Cinq fois plus performant et dix fois plus petit que ses prédécesseurs, le nano-satellite ANGELS ouvre son service aux utilisateurs actuels et offre aux acteurs de l’IoT un accès privilégié à cette nouvelle connectivité. Embarquant à son bord un instrument ARGOS toute nouvelle génération, ANGELS atteste de l’efficacité de la filière nano-satellite française portée par le CNES et les industriels Thales Alenia Space, Hemeria et Syrlinks.

ANGELS (ARGOS Neo on a Generic Economical and Light Satellite) donne un avant-goût des possibilités de Kinéis, la première constellation de nano-satellites européens dédiés à l’IoT.

La sensibilité d’ANGELS est telle que les balises au sol peuvent l’atteindre avec une puissance d’émission de 100 mW seulement, soit environ 5 fois moins que les balises ARGOS actuelles, expliquent les partenaires. Il donne également accès à une nouvelle bande de fréquences, démultipliant ainsi la capacité des 7 satellites du système actuel. Aujourd’hui 20 000 balises ARGOS sont traitées, en 2030, elles seront plusieurs millions. Ces innovations vont permettre aux utilisateurs d’allonger la durée de vie des batteries de leurs balises et d’en réduire la taille et le poids. Pour les biologistes, qui utilisent le système ARGOS avec CLS depuis plus de 40 ans, cela signifie des études plus longues et la possibilité d’étudier de nouvelles espèces avec des balises miniaturisées adaptées à leur gabarit.

L’arrivée d’ANGELS au sein de la flotte des satellites ARGOS, une référence mondiale dans la collecte de données de balises dédiées à l’étude et à la protection de l’environnement, ouvre de nouvelles capacités de collectes de données. L’instrument ARGOS Neo est le premier d’une nouvelle génération : il relève le défi de la miniaturisation en étant dix fois plus léger (2 kg) et trois fois plus économe en énergie que les générations précédentes.

« Toutes les innovations développées à bord des satellites en orbite ont des conséquences immédiates pour les utilisateurs. Concrètement, ce nouvel instrument permet la miniaturisation et l’allègement des balises ce qui ouvre la possibilité d’équiper un plus large panel d’objets. Si les performances d’ANGELS sont déjà exceptionnelles, celles des 25 nano-satellites de la future constellation dont il est le modèle répondent à un cahier des charges encore plus exigeant », déclare Alexandre Tisserant, président de Kinéis.

Pour Caroline Laurent, directrice des Systèmes Orbitaux au CNES, « l’ouverture des services et l’intégration d’ANGELS au sein de la flotte des satellites ARGOS représentent une nouvelle étape clé dans l’histoire à succès du système ARGOS. Cela a été rendu possible grâce au partenariat exemplaire entre le CNES, Thales Alenia Space, Syrlinks, et Hemeria. ANGELS est le symbole du New Space français, la concrétisation de méthodes de travail innovantes. Conçu, développé, fabriqué et qualifié en un temps record, ANGELS marque le point de départ de la commercialisation d’une gamme de nano-satellites de moins de 50 kg. A son bord, l’instrument ARGOS-Neo est lui-même précurseur d’une nouvelle génération d’instruments à bas coût et fortement miniaturisés ».

« Nous sommes fiers d’avoir fourni l’instrument ARGOS Neo et du succès de sa mise en service sur le satellite ANGELS. Il représente une étape importante franchie dans l’approche New Space et d’innovation de Thales Alenia Space. Le système ARGOS est une référence mondiale dans le domaine de la localisation et de la collecte de données par satellite. La miniaturisation des instruments permet d’accéder à des solutions d’emport telles que les constellations de nano-satellites et ouvre de nouvelles perspectives dans la navigation par satellite et l’Internet des Objets. Nous nous associons au succès de la mission ANGELS qui initie le développement d’une filière française de nano-satellites afin d’adresser le marché en plein essor du New Space », souligne Benoit Broudy, directeur des activités navigation de Thales Alenia Space en France.

Nicolas Multan, directeur général de Hemeria, ajoute : « Je suis émerveillé et fier du chemin parcouru depuis 2016, période de questionnement sur « comment faire des cubesat-nanosat des produits industriels aux performances engageantes ? Nous pouvons dire qu’ANGELS est une belle justification du savoir-faire français dans la thématique New Space, du CNES jusqu’à la filière d’industriels dont nous sommes fédérateurs. Ce démonstrateur désormais opérationnel est de bon augure pour la constellation de 25 satellites qui verra le jour prochainement et qui fera de Kinéis un acteur singulier dans le monde de l’IoT de demain ».

« Rappelons que selon le dernier rapport planète vivante du WWF, les populations de vertébrés – poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles – ont chuté de 68% entre 1970 et 2016. ANGELS et bientôt Kinéis embarquent des technologies stratégiques pour la connaissance et la protection de la biodiversité. ANGELS annonce donc un futur brillant pour la conservation du vivant mais aussi pour la gestion durable des ressources marines avec le suivi des bateaux de pêche traditionnelle, ou encore l’étude de notre planète bleue avec l’établissement d’un jumeau numérique de l’océan. Désormais tous les porteurs de projet de solutions connectées pour l’environnement peuvent être soutenus dans le développement d’applications. Les équipes de Kinéis et de CLS accompagneront techniquement et commercialement tous les acteurs pro-planète dans la création de nouvelles applications spatiales ! », témoigne Christophe Vassal, président de CLS, fournisseur des services environnementaux ARGOS.

« Syrlinks est fière d’avoir participé à la conception de la charge utile miniaturisée ARGOS Neo avec Thales Alenia Space. Nous avons pu apporter notre expertise dans le domaine des radiocommunications spatiales, du traitement numérique du signal, du logiciel ainsi que notre maîtrise du référentiel New Space. Syrlinks a également fourni pour ARGOS Neo une référence d’horloge ultra-stable, indispensable à la localisation des balises ARGOS. Le développement des charges utiles s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’entreprise et nous permet de diversifier notre offre de produits de radiocommunication spatiale avec des fonctions plus évoluées », ajoute Guy Richard, p-dg de Syrlinks.