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Soutien à la production européenne de semiconducteurs : fin de l’entente cordiale ?

Soutien à la production européenne de semiconducteurs : fin de l’entente cordiale ?

Le Commissaire européen Thierry Breton a réitéré hier en présence d’ASML et de l’Imec sa détermination à engager l’Europe dans un vaste plan de soutien à la création d’une fab à l’état de l’art sur le Vieux Continent. Une ambition qu’Infineon et ST ne trouvent pas en phase avec les enjeux de l’industrie européenne.

Dr. Helmut Gassel

Dans une interview rapportée par Bloomberg, Helmut Gassel, directeur marketing d’Infineon Technologies, est venu doucher les espoirs d’une union sacrée derrière le Commissaire européen Thierry Breton en vue d’un vaste plan de soutien à la création d’une fab à l’état de l’art sur le Vieux Continent. « Nous pensons que l’Europe devrait se concentrer sur une technologie moderne, mais pas sur une technologie de pointe. La grande majorité, sinon la totalité des composants d’une voiture d’aujourd’hui et dans les cinq années à venir, ne bénéficiera d’aucun avantage d’une technologie inférieure à 20 nm », a-t-il déclaré. Pour le dirigeant allemand, Infineon est prêt à une alliance européenne si les objectifs étaient davantage ciblés sur l’écosystème européen, notamment la production automobile, industrielle et Internet des objets. Infineon ne dit pas autre chose que STMicroelectronics, dont le directeur général Jean-Marc Chery avait récemment déclaré en substance que si ce plan était focalisé sur les technologies les plus avancées, ST n’avait pas de raison d’y participer, car elles étaient marginales pour les activités du groupe.

En visite dans les locaux d’ASML aux Pays-Bas, Thierry Breton a en revanche eu le soutien du p-dg du premier fabricant de mondial d’équipements de lithographie, ainsi que du président de l’Imec, le laboratoire de recherche en nanoélectronique très en pointe dans les technologies les plus avancées. On comprend leur intérêt à pousser à la construction d’une fab 2 nm en Europe. Mais qui pour l’exploiter ? Si Infineon, ST et sans doute NXP ne sont pas de la partie, déverser des milliards d’argent public pour installer un non-Européen à la tête d’une fab à l’état de l’art sur le Vieux Continent a-t-il un sens ? Au risque de fragiliser nos champions européens.

Fa ce à ces critiques, Thierry Breton a rétorqué que son travail était précisément de préparer le coup d’après : « Pour l’instant, les fournisseurs de puces européens se sont concentrés sur les composants automobiles, car c’est là que se situe le marché. Cependant, l’Europe aura besoin de processeurs à très haut débit pour alimenter les réseaux sans fil 5G et ce que l’on appelle l’Edge computing, où les appareils traitent les données eux-mêmes au lieu de les transmettre à un centre de données », soulignant que d’autres tels TSMC, Samsung investissaient déjà dans des technologies 5nm et moins. « Si d’autres voient le marché, je ne vois pas pourquoi, en Europe, nous ne le voyons pas », aurait-il-déclaré chez ASML.

Le Commissaire européen réaffirme ainsi sa volonté de doubler à 20% la part de l’Europe dans la production mondiale de semiconducteurs d’ici à 2030. Or Jean-Marc Chery, dans un entretien à BFMTV avait déclaré début mai qu’en enlevant les 200 milliards de dollars que pèsent les mémoires et les microprocesseurs dans le marché mondial, l’Europe représentait déjà environ 20% de la production des 230 milliards de dollars restants.

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