Un consortium rassemblant le gouvernement britannique (par l’intermédiaire du secrétaire d’État britannique aux affaires, à l’énergie et à la stratégie industrielle) et l’opérateur télécoms indien Bharti Global se sont engagés à fournir plus de 1 milliard de dollars pour acquérir OneWeb et financer le redémarrage des activités commerciales de la constellation de satellites qui avait fait faillite en mars 2020, impactée par la crise du coronavirus.

OneWeb cherchera à reprendre ses opérations dès que possible et à poursuivre ses progrès vers la fourniture d’une connectivité mondiale à haut débit et à faible latence via sa constellation de satellites, assure l’entreprise. L’accord reste soumis à l’approbation des créanciers de OneWeb, du tribunal de faillite et des autorités de réglementation applicables, et devrait être achevé d’ici le quatrième trimestre 2020.

Avant d’être placée sous chapitre 11, la loi américaine de protection contre les faillites, la société avait lancé 74 satellites. Son ambition est d’apporter la connectivité à tout le monde partout dans le monde. Au départ, Oneweb devait faire appel à une constellation initiale de 650 microsatellites d’environ 150 kg (fabriqués aux Etats-Unis par une société commune avec Airbus Defence and Space). Mais le 27 mai, alors que la société était sous chapitre 11, Oneweb annonçait avoir demandé à la FCC (l’autorité de régulations des télécoms aux Etats-Unis) une autorisation pour accroître sa constellation jusqu’à 48 000 satellites ! Cette plus grande constellation OneWeb devrait permettre à Oneweb une plus grande flexibilité pour répondre à la demande croissante de connectivité mondiale…

On ne sait comment les nouveaux acquéreurs vont redéfinir le projet de l’entreprise. Pour la Grande-Bretagne, sorti de Galileo pour cause du Brexit, ce serait le moyen d’avoir la maîtrise de son propre système de géolocalisation. Le communiqué de Oneweb est plus laconique : « OneWeb contribuera à l’ambition du gouvernement britannique de rejoindre le premier rang des nations spatiales, ainsi qu’à son engagement à faire du Royaume-Uni le leader mondial de la science, de la recherche et du développement ». Quant à l’opérateur indien Bharti, par le biais de Bharti Airtel, troisième plus grand opérateur de téléphonie mobile au monde avec plus de 425 millions de clients, il apporte sa présence en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, où le terrain nécessite l’utilisation d’une connectivité par satellite, fournissant un client potentiel à court terme pour le déploiement mondial à grande échelle des services de OneWeb. Bharti Airtel possède ses propres réseaux mobiles à large bande et ses activités d’entreprise, qui serviront de terrain d’essai pour tous les produits, services et applications OneWeb, souligne le communiqué du groupe.

« Avec une technologie différenciée et flexible, des actifs de spectre uniques et une opportunité de marché convaincante devant nous, nous sommes impatients de conclure le processus et de reprendre le lancement de nos satellites dès que possible », avance Adrian Steckel, CEO de OneWeb.

La transaction reste soumise à l’approbation du tribunal des faillites américain, ainsi qu’aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture habituelles. La transaction devrait être conclue d’ici le quatrième trimestre 2020. Dans l’intervalle, le consortium acquéreur travaillera avec l’équipe de direction de OneWeb pour développer la stratégie et le plan d’affaires de l’entreprise et pour reprendre le calendrier de lancement de la société.