Le Toulousain Kinéis vise la rentabilité un an après son lancement commercial
L’opérateur satellitaire pour l’IoT accélère son développement international et vise la rentabilité dès 2026, avec 18 M€ de chiffre d’affaires attendus. Portée par la croissance de l’IoT et de l’AIS satellitaires, la société toulousaine vise 50 000 objets connectés d’ici la fin de l’année et nomme Thomas Hiriart directeur général.
Un peu plus d’un an après l’ouverture commerciale de ses services, Kinéis, opérateur satellitaire européen de connectivité IoT et AIS (Automatic Identification System) en orbite basse (LEO), vise la rentabilité dès 2026, avec un chiffre d’affaires attendu de 18 millions d’euros. Depuis l’été 2025, le nombre d’objets connectés à sa constellation progresse fortement, avec un objectif de près de 50 000 unités d’ici la fin de l’année, soit une croissance de plus de 150% en douze mois. Selon le Toulousain, cette dynamique s’appuie sur des cas d’usage en expansion dans l’infrastructure, l’environnement, le transport, la sécurité civile et la défense, ainsi que sur une empreinte internationale grandissante.
Sur ce dernier point, Kinéis a noué trois nouveaux partenariats à l’international : avec OSB, acteur technologique vietnamien spécialisé dans les communications satellitaires, avec Network Innovation, intégrateur technologique international actif notamment en Asie-Pacifique, et avec Netmore Group, opérateur de réseau basé à Stockholm spécialisé dans le déploiement de solutions IoT à grande échelle. De nouveaux contrats sont par ailleurs en discussion et devraient être signés d’ici la fin de l’année.

Parmi les nombreuses applications visées par la connectivité satellitaire de Kineis figurent notamment des balises de détection des feux couvants avant l’apparition de flammes – © Kineis
Le plan France 2030 sert d’accélérateur pour plusieurs cas d’usage concrets déjà en expérimentation, dont le suivi de troupes, le suivi logistique de conteneurs, la surveillance de lignes à haute tension, ainsi que deux dispositifs de prévention des feux de forêt. Kinéis équipe notamment le système Silvanet, développé avec Dryad Networks, de sa connectivité satellitaire pour détecter les feux couvants avant l’apparition de flammes. Déployé depuis 2025 avec l’Entente-Valabre, ce dispositif compte déjà près de 700 capteurs actifs en expérimentation dans le Finistère, le Gard, en Corse et dans les Bouches-du-Rhône, sur un total de 10 000 balises livrées et destinées à être déployées à partir de septembre. Un second dispositif permet le suivi à distance des citernes d’eau et de retardant dans les massifs forestiers, afin de connaître leur niveau de remplissage avant une intervention. D’autres cas d’usage sont en cours de déploiement pour des clients privés, comme la surveillance des nappes phréatiques et le monitoring de puits de forage.
L’activité AIS (système d’identification automatique des navires) connaît elle aussi une dynamique soutenue, portée par la demande croissante de transparence sur les flux maritimes dans un contexte géopolitique tendu. Le marché mondial des systèmes de suivi de navires, évalué à 2,27 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 4,5 Md$ d’ici 2035, avec une progression annuelle de 7,11%, selon des chiffres relayés par Kineis. Sur ce segment, l’entreprise a signé au premier semestre 2026 des partenariats avec Lloyd’s List Intelligence, LuxSpace et LSEG, et voit son chiffre d’affaires progresser significativement.
Nomination d’un directeur général
Dans ce contexte de croissance, l’entreprise annonce également la nomination de Thomas Hiriart (photo ci-dessous) au poste de directeur général. Diplômé de l’ISAE-Supaero et du Georgia Institute of Technology, titulaire d’un MBA de l’INSEAD, il a construit son parcours entre agences spatiales, acteurs industriels du secteur et conseil en stratégie au sein du BCG, avant de diriger le développement de la deeptech ION-X depuis ses premières phases jusqu’à ses premiers succès technologiques, industriels et commerciaux. Sa mission chez Kinéis consistera à accélérer le déploiement commercial à l’international, structurer les offres et services de la société, renforcer les partenariats avec les grands donneurs d’ordre européens, et préparer la prochaine constellation IoT/AIS prévue à l’horizon 2030.
Fondée en 2018, Kinéis exploite la première constellation européenne de satellites dédiée à l’IoT et à l’AIS. Ses 25 satellites ont été mis en orbite par Rocket Lab en 2024-2025, en seulement neuf mois et cinq lancements, grâce à l’engagement de partenaires comme le CNES, Thales, Hemeria et Bpifrance.

Thomas Hiriart, nouveau directeur général de Kineis – © Kineis


