Séoul prêt à tout pour éviter la grève chez Samsung
Face à une menace de débrayage de 18 jours impliquant potentiellement 50 000 salariés, le gouvernement sud-coréen envisage un arbitrage d’urgence, une procédure rarissime dans le pays.
Depuis quelques semaines, un conflit social oppose la direction de Samsung Electronics à son principal syndicat de salariés, concernant les primes de performance perçues par le personnel. Ce week-end, le conflit a pris une dimension nationale puisque, selon la presse coréenne, le Premier ministre du pays, Kim Min-seok, a déclaré que Séoul explore « toutes les options », y compris un arbitrage d’urgence, afin de régler le litige et d’éviter une grève susceptible d’ébranler non seulement l’économie coréenne, mais également les chaînes mondiales d’approvisionnement en semi-conducteurs.

© Samsung
Reprises sous médiation gouvernementale après plusieurs jours d’impasse, les négociations salariales concernent les primes et la rémunération liées aux performances du groupe. En l’absence d’accord, le syndicat menace de déclencher un mouvement de 18 jours à partir du 21 mai, auquel plus de 50 000 salariés pourraient se joindre, selon la presse coréenne.
L’enjeu dépasse largement les murs de l’entreprise. Samsung représente environ 22,8% des exportations sud-coréennes et près de 26% de la capitalisation boursière nationale. Selon le Premier ministre coréen, une seule journée d’arrêt dans les usines de semi-conducteurs de Samsung pourrait engendrer jusqu’à 1000 milliards de wons de pertes directes, soit environ 667 millions de dollars, sans compter les répercussions potentielles sur le marché mondial des puces et de l’IA.
Extrêmement rare en Corée du Sud, la procédure d’arbitrage d’urgence envisagée permettrait au ministère du Travail de suspendre tout mouvement de grève pendant 30 jours si l’économie nationale est jugée menacée. De son côté, le syndicat a signifié qu’il ne céderait pas aux pressions et maintient l’intégralité de ses revendications.


