of Zagreb.

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