VoltR lève 22 M€ pour donner une seconde vie aux batteries lithium
Soutenue par Bpifrance et Decathlon Pulse lors d’un nouveau tour de table, l’entreprise angevine va passer la vitesse supérieure en doublant la surface de son usine et en multipliant par six sa capacité de production en deux ans pour industrialiser la refabrication de batteries en Europe.
VoltR, jeune entreprise angevine spécialisée dans la collecte et le reconditionnement de batteries lithium, annonce un financement de 22 millions d’euros pour accélérer son industrialisation. Cette enveloppe associe 16 M€ de fonds propres, apportés par le fonds SPI 2 (géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030) et par Decathlon Pulse, branche d’investissement et d’innovation de Decathlon, à 6 M€ de subventions obtenues via le programme Première Usine. L’entreprise avait déjà levé 4 M€ en 2024.
Ces fonds permettront de doubler la surface de l’usine de Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire) et de multiplier par six sa capacité de production en deux ans, avec à la clé le doublement des effectifs et la création d’une quarantaine d’emplois. L’ambition est de démontrer, à l’échelle industrielle, qu’une batterie en fin de première vie peut devenir une ressource pour en fabriquer de nouvelles en France.

© VoltR
Avec l’électrification des usages, la demande en batteries lithium progresse, tout comme le volume de celles arrivant en fin de vie. VoltR s’est positionné sur la refabrication, un modèle intégré de bout en bout allant de la collecte des batteries usagées au diagnostic des cellules, puis à la production de nouvelles batteries. En limitant le recours à des cellules neuves et en ajoutant une étape de valorisation avant le recyclage, cette approche contribue à la résilience d’une chaîne d’approvisionnement encore très dépendante des importations, tout en tirant parti des ressources et de l’énergie déjà mobilisées pour fabriquer les cellules.
Les fonds serviront à agrandir et monter en capacité l’outil industriel, à automatiser les procédés de production, à développer les technologies de diagnostic et de réaffectation des cellules, ainsi qu’à construire un site de stockage classé ICPE. Ce changement d’échelle devrait permettre d’absorber des volumes croissants de batteries usagées et de déployer ce savoir-faire sur de nouveaux produits et marchés.
« Depuis quatre ans, nous cherchons à démontrer une idée assez simple : une cellule lithium qui a terminé sa première vie n’a pas nécessairement terminé sa vie industrielle. Nous avons validé la preuve de concept avec plus de 20 000 batteries mises sur le marché et cette levée nous donne aujourd’hui les moyens d’en faire la démonstration à grande échelle », se félicite Maxime Bleskine, directeur général de VoltR. Selon le dirigeant, l’arrivée du Fonds SPI de Bpifrance et de Decathlon Pulse réunit « une expertise de l’industrialisation et une connaissance très concrète des usages et des marchés », avec pour cap de faire de la refabrication « un véritable maillon de la chaîne de valeur européenne de la batterie pour renforcer sa souveraineté et diminuer son impact environnemental ».
Pour les trois partenaires, la circularité doit dépasser le stade de l’expérimentation pour devenir un modèle industriel créateur d’emplois locaux. Il s’agit de faire émerger en Europe les capacités d’une chaîne de valeur circulaire complète, de la collecte au recyclage de la matière lorsque la réutilisation n’est plus possible, en passant par le stockage, le diagnostic, la refabrication et la production.


