Révélée ce matin par le Nikkei, l’information est capitale pour Huawei si elle est confirmée par TSMC : le premier fondeur mondial n’acceptera plus de nouvelles commandes de la part du géant chinois pour se mettre en conformité avec la loi américaine.

TSMC semble avoir choisi son camp et a suspendu les nouvelles commandes de Huawei Technologies en réponse aux contrôles à l’exportation plus stricts des États-Unis visant à limiter encore plus l’accès de la société chinoise aux fournitures cruciales de puces, ont déclaré plusieurs sources au Nikkei Asian Review.

Cette décision fait suite après l’annonce vendredi d’un durcissement des règles à l’exportation concernant les technologies américaines. « La règle élargie d’aujourd’hui permet d’empêcher Huawei de saper les contrôles à l’exportation des États-Unis, de combler une faille qui a permis à l’entreprise d’exploiter la technologie américaine et de menacer notre sécurité nationale. Elle impose également des restrictions de contrôle des exportations américaines aux pays qui utilisent la technologie ou les logiciels américains pour concevoir et produire des semiconducteurs pour Huawei. Les entreprises souhaitant vendre à Huawei certains articles fabriqués avec la technologie américaine doivent désormais obtenir une licence des États-Unis », a souligné expressément vendredi dans une déclaration à la presse le Secrétaire d’Etat américain Michael R. Pompeo.

En clair, TSMC, qui utilise des machines américaines dans ses usines de semiconducteurs aurait été obligé de demander une autorisation aux Etats-Unis pour continuer à produire des puces pour Huawei. Cette décision américaine est intervenue également le même jour où TSMC a officialisé la construction d’une fab 5 nm de 12 milliards de dollars dans l’Arizona.

Pour autant, la décision de TSMC -si le fondeur la confirme- est douloureuse : Huawei, via sa filiale HiSilicon, est le 2e client de TSMC derrière Apple. Selon IC Insights, HiSilicon a représenté 14% des ventes de TSMC en 2019, contre 5% en 2017. Seul Apple fait mieux, représentant 23% des ventes du fondeur taïwanais l’an passé.

Mais la Chine ne va pas en rester là. Selon le Nikkei, le ministère chinois du Commerce a déclaré qu’il s’opposait fermement au renforcement des contrôles à l’exportation des États-Unis et a déclaré que ces restrictions constituent une menace énorme pour la chaîne d’approvisionnement mondiale. Il a exigé que Washington annule les nouvelles restrictions et a averti que la Chine prendrait les contre-mesures nécessaires dans le cas contraire. A suivre donc…

Voir l’article du Nikkei Asian Review