Piles à combustible : lâché par Stellantis, Symbio se restructure
Alors que Stellantis devait assurer l’essentiel de son activité, la co-entreprise de Forvia, Michelin et Stellantis va se recentrer sur les piles à combustible dédiées aux autobus, aux poids lourds et aux data centers. Mais cela n’empêchera pas une réduction drastique des effectifs. Symbio envisage de ne maintenir que 175 emplois sur plus de 500.
Cet été, le constructeur automobile Stellantis annonçait renoncer à son programme de développement de la technologie de pile à combustible et à la production d’utilitaires légers à hydrogène. Un coup dur pour Symbio, la co-entreprise qui avait été créée en 2019 par Forvia (ex-Faurecia) et Michelin, et que Stellantis avait rejointe en mai 2023. Car le constructeur automobile devait assurer l’essentiel de l’activité de l’usine flambant neuve (SymphonHy) que la co-entreprise avait inaugurée en grande pompe en décembre 2023 à Saint-Fons, dans le Rhône.
À la suite du retrait de Stellantis comme client de l’ensemble de ses activités liées à l’hydrogène, Symbio a planché sur des solutions pour assurer sa survie, solutions qui ont été dévoilées hier dans un communiqué. Sans surprise, Symbio a décidé d’engager une restructuration majeure pour adapter sa stratégie et son organisation à son nouveau périmètre d’activité et ainsi assurer la pérennité de ses opérations industrielles et technologiques. Un accord a été conclu en ce sens fin novembre entre les trois actionnaires, Forvia, Michelin et Stellantis.

L’usine SymphonHy de Symbio à Saint-Fons, dans le Rhône – © Symbio
Depuis l’annonce de Stellantis le 16 juillet 2025, Symbio a structuré une nouvelle feuille de route pour assurer la continuité d’exploitation et la pérennité de l’entreprise, avec le soutien des pouvoirs publics. Le conseil d’administration, constitué de représentants de ses trois actionnaires, a validé un nouveau plan d’affaires avec un accord de refinancement.
En dehors des traditionnelles déclarations d’intention autour d’un retour à la solidité financière et d’un renforcement de la compétitivité de l’entreprise, le plan s’articule autour de deux mesures concrètes.
La première consiste à sécuriser le déploiement de son plan produit, avec une pile à hydrogène de 75 kW de dernière génération, dédiée aux applications telles que les autobus, les autocars, et les usages stationnaires. Déjà en exploitation sur les routes et en test pour être utilisée en stationnaire pour des data centers, cette technologie fera l’objet d’une montée en cadence progressive. L’objectif est d’atteindre une capacité de production de 10 000 systèmes par an à l’horizon 2028-2030 sur le site SymphonHy de Saint-Fons.
La seconde mesure se focalisera sur la poursuite des activités de R&D afin de préparer l’avenir, avec une nouvelle génération de pile à hydrogène de 150 kW. Cette évolution technologique devrait permettre à Symbio de se positionner efficacement sur les segments à usages très intensifs, notamment les poids lourds, afin de répondre aux besoins de décarbonation du transport longue distance sur lequel une forte montée des volumes est attendue à partir de 2030.

© Symbio
Mais ce plan se traduira également par une réduction drastique des effectifs de Symbio puisque l’entreprise ne maintiendra que 175 emplois sur les plus de 500 que compte l’entreprise actuellement. Symbio s’engage à mettre en place des mesures de soutien à l’emploi pour les salariés impactés.
« La poursuite de nos activités passe par une transformation profonde et difficile, prévient Jean-Baptiste Lucas, Pdg de Symbio. Je tiens à saluer l’engagement sans faille de toutes nos équipes qui ont accompagné l’aventure Symbio depuis son lancement. Je veillerai personnellement à ce que le processus de transition et l’accompagnement humain qui en découle soient exemplaires. Nous avons redéfini nos priorités stratégiques et adapté notre offre pour répondre à la nouvelle donne des marchés de la mobilité et du stationnaire. Notre volonté est de permettre à Symbio de devenir un acteur incontournable de la technologie hydrogène-électrique pour construire en France l’avenir d’une filière hydrogène européenne souveraine. »
Pour ce faire, Symbio compte s’appuyer sur ses atouts, en premier lieu sa gigafactory SymphonHy, le plus grand site intégré dédié à la production de piles à combustible en Europe et le seul à être conforme à l’IATF 16949 (norme concernant la démarche qualité dans l’industrie automobile), mais également ses brevets, son expertise et son réseau de partenaires.

