Quantum Motion lève 160 M$ pour industrialiser l’ordinateur quantique
Une architecture exploitant un procédé Cmos standard qui divise potentiellement par 100 le coût et l’encombrement et par 1000 la consommation d’énergie : le Britannique Quantum Motion séduit les investisseurs en voulant faire du quantique une technologie de datacenter (presque) comme les autres.
Les levées de fonds record s’enchaînent pour les jeunes entreprises européennes spécialisées dans l’informatique quantique. Après les 100 millions d’euros levés par le Français Alice & Bob l’an dernier et les 178 millions de dollars levés par le Néerlandais QuantWare début mai, c’est au tour de Quantum Motion, société britannique créée en 2017, d’annoncer une levée de fonds de série C de 160 millions de dollars afin d’accélérer la commercialisation de son architecture d’informatique quantique basée sur des transistors en silicium standard. Ce tour de table, co-dirigé par DCVC et Kembara, avec la participation notamment de la British Business Bank et de Firgun, fait de l’entreprise l’acteur britannique du quantique le mieux financé à ce jour.
La société développe des ordinateurs quantiques reposant sur des qubits fabriqués à partir de procédés Cmos standard, une approche qui vise à rendre les systèmes quantiques beaucoup plus simples à produire à grande échelle et compatibles avec les infrastructures existantes des centres de données.
Quantum Motion affirme que son architecture permet de réduire d’un facteur 100 le coût et l’encombrement des ordinateurs quantiques, tout en divisant leur consommation énergétique par 1000 par rapport aux solutions concurrentes. Contrairement à certaines approches nécessitant des infrastructures industrielles lourdes et plusieurs mégawatts de puissance, ses systèmes sont conçus pour être installés directement dans des baies de centres de données standard.
L’entreprise estime que cette approche répond à un enjeu croissant alors que les centres de données dédiés à l’IA et au calcul haute performance exercent déjà une forte pression sur les réseaux électriques.

© Quantum Motion
Depuis sa précédente levée de fonds en 2023, Quantum Motion a renforcé sa présence internationale avec de nouveaux laboratoires et bureaux en Espagne et en Australie. La société a également consolidé son partenariat industriel avec GlobalFoundries afin d’intégrer sa feuille de route technologique dans les chaînes de fabrication commerciales des semi-conducteurs.
En 2025, l’entreprise indique avoir réalisé le premier déploiement commercial d’un ordinateur quantique exploitant sa technologie compatible Cmos au sein du National Quantum Computing Centre (NQCC) britannique. Quantum Motion a également atteint la phase B du programme d’évaluation comparative quantique de la Darpa, l’agence américaine du département de la Défense chargée de la R&D sur les nouvelles technologies à usage militaire.
« Cette annonce témoigne de la force de notre équipe et des progrès accomplis. L’informatique quantique ne pourra atteindre son plein potentiel que si elle repose sur une plateforme évolutive, et nous sommes convaincus que le silicium est la voie la plus prometteuse pour y parvenir », argumente James Palles-Dimmock, Pdg de Quantum Motion.
Les cofondateurs de l’entreprise, John Morton, directeur technique, et Simon Benjamin, directeur scientifique, soulignent, quant à eux, que la technologie du silicium ouvre désormais la voie à des ordinateurs quantiques capables d’être produits à grande échelle « comme les puces électroniques actuelles », alors que Prineha Narang, associée opérationnelle du fonds DCVC, estime que cette approche pourrait permettre de transformer l’informatique quantique « du stade de la démonstration en une réussite commerciale ».
Le tour de table réunit également les investisseurs historiques Oxford Science Enterprises, Inkef, Bosch Ventures, Porsche Automobil Holding SE et Parkwalk Advisors.


