Rohm repousse l’offre de rachat de Denso qui lui proposait 8,3 Md$
Selon la presse japonaise, l’équipementier automobile japonais, filiale de Toyota, aurait jeté l’éponge après que Rohm ait privilégié un accord avec Toshiba et Mitsubishi pour fusionner leurs activités en semiconducteurs et modules de puissance.
La presse japonaise s’est fait l’écho hier d’une information selon laquelle Denso, la filiale du groupe Toyota spécialisée dans les composants et sous-ensembles automobiles, envisagerait de retirer son offre de rachat de Rohm.
Rappelons que début mars, Nikkei, puis Reuters, avaient révélé que l’équipementier automobile japonais aurait proposé l’équivalent de 8,3 milliards de dollars pour acquérir son compatriote. Une opération qui, sur le papier tout du moins, aurait permis à Denso de sécuriser son approvisionnement en semiconducteurs de puissance, Rohm étant l’un des leaders mondiaux des puces de puissance – SiC et GaN compris – utilisées pour la gestion de l’énergie dans les véhicules électriques mais également dans les centres de données.

Naoki Matsuoka, responsable des activités semi-conducteurs de Denso – © Denso
Mais fin mars, les groupes japonais Toshiba, Rohm et Mitsubishi Electric annonçaient, par le biais d’un communiqué commun, la signature d’un protocole d’accord visant à lancer officiellement des discussions sur la fusion des activités semi-conducteurs de puissance de Toshiba Electronic Devices & Storage, de celles de Rohm, ainsi que des activités de modules de puissance de Mitsubishi Electric. Une manière comme une autre pour Rohm de repousser dans les formes la proposition de rachat de Denso.
Dans un communiqué publié hier, le groupe Denso a confirmé qu’il « n’a pas obtenu l’accord de Rohm » et qu’il « étudie actuellement les différentes options qui s’offrent à lui, y compris la possibilité de retirer sa proposition ».
Rohm, qui a confirmé son refus, semble donc préférer la consolidation entre acteurs japonais des semiconducteurs et modules de puissance pour mieux peser face à la concurrence européenne (Infineon, STMicroelectronics, etc.) et américaine (Onsemi, Wolfspeed, etc.), plutôt que de dépendre d’un grand groupe automobile, fût-il le plus important au monde. Car cette seconde option aurait posé le problème de la réaffectation d’une partie de la production de semiconducteurs de puissance du Japonais pour répondre aux besoins de l’équipementier automobile, au détriment des autres clients actuels de Rohm, qu’ils soient dans l’industrie automobile ou non, japonais ou non.


