Même si la reprise du trafic aérien est plus lente que prévu, Airbus estime être parvenu au troisième trimestre à la convergence de la production et des livraisons. Le groupe aéronautique a dégagé un flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements-clients positif de 0,6 milliard d’euros et vise un montant au moins à l’équilibre au 4e trimestre en l’absence de nouvelles perturbations de l’économie mondiale et du trafic aérien. Ce qui n’est pas certain dans le contexte actuel.

« Au terme des neuf premiers mois de l’année, nous percevons les progrès réalisés dans l’adaptation de nos activités au nouveau contexte de marché lié au Covid-19. Malgré une reprise plus lente que prévu du trafic aérien, nous avons ajusté notre production d’avions commerciaux aux livraisons au cours du troisième trimestre et stoppé nos dépenses de trésorerie conformément à nos objectifs. Par ailleurs, la provision pour restructuration montre que les discussions avec nos partenaires sociaux et autres parties prenantes ont bien progressé. Notre capacité à stabiliser le flux de trésorerie au troisième trimestre nous encourage à publier des prévisions de flux de trésorerie disponible pour le quatrième trimestre », a commenté Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus.

Les prévisions 2020 ont été annulées en mars. Compte tenu de l’impact persistant du Covid-19 sur l’activité et des risques associés, aucune prévision n’est avancée concernant les livraisons d’avions commerciaux ou l’EBIT pour 2020.

Au cours des neuf premiers mois, le chiffre d’affaires d’Airbus a chuté de 35%, à 30,2 milliards d’euros, reflétant le contexte de marché difficile qui impacte l’activité Avions commerciaux, avec environ 40% de livraisons en moins par rapport à l’année dernière à la même époque. Airbus a livré un total de 341 avions commerciaux (à comparer à 571 avions sur les 9 premiers mois de 2019), dont 18 A220, 282 avions de la Famille A320, 9 A330 et 32 A350. Au cours du troisième trimestre 2020, Airbus a livré 145 avions commerciaux, dont 57 en septembre. Airbus Helicopters a enregistré un chiffre d’affaires globalement stable, la baisse des livraisons à 169 unités (209 unités sur 9 mois en 2019) étant partiellement compensée par la croissance des services. Le chiffre d’affaires d’Airbus Defence and Space a reculé de 10%, à 6,9 milliards d’euros reflète essentiellement la baisse d’activité de Space Systems et de l’A400M, ainsi que l’impact du Covid-19 sur l’évolution commerciale.

Au cours de 9 premiers mois, Airbus a enregistré 300 commandes nettes d’avions commerciaux (127 avions sur neuf mois en 2019), portant le carnet de commandes à 7441 avions commerciaux au 30 septembre 2020. Airbus Helicopters a enregistré 143 commandes nettes (à comparer à 173 unités sur neuf mois en 2019), dont 8 H160 et 1 H215 durant le troisième trimestre. Les prises de commandes d’Airbus Defence and Space ont augmenté à 8,2 milliards d’euros, avec la commande d’un A330 MRTT supplémentaire ainsi que des contrats de satellites de télécommunication au troisième trimestre.

L’EBIT ajusté de l’ensemble du groupe s’établit à -125 millions d’euros (9m 2019 : 4133 millions d’euros). Pour l’activité avions commerciaux d’Airbus, l’EBIT ajusté de -641 millions d’euros (9m 2019 : 3593 millions d’euros) reflète essentiellement la baisse des livraisons d’avions commerciaux et de l’efficacité économique. Il comprend en outre une charge de -1,0 milliard d’euros liée au Covid-19. Les mesures nécessaires ont été prises pour adapter la structure de coûts aux nouveaux niveaux de production. Les résultats se matérialisent au gré de l’exécution de ce plan. A fin septembre, le nombre d’avions commerciaux ne pouvant être livrés en raison du Covid-19 a été ramené à environ 135.

L’EBIT ajusté d’Airbus Helicopters progresse à 238 millions d’euros (9m 2019 : 205 millions d’euros) traduisant un mix de livraisons favorable, la croissance des activités de services, une contribution positive de l’exécution des programmes, ainsi qu’une baisse des dépenses de recherche et développement (R&D). L’EBIT ajusté d’Airbus Defence and Space a diminué à 266 millions d’euros (9m 2019 : 355 millions d’euros), reflétant principalement l’impact du Covid-19, essentiellement au sein de Space Systems et en particulier dans le secteur des lanceurs, en partie compensé par les mesures de réduction des coûts. Le plan de restructuration de la division, révisé au premier semestre 2020, est en cours et les discussions avec les partenaires sociaux se poursuivent.

L’EBIT (reporté) consolidé du groupe s’établit à -2 185 millions d’euros (9m 2019 : 3 431 millions d’euros) et inclut des ajustements totalisant -2 060 millions d’euros. Ces ajustements comprennent notamment un impact négatif de -1200 millions d’euros lié au plan de restructuration de l’entreprise, comptabilisé au troisième trimestre, dont -981 millions d’euros pour Airbus et -219 millions pour Airbus Defence and Space. Ce montant prend en compte les mesures de soutien gouvernementales. Il reflète l’état actuel des négociations avec les partenaires sociaux et pourra par conséquent faire l’objet d’une réévaluation, précise le groupe.

Globalement, la perte nette consolidée d’Airbus s’établit à -2 686 millions d’euros (contre un bénéfice net de 2186 millions d’euros pour les neuf premiers mois de 2019).