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La reprise est là pour la sous-traitance européenne mais…

La reprise est là pour la sous-traitance européenne mais…

Le marché européen de la sous-traitance électronique montre des signes d’amélioration, avec 8,9 Md€ de chiffre d’affaires attendus en 2026 et un book-to-bill de 1,21. Mais la reprise reste très contrastée selon les marchés finaux et la visibilité sur la demande demeure limitée.

Les acteurs européens de la sous-traitance électronique entrevoient une amélioration de leur activité, mais cette reprise reste contrastée. Tel est le principal enseignement de la deuxième session de l’Electronics Day EMS Europe, un événement organisé par la Global Electronics Association (GEA) qui s’est déroulé le 17 septembre dernier à Paris.

Cette session intitulée « Défis et incertitudes du marché pour l’industrie européenne des sous-traitants électroniques » a été ouverte par Christoph Solka, directeur Industry Intelligence de la GEA, avant la tenue d’une table ronde à laquelle ont participé Bo Lybaek, Pdg de GPV International, Nicolas Denis, directeur général d’Asteelflash, Bruno Picquart, président d’Agon Electronics, et Arnaud Lesschaeve, directeur général délégué de Lacroix Electronics.

© Global Electronics Association (GEA)

Présentés lors de cette deuxième session, les chiffres de la Global Electronics Association anticipent un chiffre d’affaires d’environ 8,9 milliards d’euros en 2026 pour les entreprises européennes de la sous-traitance électronique couvertes par l’étude, soit une croissance de 7,2% par rapport à l’an passé. Cela alors que la croissance n’a atteint que 0,3% en glissement annuel au premier semestre 2026. Mais avec un book-to-bill (rapport des prises de commandes sur les facturations) qui atteint 1,21, le second semestre s’annonce en effet prometteur.

Ces perspectives rassurantes masquent toutefois de fortes disparités selon les marchés finaux. Les centres de données, l’aérospatiale et la défense bénéficient en effet d’une activité plus soutenue, tandis que d’autres secteurs restent confrontés à une demande plus difficile. Les intervenants de la table ronde ont également souligné la nécessité de distinguer l’évolution du chiffre d’affaires de celle des volumes réellement produits. La hausse des prix des composants peut en effet gonfler le chiffre d’affaires exprimé en euros sans pour autant entraîner une progression équivalente de la production ou des marges.

La visibilité sur les commandes constitue une autre source d’incertitude. Les sous-traitants doivent notamment déterminer dans quelle mesure les commandes enregistrées correspondent à une demande réelle effective ou bien à des achats de précaution destinés à sécuriser les approvisionnements. Cette distinction devient d’autant plus importante avec le retour de tensions sur certains segments, qui pourrait créer de nouveaux déséquilibres dans la chaîne d’approvisionnement.

A l’inverse, l’intelligence artificielle et les besoins des hyperscalers apparaissent comme des moteurs de croissance. Le débat a toutefois souligné un potentiel double effet contradictoire : d’un côté, la dynamique dans ces domaines peut soutenir l’activité des sous-traitants mais, de l’autre, elle peut accentuer les tensions sur certaines ressources et capacités de la chaîne électronique. Quoi qu’il en soit, dans ce domaine, les opportunités existent pour l’Europe et ne se limitent pas à la fabrication de serveurs. Elles concernent également les infrastructures associées, notamment l’alimentation énergétique et les systèmes de refroidissement.

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