Tech Power Electronics France dans l’impasse
Reprise par la holding française Axfor fin juin, l’entreprise spécialisée dans les solutions de bobinage voit son avenir de nouveau suspendu après l’appel effectué par la procureure contre cette décision. Les salariés, qui considéraient cette reprise comme la meilleure issue, sont désormais en grève pour défendre l’entreprise.
Après plusieurs mois de redressement judiciaire, Tech Power Electronics France replonge dans l’incertitude. Spécialisée dans le bobinage et les solutions électroniques (bobines, transformateurs, convertisseurs de puissance, alimentations, sous-systèmes, etc.), l’entreprise implantée à Courlaoux (Jura) et à Montville (Seine-Maritime), avait été reprise fin juin par la holding française Axfor. Mais cette décision, accueillie favorablement par les salariés malgré une réduction d’effectif, est aujourd’hui remise en cause par l’appel déposé ces derniers jours par la procureure, replongeant la société dans une situation critique.

Le site de Tech Power Electronics France à Courlaoux, dans le Jura – © Tech Power Electronics Group (TPEG)
Placée en redressement judiciaire depuis le 2 janvier 2026, Tech Power Electronics France appartenait depuis 2023 au fonds d’investissement allemand Palero, au sein d’un groupe international, Tech Power Electronics Group (TPEG), comprenant plusieurs sites en Europe (notamment en Estonie et en Roumanie), en Tunisie et en Inde. Les représentants du personnel reprochaient à l’ancien actionnaire une politique d’externalisation de la production et une organisation financière jugée pénalisante pour l’entreprise.
À l’issue du processus de reprise, six offres avaient été examinées avant que le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier ne retienne celle d’Axfor, la seule à prévoir la reprise des deux sites de Courlaoux et de Montville. Ce projet industriel devait permettre à l’entreprise de se recentrer sur ses activités dans les secteurs du ferroviaire, de la défense et du nucléaire, avec l’ambition de relancer durablement l’activité.
Cette reprise s’accompagnait toutefois d’une importante restructuration. Sur les 71 salariés que comptait l’entreprise, seuls 41 emplois devaient être préservés. Le site de Montville conservait l’ensemble de ses effectifs, tandis que celui de Courlaoux devait perdre près de la moitié de ses postes dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi privilégiant notamment les départs volontaires. Malgré ces suppressions, les représentants du personnel estimaient que cette solution offrait les meilleures perspectives de pérennité et la possibilité de réembaucher ultérieurement une partie des salariés.
La situation s’est brutalement dégradée lorsque les salariés ont appris, en début de semaine, que la procureure avait fait appel de la décision validant la reprise, selon des informations recueillies par Ici. Cet appel redonne provisoirement la main aux anciens actionnaires, faisant craindre un démantèlement de l’entreprise. Selon les représentants du personnel interrogés par nos confrères, des membres de l’ancien groupe auraient déjà tenté de récupérer du matériel et des équipements présents sur le site de Courlaoux. Les salariés se sont mobilisés pour empêcher leur accès aux installations.
Face à cette nouvelle incertitude, une trentaine de salariés ont déclenché une grève reconductible et bloquent l’accès à l’usine, toujours selon Ici. Ils redoutent que les équipements soient transférés vers d’autres sites du groupe TPEG, ce qui compromettrait définitivement les chances de relance de l’activité.
Les inquiétudes portent également sur la situation financière immédiate de l’entreprise. Les représentants des salariés estiment que la trésorerie ne permettrait pas d’assurer le paiement des salaires à venir et craignent qu’une liquidation judiciaire ne soit désormais envisagée si la reprise par Axfor ne peut être confirmée rapidement.
Dans l’attente de la décision de la cour d’appel, l’avenir de Tech Power Electronics France reste suspendu. Les salariés espèrent que la reprise par Axfor sera définitivement confirmée afin de préserver l’outil industriel et de donner une nouvelle chance à l’entreprise après plusieurs mois de difficultés.


