Wingtech fait geler l’équivalent de 270 M€ d’actifs de Nexperia
Le tribunal de Dongguan vient d’ordonner la saisie conservatoire de plusieurs filiales chinoises de Nexperia, dans le cadre du litige qui l’oppose à sa maison mère chinoise Wingtech. Le Néerlandais minimise l’impact de cette décision, précisant qu’elle n’affecte ni les opérations courantes, ni la gestion, ni la continuité de ses activités.
Petit rappel des faits : Wingtech Technology, la maison mère chinoise du Néerlandais Nexperia, a engagé une procédure en responsabilité délictuelle contre Ruben Everard Gerard Lichtenberg, Achim Albert Kempe, Stefan Tilger, Nexperia et Itec (filiale du Néerlandais dédiée aux équipements de production), enregistrée le 22 mai 2026 par le Tribunal populaire intermédiaire de Dongguan.
Au cœur de cette procédure, les accusations de Wingtech qui affirme que Nexperia et ses administrateurs néerlandais ont mis en œuvre des mesures restrictives discriminatoires à son encontre, le groupe chinois ayant été privé de ses droits de vote alors qu’il est toujours propriétaire de Nexperia. Afin de compenser « des pertes économiques massives et irréparables » selon les termes de Wingtech, le groupe chinois avait alors réclamé 8 milliards de renminbi de dommages et intérêts, soit l’équivalent d’un peu plus d’un milliard d’euros.

© Nexperia
Si le litige n’est toujours pas réglé, Wingtech vient de communiquer sur le fait que le Tribunal populaire intermédiaire de Dongguan a ordonné, le 28 août dernier, la mise sous scellés, la saisie et le gel d’actifs détenus par Nexperia et Itec d’une valeur de 2,1 milliards de renminbi (environ 270 M€), avec exécution immédiate. Une notification distincte a précisé les modalités de ces mesures, portant sur les participations détenues par Nexperia dans plusieurs filiales chinoises, à savoir la totalité du capital de Nexperia Semiconductor (Chine), 99% de Nexperia Semiconductor Technology (Shanghai), et 100% de Nexperia Semiconductor (Wuxi), de Nexperia Semiconductor (Shanghai) et d’Itec Technology (Wuxi). Ces gels courent sur trois ans, jusqu’à fin août 2029.
Wingtech précise que l’affaire n’a pas encore fait l’objet d’un procès formel et que « l’incertitude quant à son issue ne permet pas, à ce stade, d’évaluer précisément l’impact sur sa situation financière ou ses résultats ». La société indique également qu’elle continuera d’épuiser « toutes les voies juridiques disponibles pour rétablir le contrôle total sur Nexperia et préserver les intérêts de ses investisseurs ».
Comme à son habitude, Nexperia a immédiatement réagi au communiqué de Wingtech et aux mesures conservatoires ordonnées par le tribunal de Dongguan, en minimisant l’impact de cette décision. « Ces mesures concernent certaines participations dans des filiales chinoises et n’affectent ni les opérations courantes, ni la gestion, ni la continuité des activités de Nexperia et de ses filiales. Les mesures conservatoires ordonnées par le tribunal et annoncées concernent exclusivement des entités en Chine qui opèrent en dehors des structures de gouvernance de Nexperia depuis octobre 2025, sur lesquelles Nexperia n’exerce aucun contrôle et qui ne participent en rien à ses opérations actuelles. L’affaire n’a pas encore été jugée sur le fond et Nexperia examine actuellement la décision de justice et les recours juridiques qui s’offrent à elle. Les ordonnances conservatoires de ce type constituent une étape procédurale courante en matière civile chinoise ; elles sont souvent accordées facilement et sans que le fond des demandes soit examiné », a indiqué le groupe néerlandais dans un communiqué.
Suffisant pour rassurer les clients du Néerlandais ?


