L’IPC, une association mondiale de fabricants d’électronique, publie à son tour une enquête sur les ravages du coronavirus. Si en moyenne les fournisseurs prévoient 3 semaines de délais supplémentaires liés aux perturbations dans la chaîne de production et d’approvisionnement, les sous-traitants se montrent plus inquiets tablant en moyenne sur un allongement des délais d’au moins 5 semaines.

L’enquête de l’IPC a été réalisée auprès de ses membres entre le 11 février et le 16 février 2020. 150 entreprises y ont participé. La prise de conscience de l’impact du coronavirus a sans doute évolué depuis, et pas forcément dans le sens d’une amélioration…

Cette enquête est plus pertinente que celle de l’ECIA (voir notre article), car le panel des entreprises interrogées couvre l’ensemble des maillons de la chaîne de l’industrie électronique : les fournisseurs de composants (40%), les sous-traitants (33%), les fabricants OEM (11%), les fabricants de circuits imprimés (11%) et les fabricants de câbles assemblés et de harnais (5%). Reste que l’enquête est très américaine (49% des réponses), à comparer à seulement 10% pour l’Europe.

L’enquête affirme que les retards d’expédition depuis la Chine et d’autres pays où le virus s’est propagé ont déjà des impacts négatifs sur les fabricants.

L’écrasante majorité (84%) des fabricants et fournisseurs d’électronique s’est dite préoccupée par les impacts que Covid-19 aura sur leurs opérations commerciales. Environ 65% des répondants ont déclaré avoir été informés par leurs fournisseurs qu’il y aurait des retards dans les livraisons en raison de coronavirus. Les entreprises dans cette situation rapportent que les fournisseurs leur ont dit s’attendent à des retards de trois semaines, en moyenne.

Mais les fabricants d’électronique et, au premier chef les sous-traitants, s’attendent à ce que les retards soient plus longs que ce que leur annoncent leurs fournisseurs actuellement. En moyenne, les dirigeants s’attendent à des délais de livraison d’au moins cinq semaines.

Alors que 91% des réponses des fournisseurs font état de retards d’expédition de quatre semaines ou moins, seulement 55% des répondants s’attendent à ce que les retards soient aussi courts. Et bien qu’aucune entreprise ne signale actuellement des retards de plus de six semaines, environ 16% des personnes interrogées s’attendent à ce que les retards d’expédition liés au Covid-19 soient supérieurs à six semaines.

« Les retards auront probablement des effets d’entraînement pour le reste de l’année. Aussi longtemps que la Chine sera touchée par l’épidémie et se propagera à d’autres parties du monde, la chaîne d’approvisionnement connaîtra des tensions et des perturbations plus nombreuses et variées », commente John Mitchell, président de l’IPC. Les retards dans la réception des produits des fournisseurs peuvent entraîner des temps d’arrêt de l’usine, des coûts moyens plus élevés, des goulots d’étranglement dans le transport, une pression pour un approvisionnement alternatif, des ventes retardées et un prototypage retardé qui ralentit l’introduction de nouveaux produits, détaille l’organisation.
« Dans la plupart des cas, il n’est pas facile pour les fabricants de changer de fournisseur, si c’est ce qui s’avère nécessaire. La sécurisation de sources alternatives nécessite un investissement de temps et d’argent important qui doit être mis en balance avec la valeur acquise
 », ajoute Mitchell.

L’IPC annonce qu’elle continuera de mener des enquêtes pour suivre l’évolution de ce problème.

Télécharger l’enquête de l’IPC